Spécialisée dans la restauration de monuments historiques, dans les domaines de la maçonnerie et de la taille de pierre, Chevalier Nord est implantée à Saint-Martin-lez-Tatinghem. L’entreprise vient de faire l’acquisition d’une nouvelle machine à commande numérique. Elle s’illustre sur des chantiers prestigieux comme la Chartreuse de Neuville. 

Par Virginie Wojtkowski

La société de 49 salariés, habituée des petites églises du patrimoine rural et dont 95% de l’activité se situe dans le Nord et le Pas-de-Calais, voit les choses en bien plus grand ces dernières années. “Habituellement, nous travaillions sur un gros chantier par an – où deux équipes étaient dédiées, soit 8 personnes, alors qu’un petit chantier compte généralement trois personnes – mais la conjoncture actuelle nous a amené à prendre en charge plusieurs projets de plus grande importance en même temps. En parallèle de la Chartreuse de Neuville, nous travaillons aussi sur la Cathédrale de Boulogne-sur-Mer et la Gare de Tourcoing. Et début 2021 doit démarrer le chantier du Palais Rameau à Lille”, explique Thomas George, directeur général de la société Chevalier Nord.

60% de l’effectif travaille à la maçonnerie

Si les projets continuent à aller bon train dans les Hauts-de-France, l’entreprise enclenchera un plan de recrutement d’au moins 10 à 15 personnes courant 2021 ou 2022, soit près du tiers de son effectif actuel. “Toutes ces opérations demandent plus d’effectif, nous serons donc amenés à nous étoffer. L’autre avantage étant celui de la formation ; sur un gros chantier, il est plus facile de donner de l’autonomie au personnel”, ajoute Thomas George. Il a pris les rênes de la société en juin 2014, après que son père, Marc George, ait racheté la société en 2011. Chevalier Nord a enregistré un chiffre d’affaires de près de 11 millions d’euros entre mars 2019 et 2020. Alliant modernité et savoir-faire, l’entreprise dispose de son propre atelier de taille de pierre. “C’est assez rare dans la profession pour être souligné”, précise le directeur général dont 60% de l’effectif sur chantier travaille à la maçonnerie, 40% à la taille de pierre. 

En septembre 2020, Chevalier Nord a investi dans une machine à commande numérique pour 250 000 euros.

Investissement nécessaire

Cette croissance s’accompagne d’investissement technique. Le dernier en date étant l’achat d’une machine à commande numérique pour un montant de près de 250 000 euros, concédé en septembre 2020. “Cette machine va nous permettre de débiter les pierres. Elle remplace une précédente acquisition devenue obsolète”, explique Thomas George. Un investissement nécessaire pour la productivité du site mais aussi le confort de ses salariés. “Entre 50 et 60% du temps passé sur une pierre est un travail de dégrossi des blocs de pierre. Ce n’est pas de la valeur ajoutée mais de la pénibilité. Ce travail de bûche consiste à taper fort dans la pierre, la machine permet de s’approcher au plus proche de la matière finie. On supprime de ce fait la pénibilité et on conserve la partie noble de notre métier”, détaille le directeur général.

Ouvrir de nouvelles perspectives

Cette machine à commande numérique ouvre aussi de nouvelles perspectives. L’entreprise envisage de se diversifier en proposant de la matière pour l’aménagement urbain. « La production fluctue selon les périodes, il y a des creux dans l’activité de la taille de pierre. Dans ces moments-là, nous pourrions proposer notre savoir et nos compétences pour de l’aménagement urbain. L’idée étant de développer de la matière première qui pourrait servir, par exemple, à de l’accessibilité handicapée. Ainsi les bâtiments historiques pourraient être remis aux normes PMR avec la pierre”, ajoute Thomas George. En plus de la transformation de la matière première, Chevalier Nord envisage de faire la promotion et la commercialisation de ces produits. “Le responsable d’atelier pourrait assumer cette charge”, conclut Thomas George. Le dirigeant doit son poste d’aujourd’hui à un stage de collège. Il y découvre le métier et tombe éperdument amoureux des monuments historiques.

EN CHIFFRES :

49 salariés avec un plan de recrutement d’au moins 10 à 15 personnes courant 2021 ou 2022

11 millions d’euros de chiffre d’affaires entre mars 2019 et 2020

60 % de l’effectif sur chantier travaille à la maçonnerie, 40 % à la taile de pierre

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