Dans un secteur qui dépend à 60% de la commande publique, les entreprises en appellent à l’Etat et aux collectivités pour accélérer et assouplir les instructions.

Petit à petit, les entreprises de TP reprennent le travail. Petit à petit, car pour avancer, un chantier nécessite la présence de tout le monde. Ce qui, à l’heure actuelle, n’est pas toujours le cas. Un coordinateur SPS suspecté d’avoir le Covid, un arrêté de voirie fantôme, un fournisseur en rupture de stock, un maître d’ouvrage qui s’interroge… « Comme dans une caravane, on va au rythme du plus lent », constate Bernard Duhamel, président de la Fédération Régionale des Travaux Publics Hauts-de-France, « les entreprises de la région prévoient une baisse d’activité subie de 20 % sur l’année 2020. Sans une relance rapide des appels d’offre, je crains des faillites ».

Entre janvier et avril 2020, les appels d’offre dans le secteur des TP ont baissé de 50%. Pour rattraper ce retard, il faudrait un volume d’opérations en hausse de 25% dans les mois à venir. Peu probable, selon Bernard Duhamel, tant les services urbanisme et travaux des donneurs d’ordre tournent encore au ralenti. L’incertitude électorale du côté des municipalités ne facilitant pas les choses.

Accélérer…

D’où cette supplique aux collectivité pour accélérer le rythme des appels d’offre. Rappelons que le secteur des TP dépend de la commande publique à 60% et que si les majors de la région ont les reins solides pour surmonter la crise, les intérimaires et les sous-traitants risquent de trinquer. D’autant que les clients privés semblent en ce moment moins pressés pour construire leur parking flambant neuf ou refaire le réseau d’assainissement de leur usine.

« Outre la relance des appels d’offre, il faudrait des arrêtés de voiries plus rapide et plus ambitieux : couper des routes plutôt que voie par voie, afin de travailler plus vite », propose le directeur de Ramery qui prône aussi un allègement temporaire des clauses sociales, « nécessaire à l’heure où tous les salariés de l’entreprise sont eux-mêmes en danger ».

…dans l’incertitude

L’incertitude sur la réactivité des donneurs d’ordres en cache d’autres. A commencer par les négociations sur la prise en charge des surcoûts dus au protocole de sécurité. Si les commanditaires publics jouent le jeu, certains privés, moins compréhensifs, arguent qu’ils subissent eux-mêmes des difficultés. Temps d’accueil, changement des masques, désinfection des engins, nettoyage des locaux et outils…

Dans le secteur des TP, le surcoût est estimé entre 60 € et 80 € par collaborateur et par jour. « Étant donné leur faible taux de marge (2%), les entreprises de TP sont incapables absorber ces dépenses », rappelle Bernard Duhamel.

En prise à d’autres motifs de préoccupation : le prix des fournitures (le pétrole repart à la hausse), le désengagement de certains assureurs de crédit qui baissent le montant des encours garantis… jusqu’à ces vendeurs de masques réclamant d’être payés à la commande sur d’obscurs comptes à l’étranger. Il est des périodes où il faut savoir rester zen.

Malgré la situation, des accords sont trouvés afin de continuer l’activité, à lire dans cet article.

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