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Ancien directeur général adjoint de Rabot Dutilleul Construction, Antoine Rocco a fait l’acquisition le 30 juin dernier du groupe Cabre (210 collaborateurs, 39,5 M€ de CA), spécialisé dans l’isolation thermique, le désamiantage et les finitions intérieures. Le nouveau dirigeant revient sur les contours de sa reprise et dévoile ses futures ambitions.

Par Marie Boullenger

Quand l’idée de reprise a t-elle germé dans votre esprit ?

Depuis très longtemps ! J’ai passé 27 ans chez Rabot Dutilleul et occupé plusieurs postes comme conducteur de travaux, directeur de travaux, pilote des bureaux techniques internes avant d’être nommé directeur général adjoint. Mon premier métier, déjà, me positionnait comme responsable d’une équipe humaine et d’un budget. C’est comme si je pilotais une entreprise et cela me plaisait beaucoup.

Puis, le Groupe a grandi. Il y a une certaine agilité que je ne retrouvais plus, c’était impossible pour moi de me projeter. J’étais au courant de la vente du groupe Cabre. Je ne cherchais pas forcément dans cette direction mais l’opportunité s’est présentée. J’étais prêt à diriger une entreprise et diriger seul.

Que s’est-il passé entre votre départ de Rabot Dutilleul et la reprise ?

Il m’a fallu six mois pour clore le chapitre Rabot Dutilleul. Je me suis ensuite laissé le temps de réfléchir à mes moteurs et mes valeurs. J’ai finalisé cette phase de réflexion par 15 jours de marche pour parcourir Saint-Jacques-de-Compostelle. Puis j’ai suivi une formation de trois semaines dans le cadre du CRA (Cédants et Repreneurs d’affaires). Ça a été très intense et j’ai bénéficié de nombreux témoignages de repreneurs et d’experts.

J’ai eu la chance de rencontrer le cédant quelques jours avant ma formation ce qui m’a permis d’accélérer sur le projet tout en étant formé. La deuxième rencontre s’est parfaitement déroulée : j’ai donc rédigé ma lettre d’intention et obtenu l’exclusivité dans le cadre du rachat.

Etiez-vous prêt à prendre les rênes d’une si grande entreprise ?

Je ne me voyais pas capable financièrement de reprendre une entreprise comme Cabre. La reprise en elle-même et le pilotage du groupe ne me faisait pas peur. En revanche, l’aspect financier oui. Je pensais qu’il m’était impossible de réaliser une telle opération. Mais grâce à ma formation, j’ai compris qu’avec des montages un peu différents avec des fonds d’investissement, cela était possible. J’ai été accompagné tout au long du processus par Nord Transmission qui a été un soutien de taille.

Avec mon CV, ils m’ont dit que j’étais l’acquéreur qu’il fallait. Nord transmission accompagne plutôt les cédants mais aussi les acquéreurs de manière ponctuelle mais beaucoup de gens l’ignorent encore. L’opération s’est concrétisée avec mes partenaires financiers, Finorpa et BPI France, présents dès le début. J’ai finalement réussi à être majoritaire.

Par ailleurs, quatre membres du comité de direction (Fabienne Bacro, Bernard Coeur, Philippe Walle et Laurent Contant) participent au tour de table au niveau du capital.

Quels sont les éléments qui constituent une reprise réussie selon vous ?

La confiance entre le cédant et l’acquéreur est primordiale. Ça aide énormément à la reprise. Les valeurs des deux acteurs doivent se rapprocher et nous avions la même gestion de management humain avec Patrick Lhoest, qui a fait preuve de beaucoup de transparence. Mais la confiance ne se fait pas de suite. Lorsque M. Lhoest m’a présenté à toute l’équipe avant de signer le protocole final, je me suis senti rassuré.

Dans certains cas, la passation de pouvoir avec le cédant est compliquée. Il peut y avoir des tensions par rapport aux décisions prises. Dans mon cas, le cédant fait preuve de beaucoup de recul. Aujourd’hui, je suis convaincu que tout va très bien se passer.

Avec le confinement, l’officialisation de reprise a t-elle été retardée ?

Nous étions censés signer le 15 avril. Fort heureusement, nous étions déjà suffisamment avancés administrativement. Pendant le confinement, nous sommes restés en contact au moins une fois par semaine avec le cédant. Nous avons finalement officialisé la reprise le 30 juin 2020. Avec la crise, l’activité s’est totalement arrêtée. Le chiffre d’affaires en a donc fait les frais. Il a logiquement diminué ce qui nous a amené à renégocier le prix de cession. Je n’aurais jamais imaginé une reprise dans ces conditions mais fort heureusement, j’ai signé après le confinement.

Aujourd’hui, j’ai la chance de diriger une société très dynamique avec un bel esprit d’équipe. Les collaborateurs ont énormément envie de rattraper le temps perdu et se sont même proposés d’écourter leurs congés. Je suis confiant pour la suite. Le groupe CABRE a un carnet de commandes à deux ans. Je n’ai même jamais vu ça ! (rires)

Quelles sont vos ambitions à la tête du groupe Cabre ?

Faire aussi bien que le cédant premièrement ! Je me donne une année pour m’imprégner complètement de l’entreprise et apprendre à connaître les hommes et les femmes qui y travaillent. Je ne vais pas faire de révolution mais plutôt y aller par petites touches. Mon objectif premier est de partager ma vision avec les collaborateurs. J’envisage de diversifier la clientèle, la typologie d’ouvrage ainsi que les modes opératoires avec une industrialisation plus poussée. Je vise également un déploiement géographique et un développement de certains marchés comme les logements individuels.

A terme, j’aimerais cibler davantage le secteur tertiaire et industriel. Enfin, l’objectif est de monter en compétences en interne en termes d’ingénierie thermique, plomberie et électricité afin de construire des offres de rénovation énergétique en toute autonomie.

Cabre conforte son statut de leader régional en isolation thermique
Fondé en 1956, le groupe Cabre s’est imposé comme le leader régional sur le marché de l’isolation thermique par l’extérieur. L’entreprise, basée à Courrières près de Lens, est également spécialisée dans les finitions intérieures et le revêtement de sol à travers sa filiale Urbain (17 personnes). Elle intervient aussi en désamiantage, et en ravalement de façade via sa deuxième filiale FMGD (45 personnes).
Le groupe Cabre réalise 80% de son chiffre d’affaires auprès de bailleurs sociaux régionaux en réhabilitation de bâtiments. Les marchés publics représentent les 20% restants.
Au total, le groupe Cabre emploie 210 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 39,5 M€ en 2019. 

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