Le pôle Humanités de l’Université Picardie Jules Verne (UPJV) va élire domicile sur le majestueux site de la Citadelle à Amiens. Bientôt entouré d’un parc urbain, ce centre universitaire se veut accessible à tous : étudiants, chercheurs-enseignants, touristes et entreprises. Un projet à 108 millions d’euros dont le gros œuvre a débuté en juin dernier.

Mettre une université dans une citadelle, c’est une bonne idée… à condition que le système soit ouvert et accessible et que, dans la journée, enseignement et vie quotidienne se mélangent. » Renzo Piano, l’architecte sélectionné en mars 2011 pour concevoir le projet tient à ce que l’ancienne Place d’Armes au centre de la citadelle devienne un endroit de rencontres et d’échanges. « Un lieu dans lequel les différences s’estompent, les expériences se mélangent et les peurs disparaissent » décrit un brin lyrique le célèbre Italien. Nouvel espace public de 3 200 m², la place centrale constituera le point de rencontre où convergeront les différentes traversées urbaines hiérarchisées et les principaux accès aux bâtiments universitaires, aux services et aux activités.

Nouvelle étape du redéploiement universitaire en centre-ville, le projet doit permettre de créer un nouveau pôle d’excellence tout en désenclavant un espace fermé au public depuis quatre siècles. L’occasion aussi de valoriser le patrimoine végétal et bâti et de créer un parc de sept hectares dominant la ville et son fleuve. Les espaces publics, le parc, la nouvelle place et le belvédère resteront propriété de la collectivité tout comme les 400 m² de surface dédiées à l’activité commerciale et aux services.

Ouverts sur la ville, les espaces universitaires pourront accueillir, au quotidien, le grand public et seront propices aux usages partagés. Ainsi, les amphithéâtres et les salles de cours des anciennes écuries pourront être louées lors d’événement (congrès, festivals,…). L’espace de présentation des diplômes universitaires tout comme le gymnase pourront servir également de lieux dédiés à la danse, à des concerts ou des conférences…  « On ne construit pas un campus universitaire, mais un parc habité, un quartier mixte » résume Piano.

Patrimoine et innovations architecturales

Le projet s’attache à respecter les bâtiments existants en les adaptant aux besoins. Il propose également une architecture contemporaine inspirée des gabarits des vestiges présents sur le site. Pour concevoir le parc, l’option choisie a été de célébrer l’héritage en révélant l’existant et en redonnant cohérence, forme et contenu aux masses végétales : « Du point de vue de l’architecte c’est un vrai défi que nous accompagnons désormais dans les villes européennes depuis des siècles : l’art de stratifier le nouveau sur l’ancien, sans l’effacer. Il s’agit là de trouver l’équilibre entre les documents de l’histoire, la mémoire, le savoir et le devenir de la ville et de la société qui la dessine » résume Renzo Piano, qui à l’exception de la boite rouge qui culmine au sommet de la Tour Signal, a souhaité que tous les bâtiments respectent la « côte canon ». Ce repère altimétrique correspond à la hauteur du toit terrasse du Grand Casernement et du chemin de ronde qui domine le site, la ville et son fleuve.

Solution originale pour les planchers et les sols

Sur la Place publique et la terrasse du Casernement, un sol écologique à la fois minéral et végétal innovant, « donnant l’impression de flotter sur une moquette épaisse » va être posé. De longues lamelles de terre cuite qui de profil ressemblent à des diabolos posées sur un matelas épais de 50 cm, composé d’un mélange de terre et de craie recouvert. D’une longueur d’environ 1,20 m, ils sont liés entre eux par une attache brevetée en polyamide 6 et par un joint végétal. Un concept développé spécialement par l’industriel Terreal pour la Citadelle d’Amiens. Autre invention de Terreal, le plancher composite des bâtiments de l’université marie le béton et la terre cuite. Le voussoir se compose de longs modules extrudés en terre cuite servant à la fois de coffrage pour la dalle en béton armé, de finition et d’inertie au plafond. Il est aussi isolant et permet  le guidage de l’air et des réseaux.

 

Qui fait quoi ?

Maitre d’ouvrage : AMIENS METROPOLE par délégation de l’Etat

Mandataire : AMIENS AMENAGEMENT et ATEC co-traitant

Maître d’oeuvre: Renzo Piano Building Workshop (RPBW)

Chef de projet : Paul Vincent, architecte associé de RPBW

Structure: AIA INGENIERIE

Réseaux, VRD, Aménagements extérieurs: AIA INGENIERIE

Architecte en chef des Monuments Historiques: Richard DUPLAT

Entreprise Gros oeuvre : Léon Grosse

Façades: RFR / HQE : RFR Eléments / Economiste: SLETEC

Direction des Travaux : CICAD
Le buget prévisionnel total est de 108M€ TTC, dont 94M€ pour la construction des bâtiments universitaires et 14M€ pour celle des espaces publics. Il est assuré par l’Etat (26M€), le Conseil Régional (40M€), le Conseil Général (5M€) et Amiens Métropole (37M€)

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