Dans moins de six mois, Kipstadium, le nouveau siège de Kipsta la marque d’Oxylane (Décathlon) dédiée aux sports collectifs ouvrira ses portes sur le site de l’Union dans la métropole lilloise.
A l’emplacement même de l’ancienne brasserie Terken, le chantier réhabilite une partie du patrimoine existant.
Une démarche exemplaire qui lie dynamique économique et préservation du patrimoine.

D’abord, il y a la fameuse tour Terken, 40 mètres de haut, point d’ancrage de tous les habitants de cette zone de l’Union à la croisée de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos. Elle sera désormais le phare guidant les sportifs vers Kipstadium, futur centre international de Kipsta, qui outre un magasin, un pôle de restauration et les bureaux de la marque comptera une vingtaines de terrains dédiés aux sports collectifs : rugby, basket, football, volley-ball… « Nous allons confier l’éclairage de la tour au plasticien Yann Kersalé », révèle Franck Demaret, directeur général de Kipsta. L’auteur des mises en lumières nocturnes de l’opéra de Lyon ou des docks de Saint-Nazaire va donc s’exprimer dans la métropole lilloise. « La couleur de la tour pourra changer en fonction des saisons ou des évènements ayant lieu sur le site : tournois, spectacles… », ajoute le patron.
Sur le site de huit hectares, la tour Terken n’est pas le seul bâtiment ancien à être conservé. La structure Eiffel de l’ancien entrepôt de Transpole sera transformée en parking arboré. Quant à la halle couverte abritant autrefois les bus, elle accueillera le magasin et les équipes « recherche et développement » de la marque. Les matériaux originels – brique et béton – seront conservés tel quels dans ce « loft» de 5000 m² dont le toit ne repose que sur cinq poteaux ! « Garder un espace de circulation servant autrefois aux véhicules pour un bâtiment destiné à encourager le sport collectif, ça a du sens », souligne Antoine Beal, l’architecte lillois du projet, qui a convaincu le maître d’ouvrage de conserver au maximum le bâti existant. Un pari qui n’était pas gagné d’avance : participer à la régénération urbaine ne fait pas forcément partie de la culture de la grande distribution, adeptes des zones commerciales créées ex-nihilo. Mais la volonté de Kipsta de promouvoir les pratiques sportives amateurs en les rendant accessibles au grand public collait bien avec une réalisation ouverte sur son environnement immédiat, au centre d’un « village » chargé d’histoire.
Seul bémol dans cette vaste entreprise de réhabilitation, la brasserie longeant le canal sera rasée. Victime de trois incendies depuis sa fermeture en 2003, sa remise en l’état aurait coûté trop chère.
Une phase deux ?
Quant aux deux bâtiments jouxtant la tour – l’usine d’embouteillage et la malterie – ils feront l’objet d’une deuxième phase de travaux… en fonction du succès du site. Ils pourraient accueillir à terme une école de formation pour les arbitres, voire des ateliers de fabrication à l’image des usines d’assemblage des vélos Bit’win sur le site lillois d’Altadis au sud de Lille. « Il est trop tôt pour en parler» tempère Franck Demaret qui, par ailleurs, ne doute pas de la réussite de son bel ouvrage, « au vu des demandes qui nous parviennent, il est déjà trop petit ». S’il cherche dans la région, nul doute qu’il trouvera des propriétaires prêt à réhabiliter avec lui d’autres friches industrielles.

Terrains couverts et en extérieur : 60 % de la surface du site sera dédié à la pratique sportive © Alexandre Lenoir
Terrains couverts et en extérieur : 60 % de la surface du site sera dédié à la pratique sportive © Alexandre Lenoir

 

Les terrains couverts et les vestiaires attenants seront en face du magasin de 900 m2, exclusivement consacré aux produits de sports collectifs © Alexandre Lenoir
Les terrains couverts et les vestiaires attenants seront en face du magasin de 900 m2, exclusivement consacré aux produits de sports collectifs © Alexandre Lenoir
Un budget serré et tenu
Kipsta a réussi à ne pas dépasser les 12 millions d’euros prévus pour la construction de son Kipstadium. Une gageure au regard de l’immensité du site et du retard de deux ans pris par le chantier, dû à la dépollution obligatoire des sols de l’ancienne usine à gaz. Elle a été tenue grâce à l’accord des collectivités de ne vendre leur terrain que deux millions d’euros, en échange de quoi, Kipstadium offrira la location de ses terrains de sport aux écoles des quartiers environnants à certaines heures de la journée. Autre «deal» gagnant-gagnant, Kipsta a obtenu un rabais auprès de Tarkett, l’entreprise choisie pour poser les revêtements sportifs du site. En contrepartie, la multinationale (issue de l’entreprise Sommer-Allibert autrefois basée à Auchel) pourra se servir du site comme vitrine pour démarcher de futurs clients et utiliser les terrains comme test pour améliorer ses produits. Enfin, et ce n’est pas neutre, la simplicité architecturale du site, voulue et assumée par Kipsta, a également évité l’explosion du budget.

 

 

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