Odile et Philippe Chanard ont profité du chantier de leur nouveau siège à Saint-Laurent-Blangy pour promouvoir les métiers du bâtiment. Objectif : susciter des vocations auprès de jeunes de l’école de la deuxième chance.

Elle oeuvre dans les ressources humaines, lui dans la menuiserie intérieure. Odile et Philippe Chanard viennent de finir la construction du “projet de leur vie”. C’est dans la zone d’Actiparc à Saint-Laurent-Blangy que le couple a en effet jeté son dévolu sur un terrain il y a déjà deux ans et demi. Le lieu idéal pour construire les bureaux d’Alias, la toute nouvelle société de travail temporaire et de formation d’Odile, mais aussi, les locaux de GCM, l’entreprise de menuiserie intérieure de Philippe. “Je réalise à 80% des recrutements pour des entreprises de bâtiment. Je connais donc bien les métiers en tension dans ce secteur, qui offre pourtant de belles carrières”, décrypte Odile. Qu’à cela ne tienne ! Le chantier qui s’annonce sera parfait pour faire découvrir les métiers du bâtiment. Forts de leur projet ficelé, les entrepreneurs contactent l’École de la deuxième chance de Liévin, la mission locale en Pays d’Artois et Artois Emploi Entreprise. Ensemble, ils montent alors un programme de visite à destination de jeunes en difficulté.

“Casser les codes”

Philippe Chanard lors  de l’une de ses visites pour faire découvrir les métiers du bâtiment.
Philippe Chanard lors de l’une de ses visites pour faire découvrir les métiers du bâtiment.

Une cinquantaine de jeunes rentre alors dans les coulisses du chantier pour mieux appréhender les VRD, gros et second oeuvre et autres bureaux d’études. “Au cours des cinq visites échelonnées sur les grandes étapes des travaux, nous voulions surtout casser les codes”, explique Odile Chanard. A elle la mission de leur donner les clés pour réussir un entretien, rappeler les règles de savoir-être pour décrocher un job; à lui de rentrer un peu dans la technique en démystifiant les métiers du bâtiment. “Je me suis plus mis dans la peau d’un coach que dans celle d’un patron pour aussi faire tomber les stéréotypes”. Sa démarche porte une conviction forte pour l’emploi dans le bâtiment, comme pour les clauses d’insertion, “tant que les patrons ne se mouilleront pas, ça ne marchera pas”, tranche-t-il.

Recruter

Ce qui ne l’empêche pas d’insister sur la qualité du travail bien fait, le leitmotiv de Philippe Chanard. Auparavant installé à proximité d’Artois Expo, il signe ainsi le transfert de son activité dans des locaux plus fonctionnels de 260 m² et d’un entrepôt de 800 m². S’il a d’abord fait fructifier sa structure en répondant aux appels d’offres des bailleurs sociaux, il se concentre désormais sur le marché des promoteurs, les trois quart de son chiffre, et celui du tertiaire. Plinthes, châssis vitrés, placards, aménagement de hall, portes palières et autres panneaux muraux n’ont pas de secret pour son équipe de 38 personnes. De quoi générer 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le grand terrain de jeu des Hauts-de-France. Et les perspectives s’annoncent bonnes avec un carnet de commandes déjà bien rempli “pour les deux-trois prochaines années”, se réjouit le dirigeant qui envisage de recruter une petite dizaine de personne d’ici la fin d’année. Avec une philosophie héritée de ses huit années passées chez Bouygues nous dit-il. “Je préfère embaucher et former quelqu’un qui n’y connaît rien mais qui a de bons réflexes, plutôt que l’inverse”. Et si le doute persiste, il n’aura désormais qu’à passer la porte pour demander conseil à son épouse !

“La menuiserie”, le studio qui envoie du bois

Imaginez un studio de production de musique dernière génération accolé à une résidence d’artiste. C’est le rêve bientôt concrétisé de Philippe Chanard. Ingénieur du son à ses heures perdues, cet autodidacte profite de son opération immobilière pour construire sa deuxième carrière. Il a ainsi conçu son propre studio d’enregistrement, un pari technique réalisé avec l’aide d’un acousticien. “Nous avons deux boîtes dans la boîte, image le musicien qui a opté pour l’épicéa pour la construction. Dans l’une d’elle, la salle de mix a fait l’objet de toutes les attentions. ”Le son n’aime pas les murs parallèles donc nous avons réalisé un mur incliné à 12 degrés ”, explique Philippe Chanard qui a également misé sur des parois épaisses. Pour éviter que le bois ne vibre à certaines fréquences, il a d’abord construit un mur en bois de 10 cm, puis un autre en béton de 6 cm, lui-même recouvert de 6 cm de bois. Un petit bunker phonique dont le nom s’est vite imposé : “la menuiserie” accueillera dès décembre ses premiers artistes. Sûr, qu’ils enverront du bois !
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