Le spécialiste de la 3D pour le bâtiment réalise son premier tour de table et lève 2 millions d’euros. Une affaire à suivre à très près.

La promesse est simple : « Nous suivons toute la chaîne du BTP, de l’illustration de projet à l’exploitation en passant par la vente ». Christophe Robert, président de Stereograph a réalisé il y a quelques semaines une levée de fonds de 2 millions d’euros grâce à l’entrée au capital de Pléiade Venture et de Nord France Amorçage. Objectif : doper sa société fondée il y a huit ans avec deux autres associés Manuel et David Gomes Dos Santos. Depuis Euratechnologies à Lille, et récemment à San Francisco, cette dernière s’est spécialisée dans la création de solutions 3D innovantes pour la visualisation de projets architecturaux et le management d’infrastructure.

Illustration, vente, exploitation

Pour cela, il a créé trois entités complémentaires dans le processus de création du bâtiment. Avec Stereograph Studio, activité historique, il conçoit des images et vidéos 3D utiles pour l’architecture et la promotion immobilière lors des phases de concours. A son palmarès, on compte notamment de grands noms comme la lauréate du prix Pritzker Zaha Hadid, Dior ou Rabot Dutilleul.

La start-up intervient ensuite lors de la vente avec Observ3D.

Grâce ses maquettes virtuelles et ses applications disponibles sur de multiples supports, visiter un centre commercial alors que les premières fondations ne sont pas encore posées devient alors un véritable jeu d’enfant. Pour la petite histoire, la société s’est d’ailleurs tout récemment équipée d’un « Oculus Rift ». Ce masque connecté dernière génération, souvent utilisé dans le monde du jeu vidéo, permet une immersion virtuelle totale dans un lieu. Les ingénieurs se sont également penchés sur un outil de gestion d’exploitation. Baptisée « Teia Solution », la troisième entité a développé une application entièrement disponible sur le web pour gérer à distance et en temps réel toutes les infrastructures d’un bâtiment. Cette technologie en 3D agrège par exemple l’ensemble des données d’une usine pour une vision globale. En somme, « une véritable tour de contrôle en 3D », selon Christophe Robert. Le pétrolier Total a même fait appel à ce service pour la construction de l’une de ses plateformes pétrolières.

Accélérer à l’international

Si le président admet que d’autres concurrents gravitent sur son créneau de la 3D, il affirme « être mieux structuré. Nos modèles sont déjà testés et prêts ». Avec ce nouvel apport en capitaux, complété par un des associés, Stereograph compte bien passer à la vitesse supérieure. « Nous anticipons ce tournant depuis 4-5 ans et envisageons maintenant une croissance assez rapide », glisse Christophe Robert.

Cap donc sur les Etats Unis où il a dernièrement ouvert un bureau à San-Francisco. Terre de nouvelles technos et d’innovations, il mise donc sur le marché outre-Atlantique pour développer ses activités : « le marché américain répond assez favorablement et plus rapidement que l’Europe aux innovations », remarque-t-il. De quoi rapidement générer « plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires », contre le million qu’il réalise aujourd’hui. Il n’en oublie pas moins ses clients européens et souhaite garder la R&D et la production en France. « Nous avons ici de bonnes formations et nous sommes assez compétitifs en terme de prix », précise-t-il. Des pôles que Stereograph prévoit de renforcer dans les prochains mois avec des recrutements en ingénierie et middle-management.

Folo3D : quand l’impression 3D s’invite chez les archis

Réaliser une maquette de pré-projet, vous y avez renoncé en raison de son coût trop élevé. C’était sans compter sur l’innovation de l’impression en 3D. Le créneau sur lequel Loïc Logier, 24 ans et fraîchement diplômé de l’IESEG, a décidé de se lancer. Ce Lillois d’origine s’est doté il y a quelques mois de cinq machines. Féru d’informatique, il modélise d’abord des pièces pour ses besoins personnels et imagine des maquettes de bâtiments à destination des promoteurs de maisons individuelles. « Nos modèles ont une précision de 300 à 100 microns ce qui permet d’intégrer des textures », explique le jeune créateur. Il utilise un plastique ABS (Légo) ou biosourcé à l’amidon de maïs, présentant tous les deux une certaine solidité. Si pour l’heure le monochrome est de rigueur, l’impression de maquettes présente des coûts « 5 à 10 fois inférieurs aux techniques traditionnelles ».

L’entrepreneur, membre du club Impression 3D porté par la CCI, a déjà séduit quelques acteurs du secteur : « nous avons décroché des prestations pour une menuiserie industrielle dans le sud, Leroy-Merlin ou encore un architecte d’intérieur pour son prototypage de meubles ». De quoi espérer générer 400 K€ de chiffre d’affaires d’ici 3 ans et pourquoi pas se diversifier vers d’autres domaines. « L’aéronautique s’intéresse de près aux produits issus de l’impression 3D pour leur légèreté et leur solidité ». C’est dire le champ des possibles pour le bâtiment.

 

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