Qui dit changement de gisement, dit changement de gaz. D’ici une dizaine d’années, les 1,3 million de clients de GRDF du nord de la France ne seront plus alimentés par le gaz issu du gisement de Groningue aux Pays-Bas. Le gaz B à bas pouvoir calorifique qui y est produit, sera progressivement remplacé par le gaz H, à haut pouvoir calorifique, cette fois en provenance de la mer du Nord, de Russie et d’Algérie.

Quel secteur est concerné ?
“Nous déployons dans un premier temps quatre secteurs-pilotes que sont Doullens, Gravelines, Grande-Synthe et Dunkerque”, détaille Fabrice Langlard. D’ici 2029, la bascule sera ensuite progressive, d’ouest en est de la région, et ce dans 24 zones identifiées.

Qu’est-ce que ça change ?
Le passage à ce nouveau type de gaz peut nécessiter une adaptation des matériels de chauffage. Avant d’entrer dans la phase d’industrialisation, GRDF expérimente donc une méthode dans les 4 zones-tests. Concrètement, elle se déroule en trois étapes. La première, celle de l’inventaire, consiste à répertorier l’ensemble des installations chez les usagers (chauffage, eau chaude, cuisson, process pour les entreprises). Elle permet de confirmer les coordonnées, lister les appareils alimentés au gaz naturel pour déterminer si des réglages sont nécessaires (cf encadré), puis d’identifier l’installateur ou la société de maintenance des matériels. Deuxio, il s’agit de régler, si besoin, les appareils lors d’une deuxième intervention. Le détendeur sur le réseau sera alors soit réglé, soit remplacé. Dernière étape, le changement de gaz.

Qui est touché ?
Tous les utilisateurs ! “Mais pour opérer cette mutation auprès des particuliers, nous avons besoin de toutes les parties prenantes : les usagers pour nous donner accès aux installations, mais aussi les collectivités locales et particulièrement les entreprises de la région”, insiste Fabrice Langlard. L’utilisateur reste seul décisionnaire quant à l’entreprise qui réalisera ce réglage. Soit il plébiscite son installateur-mainteneur habituel, soit il confie les travaux aux entreprises missionnées par GRDF suite à un appel d’offres. Dans les deux cas, il existe une condition sine qua non puisque les entreprises doivent disposer du matériel nécessaire pour intervenir (tablette, clé 4G, matériel anti-étincelant, valise de combustion, clé dynamométrique…), et être passées par le centre de formation GRDF dédié à Cambrai. Si ces modalités s’appliquent actuellement, elles feront l’objet d’un retour d’expérience à l’issue de la phase pilote. Des amendements pourront alors être apportés à la méthode pour la suite du déploiement.

Combien ça coûte ?
GRDF prend en charge l’inventaire et les réglages des appareils. Pour le remplacement des chaudières des particuliers, un décret précise les modalités. (cf encadré)

Comment s’inscrire dans la démarche ?
En se rapprochant du Groupement Régional de l’Équipement Technique (Gret-aide au montage de groupement, au recrutement) ou de votre référent GRDF de votre territoire.
Pour répondre aux appels d’offres de GRDF et bénéficier des futurs marchés à venir, les entreprises doivent cependant se préparer, notamment en montant des groupements ou en répondant seule. Et en anticipant la montée en charge de l’activité.
Cette évolution porte en effet un enjeu de taille : “nous estimons un besoin de 4 000 régleurs, soit 300 000 jours de travail sur la période 2018-2029”, prévoit le pilote opérationnel. Mais force est de constater que “la filière connaît de manière structurelle un manque criant de main d’oeuvre dans la maintenance chauffage”. De ce constat est né un groupe de travail en partenariat avec la Région, Pôle Emploi, les organisations professionnelles, l’Education Nationale et GRDF. Avec une mission : former pour mieux recruter et répondre aux besoins de la filière.

Quid des réglages ?

• La grande majorité des appareils fonctionne avec les deux types de gaz et ne nécessite aucun réglage.
• Certains appareils sont réglés spécifiquement pour le gaz B et nécessitent donc un simple réglage, éventuellement accompagné d’un changement de pièce pour les adapter au gaz H.
• Certains appareils non compatibles devront être remplacés (environ 3% à confirmer dans le cadre de l’expérimentation sur la phase pilote).

Matériels non adaptables, des aides existent !

Un décret publié au JO le 20 février 2019 fixe le montant des aides au changement de matériels.
“Montant maximal des aides : “le montant des aides financières (…) couvre la totalité des coûts effectivement supportés pour l’acquisition et l’installation de l’appareil de remplacement dans la limite de :
• 4 000 € pour le remplacement d’une chaudière à gaz murale d’une puissance inférieure à 70 kW
• 5 000€ pour le remplacement d’une chaudière à gaz au sol d’une puissance inférieure à 70 kW
• 1000€ pour le remplacement d’un radiateur à gaz
• 5000€ pour le remplacement d’un poêle ou d’un insert à gaz
• 1200€ pour le remplacement d’un appareil à gaz fournissant de l’ECS d’une puissance inférieure à 70 kW
Critère de performance pour le remplacement de chaudière : remplacement par une chaudière HPE (avec exception EVAPDC).
Récupération des factures auprès des installateurs.

 

Pas encore abonné ?

En savoir plus
Fermer

Pourquoi s'abonner à la Chronique ?

Pour accéder :
  • à l'actualité BTP régionale
  • aux appels d'offres
  • aux indices-index
  • aux annonces légales
Avantages :
  • L'info métier et marché, partout et tout le temps, grâce à notre site
  • Un magazine mensuel miroir de l'activité locale
2 formules :
  • 1 an (10 magazines + web illimité) : 290 euros
  • 2 ans (20 magazines + web illimité) : 448 euros (soit 30% de réduction)
La version de votre navigateur est trop ancienne

Vous ne pourrez pas afficher de manière optimale le contenu de ce site. Télécharger

×
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d’intérêts.