A 35 ans, Marie Blanckaert vient de remporter un nouveau concours, la reconversion de l’ancien site de Compagnons des Saisons à Hellemmes en 120 logements, qui l’installe dans le paysage architectural régional. Portrait d’une architecte investie dans ses projets pour l’intérêt collectif. 

A Hellemmes, le projet de 120 logements pour Nexity avec Caucheteux Bello Perspective réalisée par Espèce d’Espace
A Hellemmes, le projet de 120 logements pour Nexity avec Caucheteux Bello Perspective réalisée par Espèce d’Espace

Dans le monde régional de l’architecture, jusqu’à peu, Blanckaert, c’était Ludovic de l’agence Beal et Blanckaert. Il devra maintenant partager son patronyme avec Marie, une architecte désormais bien installée à Mons-en-Barœul, qui vient de fêter ses 35 ans.
Ceux qui ont suivi les aventures de l’îlot Stephenson sur la zone de l’Union se souviennent de cette jeune architecte, toujours enceinte ou avec un nouveau né dans les bras, qui accueillait les visiteurs dans son atelier électrique où elle s’est installée pendant quatre ans. Quand Marie Blanckaert prend un sujet en main, ce n’est pas à moitié ! Un sens de l’investissement qui trouve ses racines dans l’expérience de la vie collective de l’internat de son enfance. Flamande, fille d’agriculteur, jeunesse dans l’artois… une identité forte qui la conduit pourtant à découvrir celle des autres.
Diplômée en 2006 de l’école d’architecture de Lille elle ne découvre pas la vie d’agence en sortant de l’école. « J’ai travaillé pendant toutes mes études, beaucoup chez Saison-Menu qui m’ont en quelque sorte parrainée », nous raconte-t-elle. Un premier évènement marquera le début de son parcours. L’accueil de l’assemblée européenne des étudiants en architecture. Un budget de 450 000 euros à gérer pour accueillir des centaines d’étudiants en 2004 à la Condition publique à Roubaix. L’architecte Patrick Bouchain a restructuré le lieu et découvre cette étudiante pleine de vie qui partage sa conception du métier.

Faire avec les habitants

Faire avec les habitants, dans une économie de moyens, au service de ceux qui vont vivre les lieux. Loin de la star-architecture qui attire tant les étudiants. Elle se fait donc embarquer dans la conception du pavillon de stockage du Channel à Calais dès 2005. Une première expérience avec Bouchain et son collectif « Construire » qui en appellera d’autres.
Diplômée, elle rejoint l’agence de Jérôme de Alzua pour qui elle travaille sur le concours du collège de Wazemmes à Lille. Elle intègre ensuite la SEM Ville renouvelée au moment où la ZAC de l’Union prend forme. « Un moment passionnant, d’une complexité inouïe, avec trois villes à coordonner, l’urbaniste en chef Bernard Reichen, un référentiel écoquartier à construire… ».

A Enquin-les-Mines, une réunion de participation
A Enquin-les-Mines, une réunion de participation

Aventure Stephenson

Très vite, la ZAC part en phase opérationnelle et elle conduit la naissance de la Plaine Images pendant quatre ans. C’est en 2010 que l’aventure de Stephenson démarre réellement. « Nous avons appelé Patrick Bouchain, pour concevoir l’avenir de ces maisons en bordure du site de l’Union. Et Patrick m’a appelée à le rejoindre pour m’en occuper ». La boucle est bouclée et la voilà qui s’engage en immersion totale dans cette aventure de réhabilitation de 30 maisons à Tourcoing pour LMH et les futurs locataires. Elle s’installe dans l’atelier électrique, ce « tiers lieu » qui devient l’épicentre du quartier. Elle y fait tous les métiers. Conceptrice, constructrice, mais aussi aide sociale, gardienne des lieux, jardinière… Quatre années très intenses pour celle qui veut casser les normes standardisées du logement en associant étroitement les futurs habitants à la rénovation de ces maisons 1930.
D’avril 2009 à décembre 2012, elle accueille pas moins de 30 personnes par mois en moyenne. De quoi faire rayonner la démarche…. et de convaincre la profession puisqu’elle remporte dans la foulée le palmarès des jeunes urbanistes.

Route en solo

C’est donc en 2013 qu’elle monte son affaire. Elle trouve un nid dans l’ancienne fabrique de meubles à Mons-en-Barœul qu’elle partage avec son compagnon Olivier Jost, fondateur de l’agence Ekoa qui s’est récemment illustré dans la construction du premier bâtiment « Cradle to cradle » sur la ZAC de la Lainière à Roubaix. Elle se positionne autant sur les projets d’architecture que d’études d’urbanisme. « Les deux échelles se nourrissent l’une de l’autre ». Son premier contrat d’indépendante elle le remporte avec Nacarat pour la construction de l’îlot Molière, 30 logements à Roubaix en accession très sociale. Ici, la chasse aux coûts est ouverte pour entrer dans une économie très serrée. Avec EasyProm, elle conçoit la dernière parcelle de la ZAC Arras Europe pour 12 logements. Filière sèche, industrialisation, rapidité d’exécution au programme. Et une attention particulière à la qualité des espace intérieurs, collectifs et privés. Elle décroche aussi quelques contrats originaux, comme le restaurant « Anecdocte » qui vient se lover au rez-de-chaussée de l’hôtel Hermitage de Montreuil-sur-Mer ou encore le Noya Bagel & Bar, le restaurant branché qui s’installe au pied de la Tour Vasconi à Euralille. « Un projet hautement symbolique pour l’agence qu’il s’installe dans un des 15 lieux que j’avais repéré dans mon projet de diplôme », s’amuse l’architecte. Dernier projet important en date, le concours de reconversion de l’ancien site Compagnons des saisons à Hellemmes. Gagné en septembre dernier avec l’agence Caucheteux Bello, Magéo, SLAP et Nexity, ce projet vise la construction de 120 logements (dont un béguinage), une supérette, un crèche et des locaux associatifs. Et surtout, il viendra construire un lien entre deux quartiers qui se tournent le dos depuis toujours.

Dimension urbaine

Marie Blanckaert garde toujours en tête la dimension urbaine d’un projet. Elle produit d’ailleurs des études, comme celle menée en secteur rural, en participation avec les habitants, sur les communes de Fauquembergues, Enquin les Mines et Coyecques dans le Pas-de-Calais. Elle travaille actuellement à un projet de 110 logements avec SIA à Wavrin, décroche une mission d’AMO pour un village artisanal dans la CC du Pays de Mormal, et poursuit un travail intense engagé auprès de la Communauté urbaine d’Arras, la Ville et Pas-de-Calais Habitat : le projet « Baudimont » de rénovation urbaine de 557 logements en co-création avec habitants. On échappe pas à son destin. Marie Blanckaert est condamnée à être sur le terrain.

 

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