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Benoît Loison, dirigeant de la société Loison et Etienne Poncelet-Somville, architecte en chef des monuments historiques

Depuis Armentières, le spécialiste d’ouvrages métalliques peaufine les derniers ajustements. D’ici quelques jours, une équipe partira installer la nouvelle flèche de la cathédrale de Fort-de-France. Un chantier hors normes à plus d’un titre.

Il est des chantiers plus exotiques que les autres. Celui-là en est assurément un. La société nordiste Loison a en effet décroché en 2007 le chantier de la rénovation de la flèche de la cathédrale Saint-Louis à Fort-de-France. Pour redonner ses couleurs d’antan à ce monument construit en 1895, il aura fallu mener un long travail de recherche historique. C’est qu’au fil des rénovations, la flèche normalement ajourée, s’est vue accrocher en 1978 une couche de béton. De quoi ne plus ressembler au dessin d’origine de l’architecte Henri Picq. Sous la houlette d’Etienne Poncelet-Somville, architecte en chef des Monuments historiques, les équipes de Loison ont donc retracé les plans et modélisés en 3D la structure pour répondre à un cahier des charges contraignant, notamment lié au risque de séisme et à une prise au vent importante sur l’île des Caraïbes, coutumière des cyclones. La nouvelle flèche et ses profilés tubulaires sera donc capable de résister à des vents de 300 kilomètres/heure. C’est d’ailleurs en raison de la force des éléments naturels, qu’il avait été à l’époque décidé de construire cette dame de fer religieuse avec ce matériau plutôt qu’en pierre.
Dans les ateliers, il s’est donc joué un travail d’orfèvre pour recréer cette «dentelle» de 12 tonnes, bien plus légère que l’originale et ses 25 tonnes, béton oblige. Cette flèche de 27 mètres et d’un diamètre de 6 mètres supportera une croix de 5 mètres de hauteur. Sur ce chantier, Loison a œuvré de manière transversale, des études de conception à la future installation en passant par la dépose de l’ancienne flèche, réalisée en octobre dernier. Un moment particulièrement technique compte tenu de la hauteur et de l’étroitesse de manœuvre. Début mars, une équipe de Loison se rendra sur place pour procéder au montage. Pour l’occasion, la plus grande grue de l’île a du être réquisitionnée. Pour que cette opération délicate se déroule dans les meilleures conditions, l’ensemble de la flèche a d’abord été montée à l’horizontale dans les ateliers armentiérois. Manière de tester en avant-première avant la fixation in situ. Chaque partie traversera ensuite l’océan dans des conteneurs pour être finalement assemblée sur le toit de l’édifice du XIXè siècle, classé monument historique en 1990. Au total, la fabrication de cette flèche qui devra passer un nouveau siècle aura comptabilisée pas moins de 1 500 heures de travail.

Le socle de la flèche représente 6 mètres de diamètre .
Le socle de la flèche représente 6 mètres de diamètre .

Cathédrale en kit

Une méthode qui rappelle celle usitée à l’époque. Contemporaine de la Tour Eiffel, la cathédrale avait alors été imaginée par Henri Picq pour être dupliquée dans les colonies. Nous sommes au cœur de l’âge d’or de l’époque du fer. Elle est donc pensée en kit pour être acheminée plus facilement. Finalement, ce dessein ne sera jamais réalisé en raison du début de la Première Guerre Mondiale.
La cathédrale de Fort-de-France en sera donc l’unique exemplaire.
Ce chantier fait figure de première pour la société Loison. Créée en 1959 par son père, l’entreprise est aujourd’hui dirigée par Benoît Loison. Elle emploie 160 salariés dont 17 œuvrent dans le bureau d’études interne. D’abord spécialisée en ferronnerie d’art, elle s’est ensuite diversifiée pour désormais répondre à touts types de demandes. A son palmarès de réalisations, on compte par exemple la future Cité du vin à Bordeaux qui doit être prochainement inaugurée, un totem d’une quarantaine de mètres pour la commune de Villeneuve la Garenne, ou encore la métallerie pour le musée du Louvre à Lens. L’année 2016 sera aussi marquée par le chantier de l’hôtel de ville de Chartes, autre monument classé. Forte de ses chantiers-vitrines, Loison s’est donc forgée un solide savoir-faire. Une valeur ajoutée sur des chantiers techniques et de niche, idéale pour faire la différence.loison_hd-3

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