Alors, ça commence quand ? Au fait, ça se termine bientôt ? Récurrente dans l’univers de la construction, ces questions se posent avec encore plus d’acuité en cette fin d’année 2020. La faute au coronavirus, à l’origine de bien des retards et de quelques reports. De même, les élections municipales et leurs lots de remise en question plus ou moins opportunistes n’ont pas contribué à éclaircir l’avenir de certains projets.

Pour autant, un tour d’horizon de l’état d’avancement des grands projets de la région nous montre que les aléas de 2020 ont moins d’impact qu’une tendance de fond qui s’impose désormais aux constructeurs : la volonté de citoyens actifs de mettre leur grain de sel dans l’élaboration des projets. Sous peine d’intenter des recours, à l’origine de bien des blocages. Comme pour le Covid, il faut apprendre à vivre avec.

Lille : Saint Sauveur attend son jugement dernier

D’accord entre les Verts et Martine Aubry avant le second tour des municipales, il n’y eût donc point. Débarrassée de ses ex-alliés écolos, Martine Aubry se dit aujourd’hui déterminée à mener l’aménagement de la friche Saint-Sauveur (22 hectares dont 19 restent à construire) comme elle l’entend : 2500 logements, des commerces, une école, un gymnase, un parc de 4 hectares et… une piscine olympique, à 80 millions d’euros en grande partie financée par la MEL.

En septembre 2019, deux recours ont été déposés par plusieurs associations environnementalistes. Ils sont actuellement étudiés par le Tribunal administratif qui a demandé aux deux parties d’entamer une procédure de conciliation avant de rendre son jugement. Peu pressées à trouver un terrain d’entente, les associations auront déjà fait une victime : l’éventuelle future piscine Saint-Sauveur ne fait pas partie des équipements retenus par le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques pour accueillir des entraînements en 2024.

Au grand malheur de Rabot Dutilleul et Spie Batignolles, les constructeurs retenus en décembre 2018 pour bâtir la piscine. Pour cet ouvrage, la MEL a d’ores et déjà planché sur des emplacements B, parmi lesquels le site de l’actuelle piscine Marx Dormoy à Bois Blancs. Après avoir évoqué une décision en juillet, le Tribunal parle désormais de la fin de l’année… voire de début 2021.

(Erratum : Dans une première version, il avait écrit « début 2022 » pour la date de jugement. Il s’agit bien de 2021)

Le plan d’aménagement de la friche Saint-Sauveur chronique du btp – 1-min
Le plan d’aménagement de la friche Saint-Sauveur

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Lille : pour le nouvel agora – forum, la déconstruction commence

Avis favorable. Après une enquête publique en deux temps, le commissaire enquêteur vient de valider le projet de destruction-reconstruction de l’ensemble disgracieux situé à deux pas de la gare Lille-Flandres, dans lequel logeait le conseil départemental. Le marché de partenariat public-privé signé entre le Département et le groupement Duval-ADIM prévoit la construction d’un ensemble de 60 000 m2 : une moitié « Forum » pour le nouveau siège de la collectivité, une moitié « Agora » comprenant 15 000 m2 de bureaux et deux tours d’habitation de 52 mètres. Sous prétexte qu’elles auraient un impact sur l’ensoleillement, la biodiversité et la nappe phréatique, ces deux tours sont dans le collimateur d’un groupement de copropriétaires. Un recours est en préparation.

Pas de quoi déstabiliser le Département qui dit attendre sereinement les permis de construire. Conformément aux réserves émises par l’enquête publique sur l’aménagement paysager périphérique au projet, la collectivité assure qu’elle sera vigilante quant à la végétalisation des abords des bâtiments, en lien avec la Ville et la MEL, via la SPL Euralille. En attendant, le curage et le désamiantage préalable à la déconstruction ont commencé. Livraison espérée : mi 2023.

forum agora dep 59 nord lille chronique du btp – 1-min
Perspective du futur Agora-Forum à quelques mètres de la gare Lille-Flandres.

Lille: Cinéma Pathé, le suspens à son comble

La bande annonce était alléchante : un complexe de 15 salles dont 4 « très haute gamme », plus de 2 400 sièges et un parking silo. Le tout scénarisé par un trio star : Daniel Buren, dont ce sera le seul cinéma, le designer Ora ïto et l’agence d’architecture marseillaise Carta. Jérôme Seydoux était même venu en personne présenter cet investissement de plus de 30 millions d’euros aux côtés de Martine Aubry, maire de Lille.

Nous étions alors en septembre 2018. Si les travaux préparatoires ont depuis débuté du côté de Demathieu-Bard, en charge de la construction, point d’avant-première en vue. Il est vrai que le coronavirus met les exploitants du 7ème art à rude épreuve. Et le moment malvenu pour se lancer dans la construction d’un complexe cinématographique. A Lille-Sud, l’équipement devait venir compléter un axe en plein renouveau, tiré notamment par le centre commercial Lillenium, tout juste inauguré. Aujourd’hui, la construction proprement dite n’a pas démarré.

cinéma pathé lille chronique du btp
Perspective du cinéma Pathé qui devrait prendre place à Lille-Sud.

Lesquin: Plan de vol chahuté pour l’aéroport de Lille

« Le projet reste le même, parfaitement valide car la commande publique de la délégation de service public reste bonne ». Pas de doute pour Christophe Coulon. Le vice-président à la Région Hauts-de-France et président du Smalim, propriétaire de l’infrastructure, poursuit donc le programme de modernisation de l’aéroport de Lille. « Le temps aérien est un temps long, nous travaillons à une échelle de 20 ans », justifie l’élu, convaincu de retrouver tôt ou tard la fréquentation d’avant crise. Il consent toutefois quelques ajustements, « à la marge » mais surtout un décalage de mise en œuvre des travaux, sans annoncer de date. Concessionnaire depuis le 1er janvier 2020, Eiffage, associé à l’aéroport Marseille-Provence, est engagé dans un plan d’investissement à 170 millions d’euros sur 20 ans.

Objectif : passer de 2,5 millions de passagers à 4 millions à horizon 2040. Si Eiffage espérait des premiers coups de pioche en 2021, « le calendrier est aujourd’hui questionné par pragmatisme ». La faute à une activité 2020-2021 plombée aux lourdes conséquences financières. « La consultation publique a démarré. Nous travaillons sur les études faune-flore, eau, l’exposition au bruit. Mais si le permis d’aménager est délivré en 2021, ce n’est pas pour autant qu’il sera mis en œuvre tout de suite. Nous avons besoin de prendre un peu de recul selon les événements des prochains mois ».

L’aménagement du parvis devrait permettre une meilleure maîtrise des flux @Enia Architecte

Lille: Blocage au campus

Yncrea change de nom. Pour son nouveau campus en revanche, il faudra encore attendre. Rebaptisée Junia, l’association des trois grandes écoles d’ingénieurs lilloises HEI, ISA et ISEN espérait voir son chantier de création d’un campus au cœur du quartier Vauban démarrer au printemps dernier. Un projet ambitieux à 128 millions d’euros qui en sus d’une résidence étudiante, de laboratoires et de salles de cours (22 000 m2 de bâtiments neufs) prévoit l’occupation et la transformation du Palais Rameau en tiers-lieu dédié à l’agriculture urbaine. Las, en pleine campagne municipale, une association de défense du patrimoine, soutenue par la candidate LREM dénonçait la destruction de la chapelle Saint-Joseph, un bâtiment néo-roman de 900 m2 érigée en 1876.

Un an auparavant, le permis de démolir du bâtiment avait été délivré sans faire de vague. « Pourquoi ne pas transformer cette chapelle en bibliothèque ? » s’interroge un architecte du quartier, vent debout contre le projet. En mars dernier, le ministre de la Culture, a demandé à l’école de « renoncer à la destruction immédiate du bâtiment et d’examiner une solution alternative ». Cet été, le directeur de projets chez Junia, Jérôme Crunelle, a présenté les plans du nouveau Campus aux services de la rue de Valois : « Nos échanges ont été constructifs. Nous attendons désormais leur réponse officielle ».

palais rameau lille chronique du btp – 5-min

Lille: le Metropolitan Square dait du Surplace

Que les promeneurs du cimetière de l’Est se rassurent. Ils ne sont pas prêts à être dérangé par le bruit des pelleteuses ! Le projet de construction d’un nouveau quartier sur le site historique de la MEL toussote. Rappel des épisodes précédents. L’exécutif de la MEL souhaite se construire un nouveau siège. Après avoir envisagé de construire in situ un beffroi de 104 mètres de haut, Damien Castelain opte pour un déménagement et une vente du terrain de 4 hectares, excellement situé à deux pas de la gare Lille-Europe.

Bingo ! En décembre 2018, la MEL choisit le groupement Vinci-BNP Paribas prêt à débourser 95 millions d’euros pour acquérir le site sur lequel il envisage de construire 90 000 m2 de surface utile. Badaboum ! Martine Aubry juge finalement le projet trop dense… et se dit prête à refuser de signer le permis de construire si Vinci ne revoit pas sa copie. A l’heure actuelle, les deux parties tentent de trouver un compromis. Problème : si Vinci doit baisser d’un tiers sa surface de plancher pour satisfaire la maire de Lille, il ne paiera pas les 95 millions promis au départ. On pourrait repartir pour une nouvelle consultation. Et pour un début des travaux au mieux vers la fin 2022.

Villeneuve D’ascq: Grande Angle patine

Gérard Caudron aurait-il vu la vierge verte durant le confinement ? Porteur du projet Grand Angle censé donner un véritable centre-ville à sa bonne ville de Villeneuve d’Ascq, le maire inamovible estime que la crise Covid pousse à ériger « des villes davantage aérées, ouvertes sur l’extérieur, végétalisées, et moins denses ». Conséquence directe de cet aggiornamento, le programme porté par le promoteur Aventim sur le site LeroyMerlin en face du stade Pierre Mauroy sera revu à la baisse. Moins de logements, de commerces, de bureaux… Et plus d’espaces verts. Quid de la démolition de la mairie et son remplacement par «une maison des citoyens » ? Le projet est au point mort.

Quant à l’élément phare du projet, la création d’un corridor à travers V2 (pour mieux raccorder le mastodonte commercial à la ville), il pâtit aujourd’hui du désaccord entre l’exploitant Unibail et la MEL, propriétaire du terrain, sur le montant d’un nouveau bail. Que reste-t-il aujourd’hui du projet Grand Angle ? « L’aménagement de petits espaces, en attendant les grands gestes » résume un urbaniste chargé du projet. A savoir l’aménagement de voies privilégiant les mobilités douces. « Les terrains des rues Vertes, où réside une espèce protégée de chauves-souris, seront laissés à la nature et à la biodiversité » se réjouit de son côté Gérard Caudron.

grande angle ville neuve d'ascq chronique du btp – 3-min

Valenciennes: un contournement dans la dernière ligne droite

Destiné à offrir une nouvelle liaison est-ouest au nord de l’agglomération, le contournement valenciennois trace sa route. Sur la section est, entre Bruay-sur-l’Escaut et Saint-Saulve, les travaux en cours, ont pris du retard en raison du confinement, mais ils devraient s’achever comme prévu fin 2021 avec la pose d’un viaduc métallique sur l’Escaut.

A la même période, les usagers pourront emprunter de premières sections d’un ouvrage qui coutera 109 millions d’euros. L’année prochaine verra parallèlement le début du chantier de la deuxième phase, à l’ouest entre Raismes et Bruaysur-l’Escaut. Début des réjouissances avec une trémie à Raismes, un ouvrage d’art avec la SNCF et un giratoire à Beuvrages. Les marchés ne sont pas encore tous attribués. Inauguration de ce grand travail : 2024.

contournement valenciennes chronique du btp projets – 4-min

Berck-sur-mer: Tropicalia en plein gel

Le chantier devait démarrer à l’été. Il y a aujourd’hui peu de chance qu’il ne voit le jour avant 2022. Pour réaliser la serre touristique géante près de Berck, des entreprises ont bien été nommées. Mais les contrats… toujours pas signés. La faute au recours intenté par le Groupement de défense de l’environnement de l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer (GDEAM) contre le permis de construire délivré par les communes de Rang-du-Fliers et Verton.

Les pourfendeurs de Tropicalia rejettent les arguments écolos. Cédric Guérin et Nicolas Fourcroy, les porteurs du projet, assurent que les 28 degrés de la serre ne nécessiteront qu’une faible quantité d’énergie et que les animaux proviendront d’élevages. Les investisseurs (dont le groupe Sodexo et la Caisse des dépôts et consignations) attendent aujourd’hui les conclusions du tribunal administratif avant de se lancer dans un projet estimée à 73 M€.

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Calais: une belle digue pour l’été 2021

Les travaux de la digue de Calais destinés à transformer la ville en cité balnéaire du XXIème siècle continuent à bon rythme. Après avoir détourné la route longeant la plage et délocalisé les parkings, place aux équipements ludiques : le plus grand skate-park au nord de Paris, des plaines de jeux, un solarium en bois exotique, un belvédère flottant au-dessus de la plage, un village gourmand…

Chiffré à 23,6 M€, mené par les paysagistes de l’agence Base, cet acte 2 de la rénovation du front de mer, devrait être livré pour la saison estivale 2021. Avec un autre ouvrage très attendu : une tanière en verre, éclairée la nuit, pour abriter le dragon mécanique de 15 mètres de haut, nouvelle star du bord de mer calaisien.

Mais aussi…

LA CITÉ ADMINISTRATIVE À LILLE

Afin de s’assurer des performances environnementales de ce futur immeuble de 38 400 m2, construit sur une parcelle d’1,5 hectare à la limite des quartiers populaires de Moulins et de Lille-sud, l’Etat a lancé un marché global de performance de construction et de gestion du bâtiment. Les propositions sont actuellement à l’étude. La livraison de l’ensemble est prévue pour le premier semestre 2023.

LE NOUVEAU CENTRE PÉNITENTIAIRE DE LOOS

Déclarée d’utilité publique à l’été 2019, la construction d’une nouvelle prison à Loos-Sequedin doit voir le jour d’ici 2023 selon l’Agence publique pour l’immobilier de la Justice. L’Apij acquiert en ce moment les immeubles et les terrains nécessaires à l’exécution du projet « soit à l’amiable, soit par la voie de l’expropriation ».

LE CANAL SEINE NORD

Le rapport sévère de la Cour européenne des comptes de juin dernier pointant le surcoût d’un ouvrage estimé aujourd’hui à 5 milliards d’euros n’a pas entamé l’optimisme de ses promoteurs. La société du canal finalise les études sur les sols de la phase 1 (dans l’Oise), actuellement soumise à enquête publique. Elle s’apprête à lancer les appels d’offre pour les premiers ouvrages dont les travaux pourraient débuter en 2021. Pour les secteurs 2, 3 et 4 plus au nord, les études d’avant-projets sont en cours de finalisation. Sauf imprévu, les travaux du côté de Péronne et de Marquion débuteraient en 2023.

LE NOUVEAU PALAIS DE JUSTICE DE LILLE

Le permis de construire du nouveau Palais de Justice va être déposé incessamment sous peu en mairie de Lille. Sans attendre, la MEL commence le prolongement de la rue des Bateliers. Une nouvelle voie doit desservir le bâtiment de 22 800 m2 de surface utile, porté par le cabinet OMA avec l’architecte Saison Menu, pour un coût de 100 millions d’euros. L’Etat, maître d’ouvrage évoque aujourd’hui une mise en service en 2023.

LE NOUVEL ÉCHANGEUR SUR L’A1

Contraints de limiter la consommation de terres agricoles et de réduire les risques pour la nappe phréatique, l’Etat et la MEL ont relancé fin 2019 les études pour un « demi-échangeur » sur l’A1 (une sortie dans le sens Lille-Paris et une voie de retour vers Lille). Un avenant au contrat de Plan Etat-Région a été signé, mais le préfet rappelle que la décongestion routière entre Lesquin et Seclin « dépasse la simple approche d’infrastructures nouvelles ». Agé de 50 ans, le serpent de mer de l’échangeur de l’A1 est coriace.

LE RER BASSIN MINIER

Officiellement Xavier Bertrand s’intéresse toujours au projet. Il le souhaite même étendu à la Picardie. Dans les faits, le projet d’une liaison rapide entre Lille et le sud de la région est au point mort. La SNCF ne se presse pas pour pré-étudier le tracé de l’ouvrage. Estimé à 3 milliards d’euros, une telle infrastructure ne peut se passer d’aides de l’Union européenne… qui a d’autres priorités à l’heure actuelle.

NAUSICAA

Contraint de renouveler son offre pour rester parmi les aquariums européens les plus attractifs, Nausicaà avait prévu de nouveaux travaux en 2021. Evaluée à 30 millions d’euros, cette nouvelle extension baptisée Nausicaà III, consacrée au monde polaire, pâtit des pertes enregistrées par l’aquarium en raison de la crise du coronavirus (environ 10 millions d’euros). Le projet est repoussé sine die.

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