Démarré en octobre 2013 pour une durée de six ans, le plan d’éclairage public de Lille, remporté par Vinci devant Bouygues promet de belles économies d’énergie. Tout en améliorant le cadre de vie.

Comment faire des économies d’énergie sans baisser la lumière ? « En optimisant l’éclairage » répond Stéphane Baly, élu EELV en charge de l’énergie à la ville de Lille. Démarré en octobre 2013 pour une durée de six ans, le Plan lumière de Lille, Lomme et Hellemes promet un renforcement de l’éclairage à certains endroits propices au développement d’un sentiment d’insécurité : les passages piétons, les abords des écoles, les pistes cyclables et les sorties de métro. Et ce, sans dépenser davantage grâce à de nouvelles technologies permettant une meilleure adaptation aux usages :  des détecteurs de présence à proximité des passages piétons ou sur les pistes cyclables ou encore des modulateurs d’intensité lumineuse en fonction des heures d’entrée et de sorties de classe. « Du matériel éprouvé qui permet d’être créatif sans faire supporter à la collectivité le coût d’innovation de ces nouvelles technologies », résume Alain Grisval, responsable développement – collectivités locales chez Citéos.

Pour passer de 4300 à 4000 heures d’éclairage annuel, certains endroits seront également plongés dans le noir. C’est le cas de certains jardins publics fermés la nuit (comme les parcs Jean-Baptiste Lebas ou Lardemer), mais aussi des lieux contenus dans la trame noire du parc de la Citadelle : un corridor où la lumière artificielle est supprimée ou réduite, afin de favoriser la biodiversité.

Quand la lumière attire…

Ces mesures devraient engendrer une économie d’énergie de 21%. Dans la lancée du précédent marché d’éclairage qui, entre 2004 et 2013, avait permis de réduire de 42 % les consommations énergétiques liées à l’éclairage, grâce à la rénovation de plus de 60 % des 26 000 points lumineux recensés à Lille (lampadaires urbains, éclairage des bâtiments publics, des installations sportives…)

Pour atteindre son objectif, le Plan lumière actuel prévoit le déploiement de sept nouvelles centrales de production d’énergie photovoltaïque sur toitures fournissant 168 MWh supplémentaires par an, dont la plus importante (91 MWh) a déjà été installée sur la toiture de la Halle de Glisse à Lille-sud.

Entre sécurisation des endroits sous-éclairés et chasse aux gaspis de lumière, le Plan lumière inclut aussi la nécessité pour Lille de tenir son rang de capitale culturelle, commerciale et touristique. Outre les illuminations ponctuelles lors d’événements festifs, la place de la République et la place Richebé feront ainsi l’objet d’un toilettage lumineux avec de nouvelles installations au design original. Grâce à un nouvel éclairage, la rue Gambetta devrait voir son attractivité commerciale renforcée. Dernier volet de ce Plan lumière ambitieux : une coopération avec la ville jumelée de Saint-Louis du Sénégal prévoyant des installations sur deux axes majeures de la ville et des transferts de compétences pour les agents de son service d’éclairage public. Une autre manière de diffuser la lumière.

Un opérateur à deux têtes… et trois partenaires

Le marché d’éclairage public de Lille et ses deux communes associées Hellemes et Lomme a été remporté par un groupement de deux opérateurs Cofely Ineo du groupe GDF-Suez et Citeos, filiale du Groupe Vinci Energies. Les deux acteurs se sont partagé la ville à 50/50 : Hellemes et les quartiers périphériques (Lille-sud, Fives, Faubourg de Béthune) pour Citéos, Lomme et le cœur de ville pour Inéo. Une répartition nécessaire en raison de la taille du marché englobant 26 000 points lumineux. La candidature sortante était elle aussi bicéphale : Bouygues Energie Service associé à Citélum. Le dialogue compétitif d’une durée de 18 mois a mis aux prises ces deux concurrents qui avaient l’avantage d’être adossés à deux fournisseurs d’électricité, contrairement à Eiffage qui s’est vite retiré de la course faute d’un partenaire énergéticien. Associé à GDF qui promet de fournir une énergie 100% renouvelable et une optimisation tarifaire pendant 2 ans, l’offre Inéo-Citéos a permis de tailler des croupières à Bouygues associé à EDF, fournisseur historique des collectivités en électricité.

Pour remporter le marché, Inéo-Citéos s’est aussi appuyé sur des bureaux d’études spécialisés dans l’éclairage urbain. Néo-light a mené les études de mise en valeur des bâtiments historiques (porte de Paris, palais Rihour…) et en assure la maîtrise d’œuvre. Radiance 35 a monté le schéma directeur de l’aménagement lumière afin de proposer l’éclairage le mieux adapté en fonction des lieux (zone commerçante, quartier périphérique, cœur de ville…). Enfin, l’artiste lumière Miguel Chevalier a suivi l’agenda 21 culturel de Lille en proposant des évènements ponctuels : vidéo-mapping, spectacle son et lumière…

En partenariat avec le Groupe Vitamine T (entreprise d’insertion par l’activité économique) et la Fondation Agir Contre l’exclusion pour employer 6 personnes en contrat d’insertion sur la durée du contrat, Cofely Ineo et Citeos ont promis de faire appel à des PME locales et régionales pour des contrats de sous-traitance portant sur la conception lumière et la reconstruction du parc d’éclairage public.

 

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