Les Nordistes ont-ils toujours une brique dans le ventre ? «Oui, veut croire Frédéric Laurent, directeur d’exploitation de la société Maisons du Nord. Il reste de l’appétit pour la maison particulière». Mais des fissures sont apparues dans l’édifice en 2018… «Avec 130 maisons vendues, l’exercice a été moins bon que les précédents», concède le constructeur. Pour son concurrent Maisonneuve, l’année passée a même été mortelle puisque l’entreprise a été liquidée. La défaillance est due à un défaut de garants. Pour autant, Priscilla Saunier, l’ancienne dirigeante de Maisonneuve, également vice-présidente du groupement régional des constructeurs-aménageurs, pointe bien une descente d’activité. «Le secteur est en recul de 15 % en moyenne sur les douze derniers mois. Pour quelques constructeurs, la baisse atteint 30 %».

Crise de confiance

La première cause du phénomène, selon Priscilla Saunier, est la crise de confiance qui sévit dans notre pays. «Avant nous étions des sachants. Aujourd’hui, à l’instar des médecins, nos capacités sont mises en doute par nos interlocuteurs prenant leurs renseignements sur internet». Face aux risques réels ou supposés de la construction, les ménages ont tendance à acheter «quelque chose de tout fait», un logement ancien par exemple. La contraction des aides à l’accession est une autre explication. Et la fermeture des guichets du Crédit foncier (absorbé par le groupe BPCE) va compliquer la vie des primo-accédants, remarque Frédéric Laurent.
D’autant que le montant de l’investissement, incluant l’achat du foncier, peut s’élèver très haut. Priscilla Saunier évoque un terrain nu de 1 000 m2 à Sainghin-en-Mélantois vendu 380 000 euros… Pour trouver des prix plus accessibles, il faut s’éloigner de la métropole, jusqu’à la limite du Pas-de-Calais. Là, à Billy-Berclau ou à Wingles, la SEM Territoires-62 développe tranquillement ses programmes de lots libres, commercialisés à 100 €/m2 en moyenne. «Tous les secteurs en politique de la Ville et en rénovation urbaine, où nous pouvons appliquer une TVA à
5,5 %, sont attractifs», témoigne le directeur de la société d’aménagement, Michel Deneux. Un bémol : certains primo-accédants n’ayant pas les moyens de verser les 5 % prévus à la commande, la SEM a dû ramener l’apport demandé à 1 000 euros par ménage…

 

Le bilan 2018 détaillé du marché régional du logement sera présenté par le CECIM Nord le 7 mars à 10h30 au Kinépolis de Lomme.
Renseignements : contact@cecimnord.org

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