Le 3ème bâtiment de l’école Paul Sion, achevé avant l’été 2021, en bois de peuplier et de chêne local.
Démarrée en mars 2020, la réhabilitation thermique du complexe scolaire mise sur le tout bois local. Un projet mené dans la même veine que la crèche par l’architecte Laurent Baillet.

En misant sur le bois pour son centre multi-accueil de la petite enfance, « pépite » pour ses élus primée en région en 2016, la ville de Courcelles-les-Lens ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. Trois ans après, la ville faisait de nouveau appel à l’architecte Laurent Baillet, basé à Lille, pour la réhabilitation énergétique et l’extension de l’école Paul Sion, située rue des Fusillés. Réalisée en béton préfabriqué, il y a près d’un demi-siècle, ce complexe réparti en 3 bâtiments n’était plus adapté tant au niveau de l’accessibilité des personnes à mobilité réduite qu’au niveau des conforts d’hiver et d’été. Et la ville, désormais entre les mains d’Edith Bleuzet, avait envie de transformer ce tantôt four l’été, tantôt frigo l’hiver, en un bâtiment à haute qualité environnementale.

« Nous sommes dans une dynamique d’utilisation de la bonne essence au bon endroit. Comme ici : le chêne pour le bardage et le peuplier en structure. Un type de bois auquel je veux rendre ses lettres de noblesse », Laurent Baillet, architecte du projet.

Un projet dans les cordes de Laurent Baillet qui s’est spécialisé au fil des années sur une conception nec plus ultra environnementale en misant sur les énergies renouvelables et les matériaux biosourcés comme le bois, qui plus est local. «Nous sommes dans une dynamique d’utilisation de la bonne essence au bon endroit. Comme ici : le chêne pour le bardage et le peuplier en structure. Un type de bois auquel je veux rendre ses lettres de noblesse», explique celui qui murmure à l’écorce des bois.

MINIMISER LA TRANSFORMATION

Chaque essence possède ses spécificités et a donc une utilisation particulière et appropriée dans le système constructif. Et le peuplier a justement des caractéristiques appréciables. A l’image du « tremble », cousin germain du peuplier ou du «robusta», favori de Laurent Baillet, pour ce projet. Avec des qualités mécaniques qui l’élèvent largement au rang de résineux. Son bois scié peut aujourd’hui être classé sur une échelle de résistance au niveau C24 grâce à un équipement homologué sous l’impulsion régionale.

Pour tenir l’équation budgétaire, Laurent Baillet a travaillé, avec le bureau d’études Ingébois, la scierie Lavogez et le charpentier Sébastien Gressier, une enveloppe extérieure bois avec le moins de transformations, privilégiant plutôt le temps pour permettre au bois de se stabiliser après sciage, que ce soit pour le peuplier travaillé en bois court ou le chêne posé juste après la phase de rééssuyage. L’avantage ? Une réduction des coûts. Ce qui donne à la réalisation un aspect brut mais qui s’altère peu avec le temps si ce n’est son éclat. Un procédé inspiré des visites de l’architecte dans les pays du Nord, tout comme cette teinte rouge à base d’oxyde de fer, récurrente dans les projets de Laurent Baillet.

Côté isolation, on ne change pas le matériau fétiche avec l’utilisation de la fibre de bois et de la laine de bois choisies pour leur inertie. Posé sur d’épais tasseaux, le bardage fait effet de double peau. Ainsi, les instituteurs et leurs élèves n’ont pas eu chaud lors des fortes chaleurs en septembre 2020. A l’inverse en hiver, ils confèrent une isolation suffisante pour assurer l’équilibre thermique avec une chaudière gaz et de petits radiateurs.

Chaque bâtiment possède une centrale de traitement d’air.

Chaque bâtiment possède une centrale de traitement d’air. Avec l’installation sur le bâtiment d’entrée de capteurs photovoltaïques produisant près de 9 kWc de puissance, l’école peut se targuer d’obtenir également un bon bilan en énergie renouvelable. L’ensemble sera garni d’arbres, le maître d’œuvre vigilant à la déminéralisation de l’ensemble du site. Les travaux entamés courant 2019 viennent de s’achever au grand soulagement d’Edith Bleuzet, maire de la ville, qui n’exclut pas l’idée de relancer avant la fin de son mandat un troisième « beau projet en bois » du côté de la gare d’eau à Courcelles-les-Lens.

En chiffres

  • 1,7 million H.T. le budget (Financeurs : Europe, Région, département du Pas-de-Calais, Fédération Départementale d’Energie du Pas-de-Calais, ville de Courcelles-les-Lens, maître d’ouvrage)
  • 2019 début du chantier

Les entreprises

  • MOE : Laurent Baillet Architecte dplg, BET Ingébois structures, BET BioClim, BET Akoustik
  • BE contrôle : Dekkra Industrial
  • Coordinateur SPS : CSPS Consulting
  • VRD-Gros oeuvre : Delecroix
  • Charpente – ossature bois : Gressier et Lavogez
  • Menuiseries extérieures : Semit
  • Menuiseries intérieures : Menuiseries services
  • Plâtrerie, Isolation : Savi
  • Electricité : Lesot
  • Chauffage et ventilation, sanitaire : MRB Caloresco
  • Capteurs photovoltaïques : Eiffage energie systèmes
  • Métallerie : Mévital
  • Carrelage, faïence : ACRT
  • Peinture : Créadécor
  • Espaces verts : SNP PJEP
  • Revêtement sols créatifs : La clé des sols

En Région, on planche sur l’approvisionnement

Une plateforme d’approvisionnement a été créée en région Hauts-de-France.

Question bois, la région Hauts-de-France se mobilise. C’est d’ailleurs aujourd’hui près de 40 projets accompagnés via le Fonds régional d’amplification de la Troisième révolution industrielle pour les projets neufs ou des fonds européens pour les réhabilitations. Portée par Fibois Hauts-de-France et soutenue par la Région et Rev3, la « Plateforme Bois HDF » réunissant scieurs, transformateurs, coopératives, … a également été lancée en 2020. « L’objectif, c’est de structurer une filière régionale et d’assurer un approvisionnement en bois de peuplier local. Le stock s’élève aujourd’hui à près de 600 m3 et il est régulièrement renouvelé », précise Sébastien Caron, son responsable basé à Amiens qui rassure : « Nous ne sommes pas touchés par la crise actuelle du bois. En région, le peuplier est une essence courante avec de beaux volumes. » De quoi faire naître des projets vertueux en émission carbone : « Comme la future médiathèque d’Heuringhem, donne-t-il en exemple. Elle sera réalisée par Ramery Construction Bois avec des bois provenant de Fruges, sciés, séchés, aboutés et collés à Lillers et livré avant d’être livrés à Heuringhem. »
Informations : www.plateformeboishdf.fr et contact : Sébastien Caron par mail : sebastien@plateformebois.com ou Tél. : 06.70.66.36.49.

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