Outinord produit des coffrages métalliques depuis 1955. Au fil des décennies, l’entreprise amandinoise a su s’adapter à l’évolution du marché en faisant de l’innovation son fer de lance. Elle figure aujourd’hui dans le top 10 des PME ayant déposé le plus de brevets en France en 2019.

Par Marie Boullenger

Lorsque Charles Bauer fonde Outinord en 1955 à Saint-Amand-les-Eaux dans le Nord, il est le premier Français à inventer le coffrage métallique. Précurseur dans ce domaine, la PME s’impose aujourd’hui comme un acteur clé du marché français. En concurrence avec Hussor et Sateco, deux autres principaux constructeurs de coffrage.

Le spécialiste des banches emploie actuellement 250 collaborateurs et affiche un chiffre d’affaires en 2019 de 40 millions d’euros. Du coffrage de voile au coffrage de cage en passant par les coffrages verticaux, le site historique nordiste de 40 000 m2 conçoit tous types de coffrages.

« Nous apportons autant d’attention aux PME qu’aux grands groupes internationaux, c’est important pour nous de conserver ce lien » indique Marc Morillon, directeur général délégué commerce. On retrouve notamment Bouygues et Vinci dans le portefeuille clients d’Outinord. L’entreprise a notamment produit 40 000 m2 de coffrages sur l’année 2019.

Après l’Amérique, l’Afrique en ligne de mire

Son fort développement dans l’Hexagone conduit l’entreprise à développer l’export dans les années 70. Elle accentue son virage international en 2005 avec la conquête des Etats-Unis. Un pari réussi puisque l’entreprise assure aujourd’hui une multitude de chantiers Outre-Atlantique. Notamment de grands hôtels en Floride. « Le marché américain représente une part conséquente de notre chiffre d’affaires, c’est un volume non négligeable qui augmente constamment » note Marc Morillon.

La société amandinoise maintient également son rôle de fournisseur de coffrage à Hawaï. Mais également au Mexique et dans plusieurs autres pays sud-américains. Outinord ne se fixe aucune limite géographique. En effet, un deuxième site de production a ouvert en Inde il y a deux ans. Celui-ci est exclusivement destiné à la production de coffrages tunnels. L’usine nordiste assure une production de coffrages davantage diversifiée. Depuis quelques années, l’entreprise nordiste multiplie également les chantiers sur le continent africain.

« Nous sommes présents principalement en Côte d’Ivoire et au Bénin. L’Afrique représente un marché porteur sur lequel nous misons beaucoup » confie le DG.

30 brevets déposés depuis 2015 par Outinord

ADN de l’entreprise, l’innovation a toujours été placée au premier plan chez Outinord. Un service de dix collaborateurs est d’ailleurs exclusivement dédié à la recherche et développement. En 2019, Outinord a déposé 7 brevets auprès de l’INPI. Un chiffre qui lui a valu une place dans le Top 10 des PME françaises ayant déposé le plus de brevets en 2019. « Nous sommes fiers, c’est une belle reconnaissance après des heures et des heures de recherche ainsi qu’une multitude d’essais. Nous avons mis tellement d’énergie sur la dernière année, le travail d’équipe est aujourd’hui récompensé » se félicite la direction.

marc morillon outinord chronique btp

En 2019, Outinord s’est distinguée en concevant un coffrage utilisable sans huile de décoffrage (EOS), une innovation tournée vers les problématiques environnementales et de santé. « Nous avons banni l’huile de décoffrage pour éviter la pollution des sols, les risques de toxicité, les émissions de solvants et les déchets à retraiter. Il faut être en avance sur le sujet écologique et continuer à protéger la planète, avance le directeur général. Le coût de l’huile est compris entre 50% et 100% du cout d’achat d’une banche, ce qui n’est pas négligeable. Mais c’est surtout très mauvais pour la santé des compagnons ». Cette innovation de rupture qui a séduit un grand nombre des clients d’Outinord a été perçue comme une petite « révolution » sur le marché.

Depuis 2015, l’entreprise a déposé plus de 30 brevets à l’INPI. Les derniers concernent notamment l’élingage (levage) depuis le sol et la stabilité des panneaux. « Nous devons repenser une multitude de choses à commencer par tout ce qui est point d’accroche. Nos innovations sont avant tout tournées vers le sans-effort. Il faut limiter la pénibilité d’autant que le secteur se féminise de plus en plus » résume Marc Morillon. Fortement impactée par la crise liée à l’épidémie du covid-19, l’entreprise assure qu’il est trop tôt pour estimer les pertes. L’activité désormais relancée, Outinord espère maintenir un chiffre d’affaires identique en 2020 et poursuivre son recrutement. Plusieurs arrivées devraient renforcer le service commercial, l’équipe de techniciens de chantier ainsi que le bureau d’études.

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