Créé en 2017, l’entreprise étend ses tentacules au-delà du marché de la qualité de l’air intérieur. Avec la crise sanitaire, elle s’est lancée dans la prévision des risques de transmission de la Covid-19 dans les bâtiments. Par Rachel Debrincat

Et si la crise sanitaire était source d’innovations ? Début 2020, Octopus Lab n’a pas plongé dans les abysses en voyant la Covid-19 progresser en Europe. Cette jeune entreprise, spécialiste des prévisions de la qualité de l’air intérieur, s’est lancée dans les risques de transmission du virus dans les bâtiments. Ce développement du produit-phare Indalo lui a valu récemment un prix innovation organisé par le pôle d’excellence Eurasanté et remis par la région Hauts-de-France. De la modélisation de polluants intérieurs au virus, pour cette équipe de dix chimistes et développeurs, il n’y avait qu’un pas pour ajouter ce nouveau bras à leur solution digitale propulsée en 2017. «Nous nous intéressions déjà aux particules relarguées par les matériaux de construction», indique Maxence Mendez, fondateur d’Octopus Lab. Leur expérience à l’appui, ils planchent, dès mars 2020, sur les aléas de déplacements et de vie de particules dans l’air intérieur en imaginant cette fois qu’elles portent une charge virale de COVID-19. Au début, peu de littérature scientifique circule sur le virus. « Nous nous sommes intéressés aux études réalisées par Boeing sur les contaminations des passagers lors de l’épidémie de Sras en 2002 », raconte-t-il. Durée de vie du virus dans l’air, sur les surfaces, taille des particules exhalées, à mesure que les études de santé paraissaient, Octopus absorbait l’information. «Nous y avons également intégré les données sur le port du masque, la trajectoire possible des particules dans notre corps, celles des ventilations utilisées, …», énumère le jeune dirigeant. Jusqu’à un premier jet en mai 2020 car « Indalo-Covid continue encore de se configurer au fil des publications ».
Un gigantesque travail de compilation qui fait aujourd’hui d’Indalo un outil d’aide à la décision pour utiliser au mieux un bâtiment en minimisant les risques de contamination. « C’est aussi plus marquant de se rendre compte de la contamination par un outil de chiffrage », appui Maxence Mendez. Pour lui, Indalo-Covid pourrait même à l’avenir être utilisé de la même façon pour d’autres épidémies comme la grippe saisonnière.

Maxence Mendez, fondateur d’Octopus Lab

SE DÉPLOYER SANS FAIRE COULER D’ENCRE

Un plus pour les clients d’Octopus Lab allant du bureau d’étude aux collectivités, soit un large panel d’acteurs dans la conception de bâtiment. « Nous travaillons autant avec des PME que des grands comptes tels que Vinci, Engie, Dalkia… » Et là encore, l’entreprise continue d’innover dans son approche commerciale sans apposer sur ses diffuseurs son encre. « Notre but, c’est de déployer la solution. Nous proposons Indalo en marque blanche. C’est à dire que le produit peut être intégré dans leur proposition sans que nous soyons cités », détaille Maxence Mendez pour qui la stratégie porte ses fruits. A la question : est-ce que la COVID donnera un nouveau visage au secteur de la construction ? Maxence Mendez constate déjà un changement pour la conception. « On se pose désormais la question d’une ventilation capable de fonctionner correctement pendant une pandémie. Pour les constructions existantes, cela change la donne de nombreux bâtiments dont la ventilation fonctionnait sur le principe de recirculation de l’air pour faire des gains d’énergie. Avec le contexte sanitaire, il faut aujourd’hui ventiler, quitte à ne plus être performants énergétiquement. » De quoi donner encore des sujets d’innovation à Octopus Lab.

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