Mercredi dernier, Martine Aubry et les urbanistes, concepteurs du futur quartier Saint-Sauveur, présentaient un plan guide intégrant les remarques émises lors de la concertation publique mise en place il y a un mois. L’occasion de réaffirmer les grandes lignes d’un projet (mélange des populations, plurifonctionnalité et densité) et de présenter quelques installations prévues sur cette friche de 280 000 hectares en plein cœur de ville qui doit accueillir 2500 logements et 6000 habitants d’ici… 2030 !

Tous ceux qui escomptaient obtenir des précisions sur la date du début du chantier devront encore patienter. « 2017, 2018,2019… Tout dépendra des contraintes financières » a justifié la maire de Lille, Martine Aubry qui estime à 20 millions d’euros, la somme nécessaire pour lancer les premiers aménagements de voirie.

Non sans malice, l’ex-présidente de Lille Métropole a demandé à l’assistance très nombreuse d’accueillir chaleureusement Gérard Caudron, vice-président au logement à Lille Métropole, l’un des principaux financeurs du projet. Si ce dernier s’est dit certain que « le projet sera le moins égratigné possible », il n’a pas caché que Saint-Sauveur avait des concurrents, « sur les 300 projets urbains de la métropole, 188 impactent les finances de la communauté urbaine pour un total de 580 millions, alors que le budget ne prévoit que 450 millions ».
Traduction, les arbitrages promettent d’être très politiques.

Seule étape connue avec certitude : la création d’une ZAC en mars-avril 2015. Pour le reste, le site évoluera au gré de plusieurs évènements attendus dans les prochains mois : l’utilisation d’une partie de la friche pour la nouvelle saison de

Lille 3000 en septembre 2015, l’installation d’une « fan-zone » destinée à accueillir les supporters de l’Euro 2016 de football ou encore la poursuite de la réhabilitation de la halle B, préfigurant le « Saint-So Bazar », lieu rassemblant espaces de co-working et ateliers d’artistes.

Pragmatisme scandinave

Cette partie du site – la seule actuellement ouverte au public – réunissant un café, un cinéma et des halles d’exposition gardera son rôle de lieu ouvert et culturel. Hormis, quelques immeubles de logements et de bureaux, ce sont surtout des bars, des restaurants et des lieux culturels qui animeront l’endroit. Cette zone baptisée « les halles » sera délimitée par la colonne vertébrale du quartier : un cours de 30 000 m² le traversant d’est en ouest, similaire à l’avenue Faidherbe entre la gare Lille-Flandres et la Grand Place. La partie de cette « rambla lilloise » donnant sur le parc Jean-Baptiste Lebas se promet d’être très animée avec des commerces, des terrasses accueillant des manifestations tout au long de l’année : Lilleplage, le marché de Noël… De l’autre côté de ce boulevard, une vingtaine d’îlots d’environ 50 m sur 50 m comprenant 30 à 60 logements (sociaux, en accession aidée et en accession libre) seront construits selon différentes hauteurs afin d’offrir la meilleure exposition au soleil. Un quartier résidentiel qualifié de « nordique » par les auteurs du projet. « Où l’on pourra ranger son vélo, sa poussette, ses poubelles, étendre son linge, ouvrir la fenêtre la nuit… Du pragmatisme à la scandinave », a résumé David Sim, de l’agence danoise Gehl, maître d’œuvre du projet.

Quatrième secteur du quartier, un espace plus vert baptisé « la Vallée » comprenant deux ensembles de logements en terrasse et un grand jardin pouvant répondre à de multiples usages : jardinage, escalade, footing… Quant à la partie du site reliant le nouveau Saint-Sauveur et la Porte de Valenciennes déjà renommée « Saint-Sauveur II » par Claire Schorter, architecte-urbaniste associée à l’agence Gehl, « tout reste à imaginer… » C’est là que dans 20 ans pourrait être construite une nouvelle station de métro « Saint-Sauveur ».

Saint- Sauveur en quelques chiffres

2500 logements

200 000 m2 logements

55 000 m2 bureaux

30 000 m2 commerces et activités

20 000 m2 équipements

Un signe architectural ?

Achevée la semaine dernière, la période de concertation a permis de répondre à quelques questions. Pas toujours il est vrai de manière très précise, tant il reste à affiner les détails d’un projet dont Stanislas Dendievel, l’adjoint municipal à l’urbanisme répète à l’envie « qu’il ne faut pas le louper ». Quelle hauteur pour les bâtiments ? Les premières esquisses montrent des immeubles variant du R+3 au R+5. « Pas de hautes tours ! Lille n’est pas New-York ou Dubaï », a assuré Martine Aubry. La maire de Lille est d’accord en revanche pour marquer l’entrée du quartier par un signal architectural fort. Lequel ? « Rien de décidé ». Concernant l’architecture globale, là encore… ce sera très ouvert. « On ne va pas forcément faire des toits plats » sera la seule confidence distillée par Ludovic Blanckaert, architecte lillois de l’agence Béal & Blanckaert associée au projet. Les préoccupations environnementales révélées par la concertation seront pris en compte. Notons, notamment : place de la voiture limitée au maximum, maisons passives, vague verte partant du jardin de la vallée, petit canal le long du cours central… La tonalité de l’ensemble est clairement « écolo ». Autre interrogation chez les participants à la concertation : quelle liaison avec les quartiers environnants ? Les architectes ont révélé quelques « petits travaux » pour témoigner de leur volonté de coudre Saint-Sauveur aux secteurs voisins : l’aménagement d’un square au début de la rue de Cambrai, d’une placette, côté Boulevard Louis XIV ou encore d’un belvédère pour assurer le lien avec Porte de Valenciennes. « Nous ferons tout pour en faire un quartier ouvert sur l’extérieur, dans lequel les gens se frottent et se rencontrent », a résumé Martine Aubry. Joli programme.

Les acteurs

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lille

Maîtrise d’œuvre : Agence Gehl (mandataire) avec Claire Schorter et l’agence Béal&Blanckaert, Agence Signes Ouest (Paysagistes), Tribu (expertise environnement), Mageo et Artélia (VRD)

 

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