Souvent réservé jusqu’ici aux bâtiments très énergivores tels les centres aquatiques, le marché public global de performance (MPGP) se généralise aux écoles, aux salles de sports et aux bâtiments administratifs (à l’image de la future cité administrative de Lille).

Zoom sur les implications de ce type de contrat inédit avec le nouveau complexe scolaire de Wavrin.

Par Alexandre Lenoir

Nous ne disposons pas des agents pour gérer la maintenance de l’école et nous voulons maîtriser au maximum les consommations d’eaux et d’électricité ». Voilà comment Marie Boulet, DGS de la Ville de Wavrin justifie son choix de recourir à un MPGP. En clair, du temps et de l’argent… pour le siècle à venir. En partant du principe que le bâtiment scolaire de plain-pied en béton inauguré en septembre dernier durera aussi longtemps que son prédécesseur en brique.

Le MPGP ? Un contrat issu de la réforme de la commande publique, avatar des contrats de conception-réalisation-exploitation-maintenance (CREM). Le principe est simple : le constructeur s’engage à obtenir une performance du bâtiment pour une durée déterminée (entre 3 et 5 ans en général). Sans quoi, il s’expose à des pénalités.

Autant dire l’importance de bien établir les responsabilités de chacun en amont. « Nous avons eu de très longs échanges pour rédiger la convention de groupement », reconnait Yann Vergeot, responsable commercial de BC Nord, l’entreprise de construction (filiale du groupe Baudin Chateauneuf) à la tête du groupement vainqueur du dialogue compétitif mis en place par la mairie pour choisir son opérateur.

Une étape préparatoire vertueuse « qui nous oblige à se dire tout de suite les choses et qui soude les équipes dès les premières réunions techniques » relate Yann Vergeot.

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Sur une parcelle de 1,8 hectare le complexe scolaire de
plain-pied comprend 600 m2 de locaux : une maternelle, une
primaire, un pôle périscolaire (motricité, bibliothèque) et une
cantine.

TRAVAIL COLLABORATIF

Pour la nouvelle école de Wavrin, le bureau d’études pour l’exploitation maintenance (Hexa Ingénierie) et le mainteneur (Idex) ont été associés à la conception dès les premiers plans. De quoi rassurer le constructeur mandataire et l’architecte qui auront à en référer au maître d’ouvrage, une fois le bâtiment livré. « Dès les premières semaines d’exploitation, on ressent que l’échange est plus facile qu’en maîtrise d’ouvrage publique classique.

Tout le monde se penche sur le sujet » témoigne Christophe Carette, directeur d’HDM Ingénierie, le bureau d’études en charge de la partie technique (structure, VRD, fluides). Facilité par une conception en BIM, ce travail collaboratif a permis des aménagements permanents tout au long du chantier : par exemple, la pose de trois centrales de traitement d’air plutôt qu’une pour assurer la continuité du système ou l’installation de sondes CO2 pour réguler l’apport d’air neuf en évitant l’air trop sec.

En plus de cette disponibilité continue de l’équipement et de la qualité de l’air, la Ville a exigé le respect de la biodiversité des jardins paysagers entourant l’école et surtout … de belles performances énergétiques. Le groupement s’est engagé à atteindre une RT 2012 – 30 %.

En chiffres

Coût global du projet : 12, 4 M€HT

Parcelle du terrain : 12 000 m²

Surface totale de l’école : 6 400 m²

TESTS DE MISE EN SERVICE

Avant ces améliorations, le maître d’ouvrage avait émis un maximum de suggestions grâce au dialogue compétitif lancé fin 2016 entre les trois groupements retenus.

Une procédure de passation de marché particulièrement adaptée au MPGP en ce qu’elle permet à l’acheteur de bénéficier au mieux de l’expertise des candidats. « On a pu pousser le projet le plus loin possible » relate Clément Derly, architecte chez DSA (Damien Surroca Architectes) qui a dessiné le bâtiment en béton de 6 400 m2 . « Pour un projet aussi exigeant que celui-ci en termes de maintenance, il faut se donner du temps pour bien faire les choses ».

Ensuite elles sont allées beaucoup plus vite : 15 mois de travaux. Avec une vérification accrue du travail des sous-traitants. « Grâce à un encadrement très fort et des tests de mise en service (commissioning) réguliers sur l’étanchéité à l’air, le vitrage, la CTA… » résume Yann Vergeot.

Pour vérifier l’engagement d’une température ambiante de 19°C dans les classes en toute saison, Marie Boulet, la DGS de la Ville a d’ores et déjà demandé les courbes de température du bâtiment du mois de septembre. Et prévoit un bilan à la fin de la période de chauffe.

Si le résultat n’est pas au rendez-vous, tomberont les premières pénalités financières. « Plus la pénalité envisagée est forte, plus on est sûr de notre performance» rassure Yann Vergeot.

Avec quel bonus si le bâtiment affiche des performances meilleures que prévu ? « Le droit d’en faire d’autres ».

Chantier

Maître d’ouvrage : Ville de Wavrin

AMO & Programmiste : 3ème Opus

Bureau de contrôle : Preventec

Coordonnateur SPS : Preventec

Entreprise mandataire du groupement : BC Nord (Groupe Baudin Châteauneuf)

Architecte : DSA – Damien Surroca Architectes

Bureau d’étude : HDM Ingénierie

Acoustique : Serga Acoustique

Paysagiste : SLAP Paysagiste

Bureau d’étude Maintenance & suivi de la performance : Hexa Ingénierie

Maintenance – Exploitation : IDEX

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