Pour se faire adopter par ses nouveaux collaborateurs et réussir sa reprise, le nouveau-venu doit faire preuve d’un art consommé de la diplomatie. Mélange habile d’ouverture d’esprit et de fermeté.

« Pour être crédible, il faut aller au contact des hommes, notamment sur les chantiers » Paul Damestoy, président de Nord Transmission.

Reprise rime parfois avec surprise. Pas toujours excellente.

En février 2019, quelques semaines après avoir repris une entreprise de gros œuvre de dix salariés, Michel C. a vu son très efficace conducteur de travaux… partir chez une major. « Il avait déjà eu des propositions et a profité du départ du patron historique pour passer le pas » se souvient un des accompagnateurs de cette transmission ratée. L’humain d’abord ! Dans le bâtiment, un secteur où les TPE-PME sont plus nombreuses qu’ailleurs, les équipes sont souvent plus fidèles au patron… qu’à l’entreprise. Une gageure pour les candidats à la reprise, condamnés à gagner la confiance des « gars » lorsqu’il débarque à la tête d’une société. « C’est la chose la plus compliquée ! » témoigne Thomas Vanneste.

Thomas Vanneste, repreneur de VRB à Halluin-min
Thomas Vanneste, repreneur de VRB à Halluin

En janvier 2019, à seulement 33 ans, cet ex-directeur de travaux chez Bouygues a repris VRB, entreprise d’Halluin spécialisée dans le bardage et l’ossature bois. L’envie le titillait de diriger une PME sans pour autant avoir l’âme d’un créateur d’entreprise. Après avoir été présenté par le cédant, le jeune homme, novice dans le bardage, a reçu ses 10 nouveaux collaborateurs un par un. « Je leur ai dit que je n’étais pas là pour changer ce qui fonctionnait, que je n’allais pas être trop lourd sur les nouvelles exigences de sécurité et qu’on allait continuer à maîtriser ce qu’on savait faire avant de se lancer dans d’autres compétences ». S’imposer… sans faire peur.

Un préalable avant de développer sa propre vision de l’entreprise : encourager l’autonomie de ses collaborateurs. Une patte personnelle qui s’oppose alors au paternalisme de l’ex-patron, plutôt du genre à suppléer ses gars sur les chantiers en cas de coup dur. Evolution qui chagrine deux ouvriers parmi les plus anciens. « Je les ai laissé partir… Même s’ils ont des supers compétences, pas question de garder des gens avec lesquels le feeling ne passe pas » tranche Thomas Vanneste, « ma chance ? La moyenne d’âge était de moins de 30 ans ».

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