Commencé en mai 2018, le nouveau centre hospitalier de Maubeuge – 5 blocs et 265 lits sur 3 niveaux – sera livré en janvier 2021. Le gros œuvre se termine sur ce chantier qui multiplie les petites innovations techniques. 

Un bloc compact et pourtant…très flexible. Vaste rectangle de béton, le nouvel hôpital de Maubeuge possèdera une vertu, à première vue peu évidente : être ultra-modulable. Dans dix ou vingt ans, si le besoin s’en fait sentir, transformer un plateau de chirurgie en salle de soins intensifs ou en bloc obstétrique ne nécessitera qu’un minimum de travaux. Au-dessus des faux plafonds, l’espace dédié aux réseaux sera en effet aussi dégagé qu’une autoroute : 1,30 mètres de hauteur et aucun madrier pour faire obstacle ! Alors qu’en cette fin du mois de mai, le gros œuvre rentre dans sa phase terminale, on observe en effet que les dalles du bâtiment ne reposent que sur les piliers et les voiles de béton. Une curiosité due à une innovation technique : des armatures anti-poinçonnement disposées en étoile autour des poteaux. Ces broches en métal permettent de renforcer le béton de la dalle, là où la charge est la plus forte. Résultat : aucune poutre en vue ! Et un plénum technique (dans lequel les réseaux classiques cohabitent avec des spécificités médicales : fluides médicaux, transports pneumatiques…) ouvert aux aménagements et modifications éventuels. Dans un milieu où les technologies évoluent rapidement, cette grande modulabilité était un souhait du Centre hospitalier de Sambre-Avesnois, maître d’ouvrage de ce bâtiment estimé à 74 millions d’euros. Vainqueur en novembre 2016 du concours qui opposait cinq groupements, l’attelage Bouygues-Brunet Saunier-Colas n’était pas le moins disant, mais l’accent mis sur cette fonctionnalité adaptable a fait mouche.

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Innovations à tous les étages

Autre atout du gagnant : sa maîtrise des nouvelles technologies. Pour doter tout d’abord le bâtiment du FTTO (Fiber to the office), soit l’acheminement de la fibre jusqu’aux postes de travail. Une première en France pour un hôpital de cette taille ! Pour livrer ensuite un bâtiment en BIM 7D. L’intégralité de l’ouvrage est modélisé. Chaque membre du groupement disposait déjà d’un BIM manager et injonction a été faite à tous les corps d’état (électricité, fluides, plomberie…) de développer leurs plans en BIM. Pour les finitions, c’est l’architecte qui a modélisé les plans. A l’issue des travaux en janvier 2021, le DOE (Dossier des ouvrages exécutés) sera numérique. La provenance et les caractéristiques techniques de chaque matériaux seront soigneusement répertoriées. De quoi faciliter la maintenance et l’exploitation du bâtiment… à condition qu’un référent BIM s’empare de cet outil avant-gardiste. « C’est un chantier avec beaucoup d’innovations dont on est assez fier » reconnait Stéphane Moreau, responsable du chantier chez BBNE en désignant une étrange machine inventée pour décaisser la dalle au moment de son coulage. Objectif ? Intégrer à même le sol les formes de pentes des futures salles de bain de l’hôpital ! Pour passer d’un étage à l’autre, les escaliers ont été à 100% préfabriqués en atelier. Là encore, un outil développé in situ permet de les monter en une demi-journée au lieu d’une semaine habituellement. Gain de temps également pour la réalisation des dalles. La nappe inférieure est en bamtec, un système de ferraillage en rouleau qui réduit considérablement le temps de pose. En revanche l’armature, un treillis optimisé classique compose l’armature supérieure. Un ferraillage renforcé prêt à encaisser les déformations, le chantier étant situé en zone sismique de niveau 3 (contre 2 d’ordinaire dans le Nord). Pas de panique, les patients pourront dormir tranquilles.

Des bacs mention très bien

Au rez-de-chaussée, les plaquistes sont à pied d’œuvre. Derrière eux, pas moins de six bacs à roulette pour les déchets ! Un pour les chute de rails métallique, un pour le placo, un pour le plastique… En matière de tri des déchets, les travaux de l’hôpital de Maubeuge se veulent exemplaires. Un chantier prototype en matière d’écologie. Bouygues a par exemple demandé aux menuisiers d’utiliser des chevalets métalliques recyclables pour acheminer leurs fenêtres sur le chantier. Idem pour les fournisseurs de sols souples, à qui il a été demandé d’amener leur matériel par ballot de 12 à l’horizontal sur des palettes métalliques (plutôt que debout par 4 sur du bois).
Côté logistique, c’est un prestataire unique (Suez) qui s’occupe de récupérer les déchets pour le tri sélectif. Ce même prestataire apporte sur le chantier les matériaux pour le compte des différents corps d’état. « On mutualise l’approvisionnement et on décharge les sous-traitants des tâches sans valeur ajouté » résume Stéphane Moreau. Ou quand écologie rime avec économie.

 

La fiche
Maître d’ouvrage : Centre Hospitalier de Sambre -Avesnois
Groupement en conception-réalisation : Bouygues-Bâtiment Nord-Est
Brunet Saunier Architecture
Montaron ( Colas)
BET techn. : WSP
BET Environ. : Etamine

 

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