Démarrés fin 2016, les travaux de rénovation du Rizomm, le bâtiment phare de l’Université catholique de Lille, 41 rue du Port à Lille, touchent à leur fin. Avec un objectif de label Bepos, les entreprises ont redoublé d’ingéniosité pour transformer cet agrégat de bâtiments en un totem résolument moderne et connecté.

 

« Depuis que la façade du Rizomm s’est élevée dans le quartier Vauban, elle ne laisse pas indifférente », commente Etienne de Boiredon, directeur de l’immobilier de l’Université catholique de Lille (UCL). Une peau camaïeu de noir et de beige a recouvert l’ensemble de trois blocs disparates qui se situait au 41 rue du Port à Lille.
Terminé le rouge brique. Le look est désormais futuriste. Une identité qui colle avec son usage : un bâtiment pour former mais surtout pour expérimenter. Le Rizomm est le nouveau
vaisseau amiral de l’université. Le premier des dix bâtiments de l’UCL qui seront rénovés ou équipés dans une démarche de transition énergétique, appelée Live Tree. Si depuis 2006, le groupe universitaire s’est lancé dans l’aventure, la Troisième Révolution Industrielle ou Rev3 emmenée par Jérémy Rifkin, a été un véritable tournant pour le campus. Dès lors, le projet Rizomm a été suivi de près, obtenant le soutien de l’Europe avec les subventions du programme Life. Une première pour la rénovation d’un bâtiment dont le budget avoisine 12 millions d’euros.

Sous l’esthétique, la technique

Démarrée à la fin 2016, la rénovation n’a pas été simple. « Il fallait envelopper trois époques de construction différentes », détaille Olivier Knapen de l’agence Maes qui a imaginée l’architecture.
Elle s’est traduite par une couverture extérieure aux usages multiples : « Isoler mais aussi protéger leur façade du soleil orientée sud – sud-ouest, tout en tirant le bénéfice de cette énergie », poursuit-il. Un défi qu’ont accepté de relever l’Entreprise Ecopolo et le fabricant autrichien de briques de terre cuite Wienerberger. Le regard se perd dans cet ensemble de barreaux en terre cuite « brise-soleil », horizontaux et verticaux différents. « 3 tailles, 6 teintes, au total 6 kilomètres de barreaux », sourit Loïc Lemaire, gérant de l’entreprise Ecolopo située à Bondues. Les chiffres font
tourner la tête. Autant que la première fois que le dirigeant a considéré le chantier dans le quartier de l’université. Une petite ville dans la ville où circulent constamment les étudiants et les enseignants. « Il a fallu s’organiser et créer un atelier pour prémonter les barreaux. Les ouvriers préparaient sur un damier les barreaux selon l’ordre et la longueur », rend compte Loïc
Lemaire. L’ensemble, disposé sur des palettes, était ensuite envoyé sur le chantier pour être accroché sur la structure porteuse. Autres détails qui avaient leur importance pour
l’accroche : un débord de 500 millimètres dû à l’isolation par l’extérieur de 200 millimètres et le poids des briques en terre cuite.
Dans une logique de label Bepos, l’ensemble est coiffé de près de 1200 m² de surface de panneaux photovoltaïques.
L’UCL en imagine à terme 5 000 m² pour consommer sa propre énergie et en distribuer à ses voisins via un réseau intelligent ou « smart grid ». Première rentrée dans ce vaisseau du futur en septembre.

IMG_0691Un bâtiment « expérimentateur »
« Plus qu’un démonstrateur, le Rizomm sera un expérimentateur », résume Pierre Giorgini, président-recteur de l’UCL qui entend faire de ce bâtiment recevant les étudiants d’économie, un véritable lieu de recherche. Il a vocation à accueillir des chercheurs de disciplines différentes pour tester ses capacités grâce à un espace « Plug & play » pour y brancher des équipements et voir évoluer les données. Les
ingénieurs s’attendent d’ailleurs à en traiter un grand nombre et étoffent d’ores et déjà leur savoir-faire dans le Big Data. Mais le bâtiment totem sera aussi un lieu
d’étude sociologique pour surveiller à la loupe le comportement des usagers, maillon
essentiel pour arriver au zéro carbone. L’UCL a même imaginé des challenges éner-
gétiques entre différents bâtiments. « Le Rizomm a été conçu pour que les élèves
et les enseignants gardent la main sur la gestion du confort, explique Benoît Bourel,
vice-recteur en charge de la responsabilité sociétale. Mais réagiront-ils de la même
manière que chez eux ? » Autant de questions que l’UCL imagine expérimenter pour
dresser un bilan des bonnes pratiques et qui donnera des idées dans le suivi des
performances énergétiques de bâtiments.

La fiche
Maître d’Ouvrage :Université
Catholique de Lille
Architecte : Agence Maes
Surface de terrain : 1714 m2
Coût : 12 millions d’euros
avec le soutien du Crédit Coopératif,
de la Banque européenne
d’investissement et de la Commission
européenne.

 

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