Un an après leur livraison, les deux “néo-pavillons Prouvé” revus et corrigés par Vilogia veulent démontrer tous les bienfaits du métal comme matériau pour construire des logements.

Par Alexandre Lenoir

D’un hangar à une maison en métal

Premier enseignement à tirer de la visite de ces pavillons Prouvé version 2018 : une maison en métal, ça peut être joli. Ça n’était pas forcément gagné au départ quand on sait que le revêtement des façades, fabriqué par Arcelor-Mittal, est d’ordinaire destiné aux hangars et aux bâtiments industriels. Tantôt lisse, tantôt nervurés, découpés en rectangle de 2,50m sur 1m (pour pouvoir être porté et monté par un seul homme), les panneaux gris perle, accolés à un bardage bois pour l’une des deux maisons, font leur petit effet.

Lancée en 2015 par Vilogia, à la suite de la rénovation en 2013 du pavillon Prouvé que le bailleur social possède à Tourcoing, la construction de ces deux maisons devait permettre de répondre à une question : le procédé était-il reproductible à grande échelle?

Un an après la livraison des ouvrages, la réponse est négative : le bailleur n’envisage pas d’industrialisation. Trop cher. Ce n’est pas tant le prix de l’acier qui est en cause que l’impossibilité de fabriquer en série les éléments de l’ossature (portique, poutres). Pour atteindre les 50 000 euros pour 64 m2 visés par Vilogia, il aurait encore fallu baisser d’un tiers le prix de revient d’une maison.

Deuxième hic, le risque en termes de dommages-ouvrage. Difficile de définir avec précision qui est responsable en cas de dommages. Ces maisons modulaires ont été en effet conçues pour être livrées en kit et montées par tout à chacun avec un outillage très léger.

On a prouvé qu’il était possible de faire des maisons très confortables avec du métal » – Anne Francqueville, responsable stratégie chez Vilogia

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Afin de faire baisser les coûts, l’épaisseur
d’acier de la structure du pavillon R+1 a
été réduite de 5 à 2 mm. Pas suffisant pour
reproduire l’opération à grande échelle.
Patrick d’Hermy, en charge du chantier et
Anne Francqueville, responsable du projet
stratégique pour Vilogia.

Préfa en atelier et chantiers ultra rapides

Vides de tout occupant, les deux pavillons sont donc destinés à rester des prototypes. Elles serviront d’ailleurs de « preuve de concept » ou POC (Proof of concept) pour l’opération Lille-Design 2020. Ensuite, elles pourraient abriter des locataires sur de courtes durées. L’expérience aura eu au moins le mérite de démontrer les avantages du métal comme matériau de construction. « L’acier, c’est léger, il y a moins de poids à retransmettre au niveau des sols » explique Patrick D’Hermy, en charge du volet technique du chantier pour Vilogia, « on gagne des coûts de fondation ».

Autre avantage économique : des chantiers moins longs et donc moins coûteux. Comme toute construction sèche, le métal se passe d’eau et de temps de séchage.

Le chantier a surtout prouvé le grand intérêt de l’acier : il se prête parfaitement à la construction en kit. « C’est encore plus facile à assembler que le bois. Il suffit d’une bonne caisse à outil ! », s’enthousiasme Christophe Plancke, qui a suivi le chantier pour Métal Création, l’entreprise qui a réalisé en atelier les éléments des pavillons. « Grâce à ce projet, on a vu tous les bienfaits du modulaire », confirme Anne Francqueville, responsable stratégie du projet chez Vilogia. Il a suffi d’une quinzaine de jours pour monter les murs et le toit des deux pavillons. Il en faut autant pour déconstruire les pavillons démontables et réutilisables à 90%. Un rêve pour amateurs de mécano.

Un chantier ni vu ni connu

Pour mettre au point les deux prototypes “version 2017” des Pavillons Prouvé, l’architecte Jean-Charles Huet a repris les principes de base de Jean Prouvé : deux portiques métalliques centraux et une poutre faîtière sur laquelle s’emboîte la toiture. Le tout posé sur des micro-pieux, eux aussi métalliques. Le toit en revanche n’est pas constituée de bacs aluminium comme sur les plans d’origine, mais avec des panneaux bois classiques.

Excepté la VRD et la dalle en béton, tout a été construit en atelier.

Arrivé en kit le clos et le couvert ont été montés en 15 jours par 3 ouvriers sans engin de levage. En toute discrétion. Pas de bruit. Pas de déchet. Les personnes âgées des résidences adjacentes ont adoré.

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La structure du pavillon dans les ateliers de Métal Création

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