Après 40 ans aux commandes de son entreprise de menuiserie, Bruno Delcour passe le relais à ses deux collaborateurs, François Golliot et Catherine Crouzet. 

En poussant la porte de Delcour menuiserie située près du canal de Roubaix à Tourcoing, l’odeur du bois vous envahit les sinus. Vous entrez avant tout dans la maison de Paul Delcour, fondateur de l’entreprise artisanale créée en 1953. D’ailleurs, à 88 ans, il occupe toujours l’étage de cette grande bâtisse. Au fond d’un couloir sombre, son petit bureau en chêne est resté comme témoin du passé. Mais pour la famille Delcour et plus précisément pour Bruno, le fils ainé et gérant de la société depuis 1991, il était temps de tourner la page.

Reprise sans prise de tête

L’âge de la retraite sonnant, Bruno Delcour voulait vendre. « Cela faisait trois ans que ça me trottait dans la tête, explique-t-il. Je travaille depuis plus de 40 ans dans l’entreprise, ma femme est retraitée depuis peu, j’avais envie de profiter de mes petits enfants… il était temps pour moi de me retirer ». Avec ses trois filles dans le secteur médical, l’entreprise n’a pu être gardée dans le giron familial. Mais il n’a pas eu à aller trop loin pour trouver un successeur. Deux de ses collaborateurs étaient prêts à se lancer dans l’aventure. En début d’année donc, il a confié les clés à François Golliot, 41 ans, métreur qui a fait ses armes dans l’entreprise et à Catherine Crouzet, 54 ans, sa secrétaire comptable depuis 1990. « Cette reprise ? Sans prise de tête. Elle est quand je l’avais décidée et comme je la voulais, sourit l’ancien gérant. Depuis l’été 2018, on était un peu un trio en « cohabitation » pour assurer une transition dans la douceur. Tous deux connaissent bien le métier, le bilan comptable, les clients… Il n’y a pas de surprise ». Mais Bruno Delcour a posé une condition sine qua non : « que cette entreprise reste familiale et que chaque salarié soit gardé ».
Les nouveaux dirigeants l’assurent, ils ne changeront pas l’âme de l’entreprise. Ils gardent d’ailleurs le nom du patriarche fondateur. Avec un carnet de commandes bien rempli, il n’ont pas besoin d’aller chercher les clients. « Notre réputation n’est plus à faire, confient François et Catherine. Notre clientèle nous la connaissons bien, 40 % de particuliers, le reste est composé de bailleurs ou d’architectes de maisons individuelles entre autres. Nous avions les mêmes envies, les mêmes idées et nous maintiendrons le cap ».

Faire ce que les autres ne veulent pas faire

Au fond de la cour, dans l’ancien corps de ferme qui jouxte la maison, l’atelier de production est resté dans son jus. « Ici, nous sommes dans une entreprise à taille humaine, résume François Golliot. Notre savoir-faire ne nous demande pas d’investir dans de grosses machines à commande numérique. Dans les années 90, notre atelier produisait énormément, on avait plus de salariés… Aujourd’hui nous sous-traitons avec l’entreprise de menuiserie Dupont à Nieppe ». L’atelier tourquennois sort toujours des bâtis de portes coulissantes, du débit de panneau pour les coffres de volets roulants, des volets battants, de l’aménagement de placard sur mesure… « Nos clients viennent nous chercher car on fait ce que les autres ne veulent pas faire » ajoute-t-il.

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A Tourcoing, l’atelier fabrique des bâtis de portes coulissantes, du débit de panneau pour les coffres de volets roulants, des volets battants, de l’aménagement de placard sur mesure.

Ne pas être mangé par les majors

Mais pourquoi s’être lancé dans cette aventure ? Pour Catherine, c’est l’envie de s’investir plus. « Je connais bien l’entreprise, j’y suis depuis longtemps ! Et puis ce projet a muri dans notre tête. Il a fallu deux ans pour le monter, depuis que Bruno Delcour nous a annoncés son départ ». Pour conforter sa position de chef d’entreprise, François, quant à lui, a suivi la formation direction d’entreprise du BTP avec l’Aproba à Reims de 2016 à 2018, à raison de deux jours par mois. « Cette formation m’a permis d’y voir plus clair sur la comptabilité, les grandes lignes juridiques et sociales, comprendre un chiffre d’affaires… explique-t-il ». Désormais, pour eux la charge de travail s’avère plus conséquente. « Il est vrai que cela nous demande un investissement plus important qu’en étant simple salarié. Il faut vérifier toutes les factures, faire plus de chiffrages chez nos clients, assurent François et Catherine. Nous nous laissons une année, puis nous verrons pour investir un peu plus. Nous demanderons peut-être à nos salariés d’être encore plus indépendants sur les chantiers, mais nous avons une super équipe. Ils sont surtout contents de ne pas avoir été mangés par une major »! Un changement dans la continuité qui se traduit simplement par l’aménagement de nouveaux bureaux. Histoire de marquer l’ouverture d’un nouveau chapitre.

 

 

La fiche
Création en 1953
CA 2018 : 1,1 M€
Reprise en janvier 2019
12 salariés

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