Le poumon vert de la capitale des Flandres accueille un gros chantier pour requalifier la grande esplanade qui relie la Citadelle et le Vieux-Lille.

La comparaison est tentante : depuis des décennies, le Champ de Mars lillois était une morne plaine. Si en certaines saisons, des manèges et des chapiteaux venaient un peu l’égayer, les manoeuvres qui s’y déroulaient le plus couramment étaient le fait de milliers de voitures, arpentant un vague terrain de stationnement… Cela devait changer, la municipalité l’avait annoncé au cours du précédent mandat. Les choses prennent enfin tournure en ce début 2015, après abandon des baraquements militaires et démolition du stade de football tout proche. La Ville de Lille, associée à la Métropole européenne de Lille dans un groupement de commandes, entreprend de requalifier le site pour un montant de 23,5 M€.

Les opérations se répartiront sur les 21 hectares de l’esplanade qui s’étend au pied de la « Reine des Citadelles », monument militaire « inventé » par Vauban et perfectionné au XIXème siècle. Pour s’inscrire dans cette continuité, la maîtrise d’ouvrage a fait appel à une grande figure du paysage en France, disparue l’automne dernier, Michel Corajoud, et au bureau d’études OGI.

Un parking  de 1000 places

Leur projet compose avec le souhait municipal de conserver un vaste espace dédié aux foires et autres événements publics de grande ampleur. Cette zone centrale sera recouverte de gravier du Boulonnais et réorganisée autour de trois allées en béton balayé ; elle sera aussi percée de trappes d’accès aux réseaux d’électricité, d’eau et de télécommunications. Au nord (côté Saint-André) et au sud (près du zoo), la vocation de parking du site subsistera dans deux «poches», offrant un total de 1 000 places. Le revêtement sera en dalles à remplissage de pelouse. On casera aussi, côté nord, un emplacement pour les cars de tourisme, qui fait défaut à Lille. Près des fortifications, le glacis (talus en plan incliné) et le chemin couvert (appellation qui désigne en fait une tranchée ouverte) seront reconstitués dans leur version historique.

Une balade d’un kilomètre

Ces travaux dureront jusqu’au printemps 2016. Ils seront soigneusement phasés pour permettre la tenue, sans trop d’encombres, des fêtes foraines, à l’exception peut-être de la foire d’été 2016. Les entreprises Jean Lefebvre, VPN, Id verde, Eurovia, Satelec, Loison, Citéos, France environnement participent à l’ouvrage. A partir de la mi-2016, sera réalisé le point d’orgue du projet : une promenade d’un kilomètre le long du bras mort de la Deûle, faite de plusieurs allées ombragées, bordée d’immenses bancs publics en bois de 2,5 mètres de large et entrecoupée de petites plages. Elle sera réservée aux piétons et cyclistes.

Les deux ponts levants se trouvant sur le parcours (du Ramponneau et du Petit-Paradis) seront rénovés. L’une des dernières constructions militaires contemporaines sera réhabilitée et abritera des équipements sanitaires pour sportifs. « Nous rendons progressivement son lustre au site de la Citadelle, explique Lise Daleux, adjointe au maire de Lille chargée des espaces verts. Les usagers qui n’y font que de courtes visites pourront bientôt y passer des demi-journées entières ».

Napoléon : le retour

Dès janvier 2014, la communauté urbaine s’est lancée dans la reconstruction de la passerelle Napoléon, permettant aux piétons d’accéder au centre du Champ de Mars en enjambant la Deûle. Détruit en 1918, le pittoresque ouvrage a été refait à neuf, avec son toit, ses maçonneries en grès d’Artois et pierres bleues et ses statues d’inspiration égyptienne. L’étape clé a été la pose du tablier métallique à cinq arches, par la société Métalnord (groupe Baudin-Châteauneuf) l’été dernier. Les travaux, supervisés par l’architecte Etienne Sintive et l’ABF, ont coûté 1,7 M€.

 

 Et le reste ?

L’heure n’est plus à la réouverture d’un canal avenue du Peuple Belge, dans le Vieux-Lille tout proche. La transformation du jardin zoologique dit du « bois de Boulogne » en un grand parc européen reste à l’étude, assure Lise Daleux, élue en charge du dossier ; mais on sait que les crédits nécessaires manquent. La Ville de Lille décrit une reconquête progressive de son poumon vert, à l’image de la «plaine sportive» et de la zone humide naturelle créées à l’emplacement du stade Grimonprez-Jooris, en bordure du Champ de Mars. Le tout sous l’oeil des militaires qui utilisent toujours la Citadelle, devenue quartier général d’un corps de réaction rapide…

 

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