Benoît Loison et Frédérique Seels viennent de prendre les rênes de l’association basée au pied des terrils. L’occasion de faire un point sur leurs ambitions en matière d’éco-transition.

L’année 2021 sera marquante pour l’association CD2E basée à Loos-en-Gohelle. Alors que l’équipe de 40 salariés s’apprête à souffler sur les 20 bougies de l’accélérateur de l’éco-transition en région Hauts-de-France, elle accueille à sa tête un nouveau duo : Benoît Loison, élu en février 2021 président du CD2E, et Frédérique Seels à la direction depuis avril.

Quelle est votre histoire avec l’association ?
Benoît Loison : Tout a commencé avec le projet Villavenir initié par la FFB et qui visait le développement d’un concept innovant de création de maisons BBC. Il m’a amené à être en contact avec Jean-François Caron, précurseur et impliqué dans le développement durable pour faire de Loos-en-Gohelle une ville exemplaire, et à intégrer le CD2E. Avec l’association, nous avons identifié les besoins pour faire évoluer culturellement et dans les pratiques l’ensemble du secteur de la construction. Un «centre de ressources et de compétences pour la qualité environnementale et l’efficacité énergétique dans le bâtiment », lieu d’échanges autour du bâtiment durable, a émergé, sous l’impulsion de la FFB 5962, du CD2E, des SCOP BTP et de la Ville de Loos-en-Gohelle. Avant de devenir, en 2009, l’association Ekwation que j’ai présidée jusqu’à sa fusion avec le CD2E en 2020. Lorsque Jean-François Caron a souhaité passer la main, c’est tout naturellement qu’il m’a proposé de prendre la relève. Je n’ai pas hésité à accepter la mission, les votes du conseil ont fait le reste ! Je suis honoré de la confiance qui m’a été accordée et j’espère que je serai à la hauteur des attentes.

Frédérique Seels : Je la connais depuis sa création avec son duo d’origine : Jean-François Caron, président et Christian Traisnel, directeur, que j’ai côtoyé lors de ma formation de consultante. Puis, quand j’ai pris durant presque 7 années la tête de l’entreprise Création Bois Construction. Aujourd’hui, j’y reviens non pas pour prendre un poste mais pour agir dans une mission d’intérêt général. L’éco-transition est un de mes sujets de prédilection. Et j’ai envie «d’accélérer l’accélérateur» sur ses différentes thématiques.

Que peut apporter le CD2E aux acteurs du bâtiment ?
B.L. : De l’accompagnement individuel et collectif. Tels que les ateliers et journées de formation mais aussi les collectifs régionaux d’acteurs
spécialisés : Collectif régional du Solaire (CORESOL), acteurs du passif, club Vertuoze, collectif paille… Nous travaillons également à la structuration de nouvelles filières économiques, en mobilisant l’ensemble des acteurs d’une filière, jusqu’aux acheteurs comme la construction/rénovation en chanvre ou paille.

F.S. : C’est aussi un lieu d’information sur les questions du bâtiment: qualité de l’air, performance énergétique, rénovation… A l’image de «BATI
Cité» dont l’exposition ouvrira en septembre dans l’ancienne salle des machines de la base 11/19 et qui a pour ambition de devenir un centre de référence régional sur le bâtiment durable. Mais aussi un lieu de rencontres d’acteurs : bailleurs, entreprises, bureaux d’étude, collectivités,
promoteurs… pour faire de l’ecobusiness.

Benoît Loison, président de la FFB 5962, et Frédérique Seels, poursuivront les actions menées depuis 20 ans par le CD2E sur la transition écologique.

Alors que la crise sanitaire frappe encore, l’éco-transition est-elle un levier de développement ?
B.L. : L’urgence est aujourd’hui de dépasser cette période si difficile. Mais, nul doute que l’éco-transition pourra être une opportunité pour les entreprises. Elles doivent s’y préparer. Cela dépend beaucoup des donneurs d’ordre (bailleurs, collectivités, entreprises, particuliers). Au fond, la balle est dans leur camp. Il faut un réel signal des entreprises clientes, pour favoriser les changements nécessaires au sein des entreprises. Ce qui est certain, c’est que cette évolution vers plus de durabilité, la nécessité de déployer un réel plan Marshal en faveur des rénovations de qualité et l’éradication des passoires thermiques, ou encore le déploiement des biosourcés ou du recyclage des déchets bâtiments, offrent des opportunités pour la création de milliers d’emplois. Le potentiel est là, il faut maintenant passer à l’acte.

F.S. On sent d’ailleurs qu’avec la crise sanitaire, il y a eu un effet «Le monde d’après». En 2020, le CD2E a littéralement explosé son nombre de formations suivies en ligne.

Comment le CD2E va-t-il accompagner les entreprises aux nouvelles réglementations ?
B.L. : Nous accompagnerons les professionnels du bâtiment et les donneurs d’ordre au travers de nos outils habituels : animations de clubs, ateliers de sensibilisation ou d’experts, sessions de formation. Côté éco-transition des matériaux, le déploiement de filières des biosourcés en Région est un sujet d’actualité tout comme des alternatives intéressantes telles que la fabrication de matériaux à base du recyclage de sédiments qui envasent nos ports.

F.S. : Je ne suis pas pour une écologie punitive mais plutôt pour une écotransition positive et entrepreunariale. L’objectif, c’est d’y aller pas à pas et de former au changement. Alors c’est vrai que la réglementation n’est pas facile à mettre en œuvre. Les moyens sont limités. Mais nous sommes dans un mouvement. Les circonstances sont là sur l’environnement. Il faut y aller ! Nous allons accompagner les acteurs sur le sens que prennent les choses et notamment développer l’éco-marché des collectivités. Les aider à avoir un regard plus longitudinal sur leur projet, à intégrer dès le départ les questions environnementales, à travailler dans une globalité de la performance et à développer leurs compétences pour y arriver. Et ce sera synonyme de nouveaux marchés !

Quels sont vos prochains «chantiers», particulièrement dans le bâtiment durable ?
B.L. : Il nous faut nous préparer à la réglementation à venir RE 2020 et probablement à d’autres qui suivront. Accélérer le bâtiment durable et notamment la question de la rénovation énergétique. Si on pouvait diviser par 2 les émissions du bâtiment, ce serait un bel objectif ! Mais aussi poursuivre les actions avec les bailleurs et collectivités qui ont une grande influence sur le marché, la structuration de filières ou encore l’axe recrutement, attractivité et formation mis en avant dans le rapport «bâtiment durable ».

F. S. : A mon sens, tout est écrit dans ce rapport remis par Benoît Loison à Xavier Bertrand en 2020. C’est une vision stratégique qui, si on arrive à la mettre en œuvre dans les 4 ans à venir, sera une grande réussite ! Nous poursuivrons aussi le développement de la clause verte pour les marchés publics, déployée au niveau national, la structuration des filières éco-entreprises et l’accompagnement des acteurs, comme les collectivités, à l’éco-transition. Plus globalement, j’aimerais aussi densifier et démultiplier l’action du CD2E qui rayonne déjà au-delà de la région. Quant à nos chantiers imminents : ce sont aussi l’ouverture de l’exposition sur les éco-matériaux en septembre que nous pensons probablement inaugurer lors des 20 ans du CD2E.

Comment se prépare votre duo ?
B.L.: Nous avons eu de premières réunions de travail. Nous ne nous positionnons pas en acteurs de la rupture mais bien dans la continuité des actions engagées. Les chantiers sont enclenchés, il nous faut maintenant les amplifier et les déployer pour que la transition écologique, énergétique et économique devienne la norme. Avec les expertises internes et l’arrivée de Frédérique Seels qui a une bonne connaissance à la fois des enjeux du secteur et du contexte institutionnel régional, nous entrons dans la phase « d’industrialisation » de la transition du secteur.


F. S. : Ce sera la seconde fois que nous travaillons en duo avec Benoît Loison. J’ai représenté la filière bois au sein la FFB 5962. Et je suis ravie
de travailler de nouveau avec lui car c’est un homme de convictions qui a piloté la filière bâtiment au CD2E pendant de nombreuses années. Tous deux, nous sommes du bâtiment. J’y baigne d’ailleurs depuis mon enfance dans ma famille. Mais le CD2E traite aussi d’autres enjeux et sujets que le bâtiment. Nous seront vigilants à les développer tous ! Mais finalement : l’ACV, l’Energie, les déchets… se rapportent tous aussi au bâtiment !

Qu’est ce que «cette maison» CD2E ?

L’association CD2E a été créée il y a 20 ans avec l’ambition d’accompagner les éco-entreprises. Aujourd’hui, elle se pose comme accélérateur de la transition écologique en ouvrant son champ d’actions aux acteurs économiques, qu’ils soient offreurs de services ou de produits, ou bien acheteurs, publics ou privés sur les secteurs tels que : le bâtiment, les énergies renouvelables ou encore l’économie circulaire (sédiments, eau, déchets du BTP, écoconception, matériaux biosourcés…). Elle est financée en partie par des fonds publics : Europe, région Hauts-de-France, Ademe, Communauté d’agglomération de Lens-Liévin ou encore la Métropole européenne de Lille.


Sur la base 11/19, le CD2E s’étoffe d’un théâtre de l’éco-construction et des matériaux écologiques, recouvert de panneaux photovoltaïques qui permettent une autoconsommation collective des différents bâtiments du site. Le tout aménagé sous l’impulsion de la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin. @Sunelis

Le CD2E, c’est en 2020 : 208 adhérents, 21 formations et 212 participants, 1452 inscrits aux ateliers proposés

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