Les fondateurs de Cellumat, producteur de blocs en béton cellulaire ont réussi à transformer une aventure entrepreneuriale en succès industriel. Moins de huit ans après son installation à Valenciennes, le groupe rayonne dans la France entière et en Belgique, porté par le pouvoir isolant de son matériau et l’essor du marché

Quel matériau de construction peut se prévaloir d’être à la fois léger, solide, isolant, facile à mettre en oeuvre, découpable sur chantier… Le béton cellulaire bien sûr ! Ce qui n’était, il y a quelques années, qu’une originalité dans le secteur, se taille une place de plus en plus importante. Les volumes sont bien sûr loin du parpaing traditionnel, mais tout confondu, il se taille 5% du marché français des matériaux de structure. Dominique De Cock a donc eu du flair lorsqu’il lance son projet, en 2007, de production de bloc cellulaire en France. L’ancien cadre dirigeant d’Ytong voit dans ce marché un gros potentiel. Mais il veut innover, bousculer le marché et prendre son indépendance. Un pool d’investisseurs, des partenaires, les plans de l’usine… tout est prêt, il faut un site. « Valenciennes a été le territoire le plus dynamique pour nous accueillir, raconte, huit ans plus tard, Pascal Stasiak, le directeur général de Cellumat SAS. Nous profitons de la proximité de grandes infrastructures de transports, d’un canal à grand gabarit pour l’apport en granulats, et du marché belge, bien entendu, plus mature que la France ».

Outil de pointe

C’est donc à Saint-Saulve, à quelques centaines de mètres du cœur de Valenciennes, que Cellumat décide d’investir près de 23 millions d’euros (au total depuis 2008) dans un outil industriel de pointe d’une capacité de 235 000 m3 par an. L’installation est impressionnante, les trois autoclaves dédiés à la cuisson émettent, en cette journée froide de février, une vapeur qui couvre le site. A l’intérieur, la robotique a pris le relais, avec en amont de la cuisson le process de mélange puis de maturation du béton, et en aval les opérations de découpe et de palettage. Cela change des installations classiques ! Ici, comme un bon pain, le mélange doit être levé à une température très précise. La pâte est ensuite prédécoupée au fil avant d’être cuite à basse température (80°). Et Cellumat ne cesse d’investir. En deux ans, il a automatisé une ligne de production, construit (avec les cadres commerciaux) le bâtiment du personnel de production, acquis une chaudière à haut rendement et développé un nouveau produit, un granulat isolant, le Granulège. « Ce produit est issu d’une reflexion sur le recyclage de nos chutes, raconte Pascal Stasiak. Il permet de réaliser une couche ultra-isolante, pour des application horizontales ou verticales ». Le Granulège vient d’ailleurs de remporter le label d’Or du concours de Sageret « Elu produit du BTP par les professionnels ».

Gamme large

Ce produit vient compléter une gamme de produits déjà très large sur le bloc. Vendus par le réseau du négoce professionnel, les produits Cellumat nourrissent la construction de maisons individuelles autant que d’habitat collectif. « Dans le Nord, le succès du béton cellulaire pour les immeubles – 70% de nos ventes – est impressionnant », note d’ailleurs le directeur général qui ne manque pas de rappeler qu’une gamme de blocs de grande dimension permet aux constructeurs de gagner en productivité sur leur chantier. Le « Gigabloc » de 120×60 se décline avec toutes les épaisseurs, de 15 cm à 50 cm. Il est mis en œuvre sur site avec une grue à pince adaptée.

Le bloc standard de 60×25 est aussi déployé sur toutes les épaisseurs, de 20 cm jusque 36,5 (R de 4,23). Pour aller plus loin, un bloc 60×20 est poussé à 40 cm et 50 cm d’épaisseur pour atteindre un U (conductivité thermique) de 0,17… de quoi attendre de pied ferme la RT 2020 ! Pour compléter la construction d’une maison individuelle, Cellumat propose également des coffres de volet, des planelles isolées ou des blocs de chaînage horizontal.

Finalement, le principal frein au développement du cellulaire reste l’inertie du secteur. «Nous travaillons beaucoup sur la prescription, dévoile Pascal Stasiak. Mais ce sont bien les maçons qu’il faut convaincre aujourd’hui. Outre la pose à joint mince, j’aime à dire que le bloc de béton cellulaire accepte la correction sur chantier, grâce à une découpe très facile, et sans toucher à la performance ». Une carte de plus ?

 

 Les secrets du cellulaire

A la fois résistant mécaniquement, isolant et léger, le béton cellulaire semble être une mixture bien complexe. Que nenni, c’est finalement l’air enfermé dans le produit expansé qui lui offre toutes ses qualités. Avec 1 m3 de matière première, Cellumat produit 5 m3 de béton cellulaire. Les 20% de matière solide que l’on trouve dans un bloc sont constitués de 60% de sable silicieux, 17% de ciment portland, 13 de chaux, 8% de béton cellulaire recyclé, 2% d’anhydrite et quelques gouttes (0,05%) de pâte d’aluminium. La résistance mécanique est, elle, à mettre au crédit des « cristaux de tobermorite », la structure de la partie solide. Les blocs étant pleins, les murs élevés sont ainsi d’une forte résistance.

 

Pas encore abonné ?

En savoir plus
Fermer

Pourquoi s'abonner à la Chronique ?

Pour accéder :
  • à l'actualité BTP régionale
  • aux appels d'offres
  • aux indices-index
  • aux annonces légales
Avantages :
  • L'info métier et marché, partout et tout le temps, grâce à notre site
  • Un magazine mensuel miroir de l'activité locale
2 formules :
  • 1 an (10 magazines + web illimité) : 290 euros
  • 2 ans (20 magazines + web illimité) : 448 euros (soit 30% de réduction)
La version de votre navigateur est trop ancienne

Vous ne pourrez pas afficher de manière optimale le contenu de ce site. Télécharger

×
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d’intérêts.