Vous ne connaissez pas le « Cradle to cradle »? Nous non plus, jusqu’à ce que l’on rencontre Olivier Jost, architecte fondateur de l’agence Ekoa à Lille, qui porte un projet totalement recyclable, un bâtiment en structure bois pour accueillir la maison du projet La Lainière à Roubaix.

 

Littéralement « du berceau au berceau », le mode constructif « cradle to cradle » est finalement simple à comprendre : l’ensemble du bâtiment, de la fondation à la poignée de porte, doit avoir un impact neutre, voire positif sur l’environnement. Un esprit que la SEM Ville renouvelée voulait tester. La construction de la maison du projet de la Lainière lui en offre l’opportunité. Olivier Jost de l’agence Ekoa à Lille, associé à l’espagnol Carlos Arroyo avec Tribu et Sogeti en bureaux d’études, ont donc conçu un bâtiment expérimental qui cumule des procédés innovants et des matériaux durables.

Fondations sur pieux vissés

Les concepteurs disposaient d’un programme assez simple : 540 mètres carrés pour y loger quelques bureaux et une grande surface d’exposition. Première décision : l’espace événementiel ne sera pas chauffé, simplement ventilé et la salle de réunion qui ne devait servir que ponctuellement sera… gonflable ! « Pourquoi figer un espace qui ne sera que peu utilisé ?, demande l’architecte. Le Cradle to cradle implique la réversibilité de nos interventions, c’est tout l’enjeu de ce projet ». Les pièces sont des cuisines ou des bureaux en fonction du mobilier mobile et ingénieux que l’on installe. Conçu par l’équipe, ce mobilier est une des forces du projet et subit les mêmes contraintes que le bâtiment.

Pour ce dernier, tout doit être recyclable, mutable, ou démontable. Les fondations sont par exemple fondées sur pieux métalliques vissés. En fin de vie du bâtiment, elles pourront être retirées sans laisser de traces. La structure de poteaux CLT et de poutres en lamellé collé supporte un mur périphérique en ossature bois, doublé par l’intérieur de briques en terre crue. « Je viens de Savoie, j’ai grandi dans une maison en pisé que je voulais introduire dans le projet. Mais il nous fallait un Atex pour ce produit pourtant traditionnel », se désole Olivier Jost. Ce sera finalement un bardage en bardeaux de bois pour habiller l’ensemble.

Bon sens contre règlement

Et comme tout doit être neutre pour l’environnement, la finition sera très légère. Un peu d’huile pour charger le bois suffira. Côté plomberie, les toilettes sont totalement sèches, seules les eaux grises sont reversées au réseau. Si le bâtiment doit obligatoirement être relié au réseau, l’assainissement pourra se faire par lagunage, lorsque les règles de construction l’autoriseront. «Les contraintes réglementaires, plus que le budget, rendent l’exercice compliqué.

Et c’est pour l’assainissement que nous avons eu le plus de mal à trouver des produits totalement sains ». Pour ce projet, dont les appels d’offres viennent d’être publiés (voir dans ce numéro p. 30), l’équipe a été aidée d’une AMO spécialisée : Lateral Thinking Factory à Bruxelles et EPEA à Paris.

 

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