Le groupe Ramery construit avec Tiru (EDF), à Hénin Beaumont, une centre de traitement des déchets de nouvelle génération. La technologie allemande est,
pour la première fois, mise en oeuvre en France.

C’est un chantier impressionnant qui émerge le long de l’A1, à la hauteur du centre logistique Delta 3 à Dourges. Le Symevad, le syndicat mixte de valorisation et de traitement des déchets des agglomérations de Douai et Hénin-Carvin, y construit une nouvelle unité de « Tri Valorisation Matière Energie », dans le jargon un TVME. L’objectif est simple : valoriser et trier près de 100 000 tonnes de déchets par an sur ce bassin de vie de plus de 300 000 habitants.
C’est le groupement mené par Tiru, une filiale d’EDF spécialisée dans la conception de telles unités, qui a remporté ce marché début 2012 après un dialogue compétitif d’un an avec le maître d’ouvrage. Ce dernier a fait le choix d’une nouvelle technologie, allemande, mise en oeuvre pour la première fois en France. Le processus industriel inventé par Wehrle permet la production en bout de cycle d’un combustible solide de récupération (CSR). Tiru a choisi le constructeur Ramery bâtiment et Ramery environnement pour ce contrat en conception-construction de 51,5 millions d’euros au total, dont 19,3 millions pour le seul constructeur nordiste.
Depuis l’ordre de service, il y a un an, les équipes n’ont pas chômées. Sur place, l’essentiel semble sorti de terre. La visibilité n’est pas simple, tant l’ouvrage industriel est compact et complexe. Les déchets suivent en effet un parcours, dans cinq modules aux fonctions différentes. Les deux premiers sont simples : des boites poteau-poutre en béton avec une charpente en lamellé collé. Ils serviront au tri. Tri manuel à la pelleteuse dans le premier, mécanique dans le second. Beaucoup d’efforts structurels, on s’en doute, mais pas d’agressivité chimique pour les bétons. Les vrais difficultés commencent dans les deux autres modules. Le troisième bâtiment est le cœur du système. Son objectif, malaxer les déchets dans d’immenses tunnels d’acier. L’innovation est là : utiliser l’acier plutôt que le béton pour garantir au système une durée de vie plus longue.
Mais marier dans ces circonstances les matériaux n’est pas une mince affaire. Ces tunnels de 24 mètres de long et 6 mètres de hauteur de cuve s’insèrent au millimètre dans la boite de béton. Plancher et voiles sont forcément d’une grande densité. «Nous avons beaucoup travaillé sur l’adéquation du béton avec son environnement pour ce projet, raconte Cédric Fariez, directeur d’exploitation pour Ramery. En face de chaque béton, nous avions une agressivité différente : gaz, liquide ou solide, ce n’est pas la même chose ».
Le quatrième module est moins spectaculaire mais tout aussi technique. Consacré au séchage de la matière, il accueille 4 km de tuyau comprenant pas moins de 10 000 buses dans huit tunnels de béton de 30 mètres de long, 6 mètres de haut et de large. Les tuyaux sont incorporés aux dalles basses et les efforts sur les têtes de tunnels sont énormes, jusqu’à 280 tonnes.
Le cinquième module, plus classique est réservé au tri des matières ferreuses. Le circuit des matières organiques liquides est lui différent.
Dès le module 2, cette matière est orientée vers les énormes cuves de méthanisation reliées au réseau biogaz de GRDF. De quoi valoriser, dès l’automne prochain, les déchets de 300 000 habitants.

La fiche
Maîtrise d’ouvrage : Symevad
Groupement en conception-construction : Tiru (mandataire) avec Ramery bâtiment et Ramery environnement.
Architecte : Scénario ARA
Montant de l’opération : 51,5 millions d’euros dont 19,3 millions pour Ramery bâtiment.

Ramery en conception-construction 

Les marchés en conception-conception construction qui permettent aux maîtres d’ouvrage d’avoir des bâtiments clé-en-main avec engagements sur les délais et les coûts, ne

 

A gauche Vincent Ruhant, directeur du chantier avec Cédric Fariez, directeur d’exploitation chez Ramery Bâtiment
A gauche Vincent Ruhant, directeur du chantier avec Cédric Fariez, directeur d’exploitation chez Ramery Bâtiment


sont plus le monopole des majors nationaux. A l’exemple de Ramery qui remporte ici une belle référence. Le groupe a également remporté récemment l’EGID de Lille, un bâtiment dédié à la recherche sur le diabète pour la région Nord-Pas-de-Calais, un chantier de 15,8 millions d’euros.
Pour Cédric Fariez de Ramery, ces contrats permettent de répondre à la complexité de certains chantiers. « Ce n’est pas forcément des marchés énormes, mais les opérations sont complexes et nécessitent d’intégrer, très en amont, en conception, les phases de chantier ». C’était par exemple le cas pour le groupe scolaire Buffon de Roubaix.
Les radiers des cuves de méthanisation reliées au réseau biogaz de GRDF
Les radiers des cuves de méthanisation reliées au réseau biogaz de GRDF

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