Reportées pour cause de confinement, les sélections régionales des 46èmes Olympiades des métiers du BTP ont eu lieu fin septembre au lycée professionnel François Mansart. A huis clos et sans pléthore de compétiteurs, mais avec des formateurs toujours aussi enthousiastes sur les vertus de l’évènement. Les vainqueurs sont motivés pour défendre les couleurs des Hauts-de-France à Lyon en 2021.

Par Alexandre Lenoir

S’ils regrettent de ne pas avoir pu accueillir le grand public, Kathy Duvivier, principale du lycée Mansart de Marly et Ludovic Poirrier, directeur délégué aux formations sont ravis d’avoir pu montrer à leurs élèves que le mot « art » contenu dans le terme « ouvrage d’art » n’était pas galvaudé.

On a trouvé le candidat le moins stressé de l’histoire des Olympiades. Penché sur une plaque d’aluminium, Stéphane 20 ans doit réaliser en huit heures un entourage de cheminée miniature. Face à lui… personne !

Originaire de Picardie, compagnon à Villeneuve d’Ascq, Stéphane est le seul des candidats à s’être déplacé pour participer à la sélection régionale de la compétition. Entre ceux effrayés par le Covid, ceux n’ayant pu se libérer car embauchés après leur formation et ceux ayant changé d’orientation ou de région… les inscrits pour le titre de meilleur couvreur-zingueur de la région ont déserté ces 46èmes Olympiades des métiers qui devaient initialement se tenir en mars 2020.

« J’ai un peu de mal à trouver la motivation » reconnaît Stéphane… qui profite à fond du fait d’avoir un jury de trois professionnels pour lui tout seul. « J’ai encore appris une technique de traçage et de pliage que je ne connaissais pas » sourit le jeune homme qui raconte avoir choisi le métier à 8 ans après avoir été fasciné par le travail du couvreur venu changer le toit de la maison familiale.

Une vocation embrassée contre l’avis de son père. « Car j’avais des bonnes notes à l’école ». Nul doute que si Stéphane gagne le concours national, voire les Euroskills en janvier 2021 à Graz en Autriche ou les Worldskills à Shanghaï en septembre 2021, papa changera d’avis.

Valoriser des professions

C’est l’un des objectifs de cette Olympiade des métiers : valoriser des professions souffrant parfois d’une image dégradée. Notamment auprès des jeunes en quête d’un métier pour leur avenir. Rentré il y a quelques semaines au lycée professionnel François Mansart de Marly, Enzo 15 ans observe Gaspard, de six ans son aîné, en train de manier avec dextérité la truelle irlandaise pour réaliser un muret en parpaing et briques colorées. Avant la maçonnerie, il est allé voir les carreleurs et les plombiers en compétition.

A la fin de la journée, il avoue timidement vouloir relever le challenge dans quelques années. En plomberie. « C’est un moment qui permet aux jeunes de voir la technicité de nos métiers. Ils découvrent alors tout l’intérêt de leur formation et s’aperçoivent qu’ils pourront exercer plus tard des métiers d’art » résume Ludovic Poirrier, directeur délégué aux formations du lycée. A observer la gestuelle parfaitement maîtrisée avec laquelle Gaspard élève son muret tout en saillies et en angles vicieux, on ne saurait lui donner tort.

Stéphane compagnon couverture zinguerie chronique du btp – 2-min
Seul en lice pour ces sélections régionales, Stéphane, compagnon en couverture-zinguerie en a profité pour apprendre quelques techniques de ses formateurs.

« La compétition prouve aussi tout l’intérêt d’une bonne organisation » relève Sébastien Guinchard, maçon à SGB Nord. En tant que membre du jury, il devra évaluer la régularité des joints, des coupes, des angles… réalisés par les deux candidats ce jour-là en lice pour la maçonnerie. « Ranger ses outils au bon endroit, effectuer le moins de geste possible… c’est le seul moyen pour résister à la pression ». Un stage de gestion du stress est d’ailleurs prévu pour les candidats sélectionnés pour la finale nationale. « J’ai vu des candidats bien partis pour l’emporter, s’effondrer dans la dernière ligne droite » relate Dominique Lacour, professeur en génie climatique à Loos, juré pour les Olympiades depuis dix ans. L’intérêt de la compétition selon lui ? « La fierté des candidats devant l’ouvrage accompli ». Et la confiance qui en découle.

De façon plus pragmatique, les Olympiades permettent aussi de se faire repérer par des entreprises en quête de compagnons volontaires. « Avoir ça sur son CV, c’est pas mal » bredouille Gauthier, 15 ans, devant les trois apprentis – carreleurs en lutte pour réaliser en huit heures une fresque carrelée représentant un guignol. « Je note depuis trois ans une belle évolution concernant les métiers du bâtiment : la réforme de l’apprentissage et de l’orientation nous amène des jeunes de plus en plus motivés » veut croire Kathy Duvivier la principale du collège qui a noté une autre conséquence positive des Olympiades sur ces étudiants : « quand ils voient la concentration dont font preuve les candidats pendant l’épreuve, ils sont beaucoup plus calmes et attentifs en atelier ensuite ». On comprend mieux tout l’intérêt des profs pour la compétition.

Découvrez tous nos articles sur l’apprentissage dans le BTP dans notre rubrique Campus.

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