William Meynard
De la mécanique du corps à celle du bâtiment
William Meynard, ex-nageur de haut niveau, plonge dans le grand bain du bâtiment. A 33 ans, le médaillé d’argent aux jeux Olympiques 2016 de Rio est en reconversion professionnelle dans la construction chez UGCF à Lens. Propos recueillis par Rachel Debrincat.

Dès votre prime jeunesse, votre milieu, c’était l’eau ?
Oui. Durant 20 ans, j’ai fait partie du club du Cercle des nageurs à Marseille, ma ville natale. Cela m’a mené à pratiquer la natation de haut niveau. En équipe, nous avons décroché des médailles aux championnats d’Europe en 2010 et en 2011, aux Championnats du Monde entre 2011 et 2013. Et en 2016, la médaille d’argent au relai 4×100 crawl aux Jeux Olympiques de Rio.

Comment avez-vous sauté du grand bain de la natation à celui de la construction ?
Je vis ma vie pleines d’anecdotes et de rencontres extraordinaires comme celle avec mon actuel patron, Julien Vanden Bossche. C’était en 2016, avant les Jeux, je sortais d’un entraînement. J’ai accepté d’être le coach de son fils, nageur lui aussi. Durant trois ans, nous avons construit un projet pour qu’il s’épanouisse et lui donner un état d’esprit de travail, de compétition,… Les objectifs atteints, Julien Vanden Bossche m’a proposé de travailler dans son entreprise de construction UGCF à Lens. Une société qui, en lien avec le groupe Bertrand, rénove des établissements tels que Hippopotamus, Burger King, Volfoni, Leon de Bruxelles… J’avais atteint mon objectif d’obtenir une médaille olympique. L’idée de repartir de zéro, de reconstruire un projet, m’a plue.

« Avec le confinement, on s’est tourné vers le «faire nous-même» dans la maison. Un bon point pour les générations futures »

Vous connaissiez déjà le milieu? Y a-t-il des passerelles avec la natation ? Était-ce difficile ?
Ce n’était pas mon domaine. Je suivais de loin mon père qui était plombier. Je l’aidais un peu dans ses travaux. C’est pour cela que j’ai repris des études. Depuis 2019, je suis une formation au lycée d’Hénin-Beaumont en Etudes et Economie de la construction (EEC). Bizarrement, je trouve des passerelles. Je suis spécialiste de la biomécanique du corps et je m’aperçois que le bâtiment et le corps se ressemblent dans leur construction. Après, c’est «dans l’humain» : connaître ses équipes, être présent, anticiper, et garder un rythme soutenu tout le temps avec un objectif. La seule différence c’est qu’il n’y a pas une grosse compétition à la fin. Difficile, ça l’a été pour la reprise des études mais les métiers dans la construction sont beaux et variés avec des gestes et des techniques faits dans les règles de l’art. C’est prenant, on apprend tous les jours. Le confinement a d’ailleurs été «un mal pour un bien». On s’est beaucoup tournés vers le faire «nous-même» dans notre maison. Un bon point pour les générations futures qui peut-être se tourneront d’avantage vers l’artisanat, l’entrepreneuriat…

Au centre, William Meynard, entouré de l’équipe de chantier pour la construction d’un établissement de restauration à Saint-Louis. Crédit photo : UGCF

Avez-vous réalisé des chantiers ?
J’ai participé à plusieurs réalisations durant mon alternance, un peu partout en France: en région parisienne, en Corse, à Arras avec l’établissement Volfoni sur la place des Héros. J’ai conduit mon premier chantier seul à Saint-Louis et je poursuis actuellement à Mulhouse.

Quels sont vos projets futurs ?
Je vais terminer la formation en juillet puis parfaire ma formation chez UGCF. Je suis à très bonne école, je vois tous les corps de métiers comme on est contractant général dans le privé. J’ai des ambitions comme dans la natation. Je veux être à la hauteur, technique, comprendre plus vite et au mieux. Alors, plus tard, je verrai si je me sens prêt à voler de mes propres ailes.

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