Réseau de transport d’électricité (RTE) a choisi de former d’ici 2021 plus de 500 salariés chargés de la maintenance de son réseau électrique au pilotage de drones, en complément de leur expertise. Retour lors des essais de vol avec l’équipe formée à Béthune.

Par Mathilde Colin

 

E n cet après-midi de décembre, dans le ciel gris de la campagne Béthunoise, volent deux drôles d’oiseaux. Des drones pilotés par des «lignards», des salariés du Réseau de Transport d’Electricité (RTE) en charge de la maintenance des lignes électriques à haute tension (63 000 et 90 000 volts) et très haute tension (225 000 et 400 000 volts).

Ces objets volants identifiés inspectent chaque cornière, chaque membrure et chaque chaîne d’isolateurs des pylônes à la recherche d’anomalie, d’encrassage ou encore de rupture.

 

NOUVEL OUTIL, NOUVEL ŒIL

En 2016, RTE a choisi avec son Département Services et Travaux Héliportés (STH), les Hauts-de-France et l’Occitanie comme régions pilotes pour former ses équipes maintenance dédiées à l’entretien des lignes haute tension et très haute tension au pilotage de drone.

Le but ? Contrôler plus facilement et plus sûrement des infrastructures parfois difficiles d’accès. Mais aussi gagner du temps sur les futures interventions. Finies les ascensions des salariés sur les pylônes lors d’inspections de lignes.

« Les risques d’arrêt sur une ligne, c’est toujours une fragilité sur notre réseau et cela peut prendre plusieurs jours », confie Franck Vidal, directeur du groupe maintenance RTE de Béthune. «Le drone est un nouvel outil qui permet d’avoir un œil déporté comme solution complémentaire aux interventions héliportées d’inspection et de maintenance de notre réseau électrique ».

 

EXPERTISE HUMAINE

Là où avant il fallait mobiliser trois ou quatre salariés à la journée, l’intervention par drone nécessite deux personnes seulement.

Après cinq jours de cours théoriques, Jean-François Peyraud, 47 ans, contremaître environnement, semble avoir pris le pli : il fait décoller le drone de sa base orange puis à l’aide de l’écran de contrôle et des manettes de direction, pilote avec aisance l’engin pour l’envoler à plus de 25 mètres d’altitude (jusqu’à 110 mètres autour des lignes très haute tension). Il l’approche de la ligne puis le fait revenir à son point de départ. Une fois que le drone a repéré sa base, il la rejoint de façon automatique tout en évitant les obstacles .

Alexis Crépin, 26 ans, monteur, s’amuse : « Pour nous, les jeunes, c’est peut-être plus simple car c’est un peu comme nos manettes de consoles de jeux vidéo mais c’est sûr qu’il y a un coup à prendre. Avec cette résolution d’image nous voyons les détails aussi bien que si nous étions montés sur le pylône », assure-t-il.

Lors des actes de maintenance, la caméra embarquée sur le drone permet de prendre photos et vidéos en cas de détection d’anomalie, qui pourront par la suite être analysées.

 

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Une partie des «lignards» formés au drone, entourés
par Bernard Berthier, formateur pour DroneVolt (à gauche)
et Franck Vidal, directeur du groupe maintenance RTE à
Béthune (à droite).

500 SALARIÉS FORMÉS D’ICI 2021

Pour cette formation, RTE a dû bénéficier d’une autorisation spécifique délivrée par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC).

Bernard Berthier, formateur pour DroneVolt, société experte en intelligence artificielle embarquée et constructeur de drones civils, explique : « Le drone, ici le DJI Mavic 2 Zoom, pèse 905 grammes et a une autonomie de vol de 30 minutes.

Par sécurité, il ne peut pas décoller s’il y a plus de 40 km/h de vent. Son périmètre de vol est légalement restreint : un rayon de 50 mètres autour de l’axe du pylône, pas plus de 10 mètres au-dessus et sa base doit se situer à 200 mètres de la ligne à inspecter ».

Choisie par RTE, DroneVolt basée en région parisienne, fournira les drones et formera au pilotage plus de 500 salariés de la maintenance d’ici mi 2020.

Dans les cinq ans à venir, le Groupe de Maintenance de RTE Artois visitera alors 520 km par an par drone sur ses 720 km de ligne. Inévitablement, cette nouvelle technologie inquiètent certains salariés sur l’avenir de leur métier. «L’oeil de l’Homme sera toujours nécessaire. J’ai besoin du professionnalisme et de l’expertise technique de mes hommes dans la maintenance des pylônes et des câbles», rétorque Franck Vidal.

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Selon la réglementation établie par la DGAC pour RTE, le drone
ne doit pas voler à plus de 10 mètres au dessus du pylône.

 

 

 

 

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