Sans vouloir présager de ce qui ressortira du travail parlementaire, il est évident que la nouvelle organisation territoriale viendra renforcer le couple Région – Métropole. Notre Métropole Européenne est bien évidemment ancrée sur son territoire régional et non pas dans un rapport de domination mais bien de complémentarité et de synergie. Nous avons un avantage que beaucoup d’autres régions nous envient : notre Métropole dispose d’un rôle de locomotive régionale incontestable et incontesté. Personne ne remet en question ce rôle, y compris dans la reconfiguration régionale qui se dessine.

L’exemple de la labellisation « French Tech », obtenue en novembre dernier, illustre bien, selon moi, ce rôle de locomotive joué par notre Métropole. Avec les territoires du Valenciennois, du Calaisis et de Lens-Liévin, nous avons eu cette intelligence de nous réunir sous la même bannière, pour parler d’une seule voix au profit de l’ensemble du territoire régional. C’est encore le même esprit qui anime la mobilisation autour de la candidature IDEX. Comme vous le savez, j’ai fait du développement économique, de la création de richesses et d’emplois, la priorité de ce mandat ! Des thèmes sur lesquels le couple Région – Métropole prend tout son sens et s’affirmera encore à l’avenir, même si je veillerai, bien évidemment, à ce que la Métropole conserve les liens forts de proximité tissés avec les acteurs locaux, au premier rang desquels se trouvent les Maires.

Les compétences obligatoires

Avec la loi MAPAM, les métropoles françaises seront dotées de larges compétences, prévues par la loi. (…)

Premier temps, les compétences obligatoires dont certaines étaient déjà exercées par Lille Métropole : développement économique, enseignement supérieur et recherche, infrastructures et réseaux de télécommunications, habitat, politique de la ville, eau, assainissement, énergie, et promotion du tourisme… Ces nouvelles compétences profiteront au développement de notre territoire.

Ainsi, en matière de tourisme, la métropolisation permettra de donner plus de visibilité, de cohérence et de rayonnement. (…)

Energie

La seconde prise de compétence que je souhaite mettre en avant aujourd’hui concerne l’énergie.

Vous le savez, la Métropole Européenne de Lille devient, au 1er janvier, compétente en matière de :

  • concession de distribution publique d’électricité et de gaz ;
  • création, aménagement, entretien et gestion des réseaux de chaleur ou de froid urbains ;
  • création et entretien des infrastructures de charge nécessaires à l’usage des véhicules électriques ou hybrides rechargeables.

Ces nouvelles compétences permettront à notre Métropole :

  • de conduire une politique énergétique ambitieuse pour l’ensemble des acteurs,
  • de mettre en synergie nos différentes politiques en matière de logement, d’habitat, de mobilité surtout.

L’enjeu est aujourd’hui :

  • de réduire la vulnérabilité de l’ensemble des consommateurs par le biais de politiques d’économies d’énergie ambitieuses,
  • de se positionner sur les modes d’approvisionnements et de développement des énergies renouvelables,
  • et d’adapter en conséquence les réseaux de distribution par le biais des réseaux électriques intelligents.

Au-delà des aspects technique et financier, ces transferts de compétences revêtent également un caractère humain. Nous transférons des compétences et donc des hommes et des femmes. Je souhaite la bienvenue aux nouveaux personnels issus des syndicats SIMERE, SMGDV et du GIP Lille Métropole Renouvellement Urbain.

Les compétences optionnelles

La Métropole Européenne de Lille devra également décider de compétences optionnelles. Ainsi afin de mettre en œuvre sa politique culturelle, sociale et sportive, la MEL peut, dans les deux années qui suivent l’entrée en vigueur du décret et sa création, en relation avec les communes, s’orienter vers le transfert d’équipements au service de ses politiques et d’intérêt métropolitain.

Pour cela, nous aurons donc deux ans pour positionner le curseur et préciser les critères permettant de déterminer les équipements d’intérêt métropolitain. Il appartiendra bien évidemment au Conseil, sous la direction d’Alain Bernard, de définir ou non ces critères.

Les transferts de compétences

Par ailleurs, la loi prévoit le transfert des voiries départementales vers la Métropole sur son territoire. Le Département et la Métropole s’accorderont par convention sur le périmètre des voiries à transférer pour une mise en œuvre au 1er janvier 2017, dans un objectif de cohérence et de limitation des intervenants sur le domaine public. Dans ce cadre, et en accord avec Daniel Janssens, la Métropole souhaite proposer le transfert de l’ensemble des routes départementales, à l’exception de voies à caractéristiques autoroutières auxquelles s’ajouteraient des axes routiers principaux. Pour vous donner un ordre d’idée, l’ensemble des routes départementales que nous pourrions transférer représente un transfert de l’ordre de 90% du linéaire de routes départementales.

Ces nouvelles compétences pourront être complétées par des transferts facultatifs de compétences départementales, et/ou régionales ainsi que de l’Etat, au travers de la signature de conventions.

Nous avons le temps d’y réfléchir.

Mais nous devons suivre précisément les débats parlementaires actuels sur le projet de loi NOTRe qui pourrait attribuer à la MEL, de manière obligatoire, des compétences sociales relevant aujourd’hui du Département.

Nous serons, bien sûr, très attentifs aux conditions financières de ces transferts pour l’équilibre de notre budget ! (…)

Changement de dimension

D’autres défis nous attendent, notamment avec le CPER et les programmes européens. Vous verrez, 2015 sera aussi intense que 2014 puisqu’il marquera également le lancement de la nouvelle programmation du Contrat de Plan Etat-Région, le CPER, et des programmes opérationnels européens. Nous examinerons systématiquement l’opportunité d’un financement européen pour tous nos grands projets. (…) Pour la première fois, grâce à la loi MAPAM, Lille Métropole est associée à l’élaboration du CPER, aux côtés de l’Etat, de la Région et des deux Départements.

La mobilité

Comme vous le savez, un de ces grands enjeux, c’est la mobilité. Dans le cadre du CPER, 1,2 milliard d’euros d’opérations sont inscrits sur les différents réseaux de transport du territoire avec un objectif de répondre aux problématiques de congestion et de mobilité au quotidien. J’ai fait de l’accessibilité de notre Métropole une priorité de ce mandat !

Dénoncer la thrombose croissante des voies routières dans notre Métropole c’est bien et on le constate chaque jour depuis de nombreuses années. Trouver et expérimenter des solutions, c’est mieux et c’est notre objectif !

A ce titre, nous avons fait dès le début du mandat une demande au secrétaire d’Etat en charge des transports de mettre en place un groupe d’experts indépendants pour étudier de nouvelles solutions de mobilité à l’échelle métropolitaine et régionale, notamment de contournements routiers. Cette demande a reçu un écho favorable et nous aurons bientôt la nomination de ces experts.

Parallèlement, en accord avec l’ensemble des vice-présidents concernés – Gérald Darmanin, Régis Cauche et Anne Voituriez, je lancerai, dès le début de l’année, un groupe de travail associant la Région, les Départements, la SNCF, Transpole, le SMIRT (Syndicat mixte intermodal régional des transports), la Chambre de commerce et d’industrie Grand Lille et d’autres acteurs locaux et transfrontaliers pour avancer rapidement sur cette question notamment à travers la mobilité intelligente et des solutions innovantes : temps de la ville, amélioration systèmes information aux usagers…

Au regard de l’engagement du Gouvernement pour la réalisation du Canal Seine Nord Europe, le CPER intégrera le financement d’opérations sur le réseau fluvial qui permettront d’améliorer le niveau de service et la capacité des canaux situés sur la liaison Seine-Escaut entre le Canal Seine Nord-Europe et la Belgique. Ce Canal Seine Nord Europe, pour la Métropole, présente deux grands enjeux :

  • le développement du transport fluvial comme vecteur du développement économique ;
  • la voie d’eau comme vecteur d’aménagement : avec l’autoroute A1 et le Canal Seine Nord, nous avons quasiment deux colonnes vertébrales de la nouvelle ossature de la future région Nord-Pas de Calais – Picardie.

Bien sûr, nous resterons vigilants aux annonces du Gouvernement tant sur le plan financier et les sollicitations que nous pourrions avoir que sur l’aspect écologique du projet. (…)

Transition écologique et énergétique

L’investissement public sur ce volet du CPER permettra d’accompagner la mise en place de fonds d’investissements ou d’instruments financiers déstinés à la transition énergétique.

Ces outils visent le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, notamment la rénovation énergétique de l’habitat, que ce soit dans notre plan 100.000 logements ou la lutte contre la précarité énergétique.

J’entends mobiliser l’ensemble de nos compétences et les opportunités de financement du CPER et Programmes Européens pour mener cette politique énergétique ambitieuse. Car, vous le savez bien, Lille Métropole est un territoire de la troisième révolution industrielle ! (…)

Le soutien que le CPER peut apporter pour répondre à l’ensemble de ces enjeux est essentiel. Je vous rappelle que le montant global du CPER pour la période 2015-2020 représente 1,5 milliards d’euros dont 750 millions apportés par l’Etat, après une première proposition inacceptable, qui était de 450 millions d’euros, et qui a été refusée courageusement par le Préfet. (…) A ces crédits CPER viennent s’ajouter ceux du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain. A ce titre, sept quartiers de Lille Métropole sur les dix proposés ont été retenus cette semaine par l’Agence Nationale pour la Rénovation urbaine. L’ANRU a également laissé la possibilité au Préfet de choisir des quartiers supplémentaires en lien avec la Région. La Métropole restera donc mobilisée pour que les quartiers non retenus puissent eux-aussi être soutenus.

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