Pour booster son tourisme d’affaires, Le Touquet a entrepris la rénovation-extension de son Palais des Congrès.

Transformer de fond en comble un bâtiment centenaire ne va pas sans quelques petites surprises. 

 

Déshabillé, désossé, dépouillé. Le Palais des Congrès du Touquet est aujourd’hui tout nu. Il faudra attendre le début de l’année prochaine pour le voir garni des parements en bois rouge acajou et des fauteuils en tissu rouge choisis avec minutie par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Pour le moment, pour mieux restaurer le bâtiment et le mettre aux normes, c’est démolition à tous les étages. Et pas qu’un peu. Exit l’escalier du hall d’accueil, le sol du théâtre, la toiture de l’espace-réception, les parois en plâtre… Rien ne résiste au lifting géant entrepris depuis le printemps 2018. Avec comme souvent dans les chantiers de réhabilitation, de menues surprises.
« On s’est parfois demandé comment tenait le bâtiment », sourit Simon Crinquette, chef des travaux chez Spie Batignolles. Depuis 1920, date de sa création, le bâtiment a connu de multiples aménagements : ouverture de baie vitrée, calfeutrage de certaines entrées, reprise de charge… Autant d’interventions successives, non coordonnées, non répertoriées, qui ont peu à peu fragilisé la structure. Obligeant aujourd’hui le constructeur à renforcer par endroits les fondations et les murs porteurs. Autres imprévus, une ancienne cuve à fioul en sous-sol et la présence importante d’amiante ont nécessité 3 mois de dépollution et de désamiantage. « C’est toute la « beauté » des chantiers de rénovation », philosophe Annie Lepors, directrice des programmes chez Spie batignolles Immobilier, « les découvertes amènent à continuer les études en cours de travaux. Ce qui nécessite d’avoir une équipe très solidaire avec des partenaires qui comprennent pourquoi l’on change d’avis ». Une solidarité de bon augure, puisque le chantier n’accuse pour le moment pas de retard significatif. Il devrait être bouclé pour la fin de l’année.

Bientôt couverte d’une alliance de terre cuite et de surface vitrée, la nouvelle salle de spectacle fait écho au bâtiment des Années folles.
Bientôt couverte d’une alliance de terre cuite et de surface vitrée, la nouvelle salle de spectacle fait écho au bâtiment des Années folles.

Un nouvel auditorium

Conclu dans le cadre d’un partenariat public-privé d’une durée de 20 ans, la modernisation du Palais des Congrès ne comprend pas seulement la réhabilitation des espaces existants. Elle inclue également une extension de 2000 m2. Un cube de verre et de béton adossé à l’arrière du bâtiment destiné à accueillir un auditorium – baptisé Maurice Ravel – comprenant 1200 places assises. Un chantier hors-norme. La charpente d’une portée de 25 mètres a été montée par une grue mobile dressée au milieu du bâtiment. Hauts de 18 mètres et voués à supporter des voiles de béton de 40 cm d’épaisseur en façade (pour une acoustique optimale), les murs ont été réalisés en 4 passes de 4,30 mètres de haut. Enfin, les deux balcons en béton ont nécessité la confection sur place de poutres crémaillères de plus de 10 tonnes. A l’extérieur, l’enduit des voiles de béton est similaire à celui de la façade d’origine. Avec une partie en tuiles du même type que la toiture du Palais 1920. Des tôles métalliques laquées feront écho à l’ardoise présente sur certains murs. A l’intérieur, les exigences de l’architecte – gradin rétractable, vinyle et bois haut de gamme pour habiller les murs, éclairage camouflé – ont amené Spie à faire du sur-mesure. Si le bâtiment n’a pas été conçu en BIM, le chauffagiste (CVCA) a inclus ses partenaires plombier (SNV) et électricien (Demouzelle) dans une synthèse technique numérique afin de simplifier le passage des réseaux.

Remise à niveau et espaces modulables

Pour faciliter la circulation entre l’auditorium du XXIème siècle et le bâtiment des années folles, décision a été prise de supprimer les niveaux intermédiaires du bâtiment Palais. D’où la disparition de son escalier central originel. « On peut vite être perdu dans un Palais des Congrès. Le parti-pris architectural était d’avoir un espace très lisible, pour pouvoir se rendre d’une salle à l’autre de manière fluide », décrypte Annie Le Pors. Autour des trois salles destinées à accueillir les grands évènements (concerts, expositions, séminaires…) s’articulent des espaces plus réduits : loges, vestiaires, locaux techniques, mais aussi salles de réunion susceptibles d’accueillir une dizaine de personnes. Car l’objectif affiché par la mairie est bien d’attirer une clientèle de congressistes en leur proposant des espaces modulables à merci. Et refaire du Touquet-Paris-Plage une destination à la mode.

La fiche
Coût : 28 millions d’euros (dont 5 millions de maintenance)
Subventions : Etat : 1 M€, Région : 2 M€, Agglo : 1 M€, Département : 1 M€
Partenariat Public-Privé d’une durée de 17 ans entre Ville du Touquet et Natixis Lease.
Loyer dégressif : 3,4 millions jusqu’en 2023, 1,7 million jusqu’en 2025, 600 000 jusqu’en 2037
Maître d’ouvrage : Naxitis Lease Immo
Maître d’œuvre : Wilmotte & Associés
Promoteur : Spie Batignolles Immobilier
Mainteneur : Engie Cofely (20 ans)
Entreprise générale : Spie Batignolles Nord
CVC : CVCA Energies
Façade Aluminium : Roger Delattre
Plomberie : 2 RS Thermic

 

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