Du chanvre pour isoler ? C’est le projet porté par Maisons & Cités et soutenu par la région Hauts-de-France, CD2E et le cabinet Opun à Pecquencourt.  Une opération appelé Pecquenchanvre qui entend montrer la faisabilité d’une filière chanvre en région. Un projet d’envergure et une première pour un bailleur social.

Dans la commune de Pecquencourt, Maisons & Cités opère la rénovation de la cité ouvrière Barrois dans le cadre du programme de réhabilitation du Bassin Minier ERBM. Et c’est le chanvre qui a été choisi comme matériau de prédilection pour réaliser l’isolation thermique. Ce chantier test appelé Pecquenchanvre est réalisé sur 50 logements : 30 en béton de chanvre projeté et 20 en blocs de béton de chanvre. Il a débuté mi-avril et se déploiera durant deux ans à un rythme de 6 logements rénovés et livrés par mois.

 

Changement climatique, confort des locataires, évolution des règles de construction, … autant de questions qui ont poussé le bailleur social à se tourner vers l’utilisation de matériaux biosourcés. Maisons & Cités a pu s’appuyer sur les nombreuses expérimentations réalisées dans le giron du CD2E : Réafutur 1 et 2 et Rénochanvre. Autant de réalisations dans le Bassin Minier dont le but était de tester différents isolants biosourcés tels que la laine de mouton, le métisse ou le béton de chanvre pour comparer leur performance dans le cadre d’une rénovation énergétique.

 

Et c’est le chanvre qui est apparu le plus approprié pour réhabiliter les maisons minières en brique. Associé à la chaux, le chanvre constitue un isolant aux qualités environnementales intéressantes. Son inertie assure un confort d’été et d’hiver, son insensibilité à l’humidité lui permet de mieux gérer la vapeur d’eau. Le chanvre a aussi de bonne propriété acoustique et possède une durée de vie plus longue que les isolants traditionnels. 

Faire pousser une filière chanvre

Pecquenchanvre sera un chantier pilote pour démontrer la faisabilité de développer une véritable filière en région Hauts-de-France. Pour cela, Maisons & Cités s’est bien entouré. D’abord du cabinet Opun et du CD2E pour développer le projet, mais aussi du CEREMA, de l’Université d’Artois et de l’Université Catholique de Lille, pour mesurer l’efficacité du programme de réhabilitation dans le temps. Une fois rénovées, des maisons seront équipées d’instruments de mesures pour comparer les données recueillis avec celles recueillis sur des maisons isolées avec d’autres biomatériaux ou matériaux traditionnels.

Mais des maillons manquent pour tisser la filière. Le projet nécessite plusieurs maillons indispensables. D’abord la ressource : CD2E y travaille avec la coopérative agricole Noriap pour expérimenter la culture chanvrière. 3 ha de chanvre bio seront cultivés par deux agriculteurs dans la Somme. Vient ensuite la transformation qui demandera un outillage important et la réflexion sur des débouchés différentes. Seul aujourd’hui 15% de la chènevotte est valorisée dans les matériaux isolants. Enfin, la curiosité et l’implication des entreprises de BTP sont importantes. Et cela implique une formation à des techniques propres à cet isolant que CD2E organise.

Les acteurs de Pecquenchanvre espère d’ici à 5 ans structurer cette nouvelle filière.

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