Le quartier de la gare d’Arras pourrait être requalifié à grande vitesse. C’est le souhait de la communauté urbaine et de la Ville, qui ont lancé le projet mi-septembre, à peu de distance des élections municipales. Après une concertation publique express, différents «scenarii d’aménagement» seront présentés fin octobre et un schéma directeur adopté début décembre !

 

Aujourd’hui, les décideurs ne disposent pourtant que d’un diagnostic assez général, établi par les architectes-urbanistes Saison-Menu (avec Slap, paysagiste et Egis). «La place située devant la gare est dominée par la circulation automobile, explique Quentin Gérard, représentant du cabinet lillois. Il faut rendre de l’espace aux piétons et aux modes doux. Le stationnement est à réorganiser. L’architecture des immeubles est en concurrence avec les arbres et peut être mieux mise en valeur.

Enfin, ce morceau d’Arras situé à l’arrière des voies est enclavé ; le passage souterrain actuel ne suffit pas à connecter la gare avec cette partie de la cité». «Les aménagements datant des années quatre vingt dix ne sont plus en accord avec l’image de marque de notre territoire, devenu central dans les Hauts-de-France, et ne correspondent plus aux besoins de mobilité des habitants d’Arras et des voyageurs», estime Frédéric Leturque, maire de la Ville et vice-président communautaire chargé de l’urbanisme. Nous voulons apporter dans ce quartier de l’intelligence, de la douceur, du confort». 

MOBILITÉS ET IMMOBILIER

Chance : la SNCF est décidée à «bouger» elle aussi. Membre du comité de pilotage du projet, sa filiale «Gares & connexions» se dit prête à restructurer la gare, qui voit passer 4 millions de voyageurs par an, et à y installer de nouveaux commerces et services. «Elle deviendrait un hub et une vraie porte d’entrée pour la région d’Arras», s’enthousiasme Pascal Lachambre, président de la communauté urbaine. Et d’évoquer un début de travaux sur la place dès 2021 et une fin de chantier dans cinq à six ans… Mais ce train en cache un autre. Les collectivités et la SNCF discutent d’une opération-tiroir d’envergure dans le même secteur. La société nationale pourrait regrouper ses personnels locaux dans l’ancien centre de tri postal, jouxtant les rails ; l’achat de l’immeuble auprès de La Poste est en cours. Elle libérerait du coup des bâtiments qu’elle occupe dans la zone de «la petite vitesse», un faisceau de voies désaffecté, proche de la gare. La communauté urbaine d’Arras rachèterait cette emprise, et participerait aux frais de transfert des activités cheminotes, pour un montant global que Pascal Lachambre situe à 7,5 M€. Une fois propriétaire de cette friche de 4,2 hectares, l’établissement intercommunal pourrait y promouvoir un programme de logements et de commerces (30 000 m² selon une première évaluation). Des études laissent aussi entrevoir des possibilités de construction de bureaux et même d’une petite «cité administrative» rassemblant des services de l’Etat.

PLUI d’Arras: l’épine des fonds de jardins

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Quentin Gérard de Saison & Menu, architecte DESL et chef du projet avec Frédéric Leturque, maire d’Arras.

Ce ne sont que 244 hectares, moins d’un pour cent du territoire d’Arras. Et pourtant, cet ensemble de 600 parcelles, qui font partie de jardins privés, est une épine dans le plan local d’urbanisme établi par la communauté urbaine avec 39 communes de son ressort. Leur classement en zone UJ (zone paysagère à la constructibilité limitée) a l’heur de déplaire à leurs propriétaires. Le document d’urbanisme intercommunal, arrêté par les élus en décembre dernier, est passé ensuite à la moulinette de l’enquête publique. Et les commissaires chargés de la synthèse des contributions ont fait écho aux protestations sur le sujet. Ils ont demandé à la communauté d’effectuer un nouvel inventaire des terrains à classer en UJ et d’y autoriser l’implantation ou l’extension d’habitations. Si ces réserves ne sont pas levées, l’avis favorable qu’ils ont accordé au Plan serait remis en cause. Une réunion publique organisée mi-septembre à Achicourt a permis de mesurer la difficulté de la situation. Quand les pouvoirs publics parlent trame verte et bleue et biodiversité, des particuliers répondent valorisation de leur bien et même «contribution à la densification urbaine». Dans une proportion qui reste à définir, l’établissement intercommunal devra desserrer le verrou de la constructibilité. La réflexion est en cours. Le PLUI amendé sera soumis à l’approbation du conseil communautaire en décembre.

 

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