Pourquoi l’habitat passif a tant le vent en poupe dans la région ? Explications avec le collectif des Acteurs du passif lors des 72H de la construction passive organisées début novembre au salon Aménago à Lille.

Par Mathilde Colin

 

Sur la construction passive, la région est LA bonne élève. Avec plus de 121 000 m² déjà construits en mode passif depuis une dizaine d’année, maisons, immeubles, bâtiments tertiaires, écoles, hôpitaux, les Hauts-de-France recensent le plus de constructions de ce type dans l’Hexagone, soit 163. Elle est aussi celle où l’on forme le plus de professionnels au passif.

La France, elle, se classe 3ème après l’Allemagne et l’Autriche où ce genre d’habitat existe déjà depuis une trentaine d’années. « Nous sommes dans une région au top car il ne fait ni trop chaud ni trop froid, ni trop sec ni trop humide, des conditions idéales réunies pour construire passif », confie Laurent Henry, membre du collectif des Acteurs du passif et à la tête de Ventil Pur Habitat.

 

LE PASSIF, MAISON SANS CHAUFFAGE

Mais au fait, une maison passive qu’est ce que c’est ? « On la compare souvent à une maison sans chauffage, explique Nicolas Gantois, président du collectif et gérant du bureau d’études thermiques Moduo. Elle se base surtout sur une très basse consommation d’énergie grâce à l’apport de chaleur par le soleil, à une très forte isolation des murs et des fenêtres et à une absence de ponts thermiques. Mais aussi par une étanchéité à l’air quasi parfaite (n50 < 0,6h1 ) et une ventilation maîtrisée par un système double flux ».

Le concept de construction passive se base sur 15 kWh/m²/an de chauffage et sa consommation en énergie primaire totale (chauffage, eau chaude sanitaire, électroménager, système de ventilation) ne doit pas dépasser 120 kWh/ m² par an. « Le seul apport en chaleur serait le sèche serviettes de la salle de bains », détaille Thierry Dambrine de la société Alternative Bois Concept.

 

CONSTRUIRE PASSIF NE S’IMPROVISE PAS

Dans la construction d’un bâtiment passif, le point important reste la gestion des ponts thermiques et l’étanchéité à l’air. « Si c’est mal réalisé cela aura une conséquence sur la durabilité des bâtiments, relève Laurent Henry. Il n’y a pas d’improvisation, il faut être spécialiste. Peu importe les matériaux employés, tout se passe dans la qualité d’exécution ».

Dans la région, 95 professionnels, soit 1 professionnel du passif sur 7, ont suivi la formation certifiante et qualifiante de Concepteur Européen de Maisons Passives (CEPH), développée par l’institut allemand Passiv’haus, référent en la matière. Elle est proposée par le Cd2e basé à Loos-en-Gohelle. Ce pôle d’excellence de l’éco-transition forme également depuis une dizaine d’année, à l’utilisation du logiciel de conception passive PHPP.

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Membres du collectif des Acteurs du Passif, Viviane Tillieux (Tillieux Menuiserie) et
Fabienne Vanderbecq (DUC-FAVA Achitecture) devant l’atelier «3,2,1, c‘est passif».
Lors des 72H de la construction, des étudiants de l’école d’architecture de Lille ont
dû construire une structure passive, guidés par les Acteurs du passif.

UN COLLECTIF NÉ POUR PROMOUVOIR

Convaincue, un peu plus d’une trentaine de professionnels Nordistes issus de métiers différents (architectes, bureaux d’études, constructeurs de maisons à ossature bois, fabricants, installateurs, particuliers) se sont regroupés en 2014, sous forme d’un collectif unique en France : les Acteurs du passif. Avec l’appui du Cd2e, ils tentent bénévolement de sensibiliser les acteurs du Bâtiment et le grand public aux intérêts et aux enjeux de la construction passive. Ce collectif s’est déjà impliqué dans plus de 70% de projets régionaux dont ceux de certains bailleurs sociaux. Par exemple, Lille Métropole Habitat envisage d’ériger 30% de ses bâtiments neufs en passif. Moins de coût de maintenance, pas de réhabilitation thermique, peu de charges pour le locataire… Il y a de quoi se laisser séduire. Et si l’on compare le surcoût d’une maison passive à celui d’une maison classique, il est seulement de 0 à 200€/m². Un surcoût récupéré sur les factures de chauffage estimés à 1€ / m² par an. Mais « les Acteurs du passif ont encore du chemin à faire notamment dans les écoles d’architecture où le passif n’est encore que trop peu enseigné », plaide pour conclure Damien Schietse de Kontext Architectes.

IceBox Challenge, un défi pour sensibiliser la population à la construction passive

Dans la Métropole lilloise, plus de la moitié des logements ont été construits avant les premières réglementations thermiques et seulement 7% des logements répondent aux RT 2005 et RT 2012. Pour sensibiliser les Nordistes à réduire les gaz à effet de serre dégagés par le Bâtiment (2ème plus gros émetteur en France) d’ici 2030, trois étudiants ingénieurs à l’Icam à Lille se sont lancés un défi : l’IceBox Challenge. Né il y a quelques années en Belgique, il consiste à enfermer un bloc de glace d’une tonne pendant 10 jours dans deux structures en ossature bois, l’une classique et l’autre passive. Ces deux boîtes d’environ 2m sur 2m seront réalisées à l’identique. Seule la composition de l’enveloppe isolante sera différente. Matériaux locaux, isolant bio sourcé, fenêtre triple vitrage, membrane d’étanchéité à l’air certifiée passive seront fournis par des partenaires. Cette expérience sera visible en juin prochain sur le parvis de la gare Saint Sauveur dans le cadre de Lille Métropole 2020 – Capitale Mondiale du Design, les curieux pourront alors questionner les étudiants sur la construction passive. Le public pourra parier sur le poids final de la glace et recevoir des prix. Mais surtout, être sensibilisé.

 

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