A Courtrai (Kortrijk, Belgique), un projet urbain combinant audace et pragmatisme propulse un quartier d’habitat social au top énergétique. C’est Venning… vidi, vici !

Le quartier d’habitat social Venning, à Courtrai, est passé par une petite porte ! L’ensemble de maisons vétustes et sans confort, datant des années soixante, faisait un peu mauvais genre dans la cité flamande, qui affiche son opulence à une trentaine de kilomètres de Lille. Au début du siècle, la municipalité envisageait de le démolir en bonne partie et de vendre les terrains libérés à des promoteurs privés. La donne a changé en 2006 quand Ilse Piers a pris la direction de Goedkope Woning, la société gestionnaire de Venning. « Une étude fine du quartier nous a confirmé sa mauvaise qualité résidentielle et environnementale mais elle a aussi pointé la cohésion sociale qui y régnait, rapporte l’intéressée. Nous avons décidé de nous appuyer sur ce trait majeur pour engager une restructuration, répondant à la fois aux besoins de nos locataires et aux demandes de logements qui nous parviennent en rythme soutenu ».

Un record de vitesse

Le bailleur a sauvé la vocation de Venning et l’Union européenne l’a transcendée. Avec l’appui du cabinet d’architectes BURO II & ARCHI+I, le maître d’ouvrage a pu bénéficier du programme «Concerto», dédié à l’amélioration énergétique. Soit une subvention de 3,5 M€, sur un budget total de 33 M€. Le reste du financement est venu de la trésorerie accumulée par Goedkope Woning (du fait de l’absence de gros travaux sur son parc pendant des décennies) et d’un prêt sans intérêt consenti par la Région de Flandre. « L’apport européen n’était pas énorme mais il nous a permis de faire des études approfondies, commente Stéphane Degroote, architecte pilote de la maîtrise d’œuvre. Et surtout, les exigences posées par Bruxelles nous ont amenés à hausser notre ambition ». Parmi les contraintes, la moindre n’était pas de réaliser l’opération en six ans. Défi relevé, à partir de 2009, par des Flamands très pragmatiques. Dans le délai imparti, le plan d’urbanisme local a été révisé et le programme déroulé. 115 habitations (dont certaines n’excédaient pas 30 m²) ont été démolies et leurs occupants relogés transitoirement. En partant du bord d’un canal, trois immeubles collectifs de hauteurs variables ont été édifiés, reliés entre eux par un système de chemins, de terrasses et de jardins. Ils offrent 70 appartements, occupés essentiellement par les anciens habitants du quartier ; certains petits bâtiments sont partagés par une personne handicapée et une famille. D’ici à fin 2015, à l’arrière des immeubles, 64 habitations individuelles seront livrées; elles sont disposées en rangées et dotées chacune d’un jardin. Enfin, autour d’une petit parc, 50 maisons d’origine, d’abord entièrement désossées, auront été refaites de fond en comble.

Sus aux friteuses

Concerto aura joué un rôle de «booster» en performance énergétique. Les logements neufs ou rénovés sont isolés par l’extérieur et équipés de VMC double et simple flux. Les balcons métalliques des immeubles collectifs sont suspendus pour éviter tout pont thermique. Les fenêtres supportent des triples vitrages. L’ensemble du quartier est alimenté en eau chaude par une chaudière collective à bois et un système d’appoint au gaz. Moyennant quoi, la consommation d’énergie dans les appartements atteint à peine 12 kWh/m².an. Dans les maisons, elle est comprise entre 12 et 32 kWh/m².an, selon le type de VMC installé. C’est mieux que les normes françaises 2012, en construction comme en rénovation. Le coût de construction des nouveaux logements s’élève à 1 330 € le mètre carré, y compris des parkings aériens et semi-enterrés. Ni la directrice de l’organisme bailleur, ni les maîtres d’œuvre de BURO II & ARCHI+I, ne sommeillent toutefois sur leurs lauriers. Le chantier n’est pas achevé et des chercheurs de l’université de Gand vont poursuivre et affiner les mesures effectuées sur les premiers logements. L’accompagnement des habitants reste aussi à l’ordre du jour, dans un projet qui s’est voulu le plus « participatif » possible, de la conception à l’usage. Et les discussions sur la maîtrise de l’énergie prennent parfois un tour délicieusement belge : comment, pour le bien des portefeuilles et de la santé générale des locataires, réduire l’usage très fréquent des friteuses électriques ? Enfin, l’arrivée prochaine, dans les maisons individuelles du quartier, d’une population tout à fait nouvelle demande à être réfléchie et bien préparée…

Pas encore abonné ?

En savoir plus
Fermer

Pourquoi s'abonner à la Chronique ?

Pour accéder :
  • à l'actualité BTP régionale
  • aux appels d'offres
  • aux indices-index
  • aux annonces légales
Avantages :
  • L'info métier et marché, partout et tout le temps, grâce à notre site
  • Un magazine mensuel miroir de l'activité locale
2 formules :
  • 1 an (10 n° + web illimité) : 290 euros
  • 2 ans (20 n° + web illimité) : 448 euros (soit 30% de réduction)
La version de votre navigateur est trop ancienne

Vous ne pourrez pas afficher de manière optimale le contenu de ce site. Télécharger

×