En se positionnant à l’international sur le haut de gamme, Barbara Winckelmans perpétue le savoir-faire français en matière de carrelage artisanal. En droite ligne de son père, obligé dans les années 80 d’exporter pour survivre.

 Winckelmans et leur savoir-faire français

Dans le Nord, on trouve du Winckelmans dans les écoles, les mairies, les commissariats et même certaines églises. Luxe insoupçonné pour leurs usagers. Car aujourd’hui, les carreaux de grès colorés « depuis 1894 » auraient plutôt tendance à tapisser le sol des boutiques Hermès et des hôtels cinq étoiles de Londres ou de Genève. À Shanghaï, le show-room Winckelmans a ouvert en mars 2013. Autrement plus chic que le magasin un brin décati, accolé à l’usine de Lomme, en banlieue de Lille. Les Chinois eux, ont droit à une enseigne clinquante avec modèles montés au sol et panneaux de présentation carrelés et rejointoyés. « On met en avant le « made in France » via le design à la française et l’histoire familiale de l’entreprise », révèle le directeur commercial Jérémy Delhaye, à la veille d’un show-room éphémère à Dubaï pour séduire les clients du Golfe. Prospecter, prospecter toujours et encore. Notamment depuis ce satané Brexit qui pourrait bien fragiliser le premier marché de Winckelmans. Les Britanniques assurent 2 millions de chiffre d’affaires au groupe de 130 salariés. Bons clients, ils furent les premiers étrangers à raffoler des petits carreaux en grès vitrifié fabriqués à Lomme. C’était au milieu des années 80. À la tête de l’entreprise, Jacques Winckelmans assiste alors à l’effondrement de ses ventes. La mode est désormais au grand format. Les Portugais et les Italiens inondent le marché avec des produits beaucoup moins chers, fabriqués en grande quantité et à la découpe. Les petits carreaux, moulés dans leur format, aux motifs et aux couleurs imprégnés dans la matière, ne sont plus rentables.

L’export ou la mort

A contrario de ses concurrents, Jacques Winckelmans ne peut se résoudre à abandonner le produit mis au point par son arrière-grand père en 1894. Les Français ne veulent plus de ses carreaux ? Qu’à cela ne tienne, il les vendra à l’étranger. Ce sera l’Australie, l’Afrique du Sud et l’Angleterre. Suivront, dans les années 90, les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne. Lorsque Jacques décède brutalement en 2002, il laisse à sa fille Barbara une entreprise qui réalise un tiers de son chiffre d’affaires à l’étranger (75% aujourd’hui).  » J’ai la chance d’avoir hérité d’un produit magique et intemporel » sourit Barbara Winckelmans qui poursuit la conquête mondiale de son père : Suède, Autriche, Russie, Chine. « Plus on s’éloigne, plus on est dans le luxe », ajoute la patronne, repreneuse en 2012 d’une autre entreprise familiale nordiste : Herbeau, fabricant de sanitaires tendance « rétro ». Des produits complémentaires aux siens, qui, autre avantage, se vendaient déjà aux Etats-Unis. Un moment bloqué par les mises aux normes, Herbeau vend de nouveau chez les Yankees et a vu son chiffre d’affaires progresser de 25 % l’année dernière (1 million d’euros).

Dans l’absolu, Barbara Winckelmans n’aurait rien contre un siège nordiste luxueux, à l’image de sa marque. Les priorités sont ailleurs. L’entreprise vient d’investir 3,5 millions d’euros dans une nouvelle ligne de fabrication : nouveau four, automatisation pour les formats en série, filtres à poussières. « Je préfère choyer les employés » souffle l’ancienne infirmière, qui, pour la construction d’une devanture de prestige, vise moins Lille que Paris. Plus central pour inviter les architectes parisiens, lyonnais ou internationaux à découvrir la gamme. Et puis, Winckelmans possède déjà sa vitrine de luxe dans la métropole lilloise : l’entreprise a été chargée de la réfection du carrelage de la cuisine de la villa Cavrois. Difficile de faire plus sélect.

 

Les entreprises
5 filiales :

• Decize carrelages (site de production)
• Champvert Atomisation (préparation des matières premières),
• Herbeau, 
• France Design 
• Céramique, Céradiffusion, détenus à 100 % par la holding du groupe Winckelmans

En chiffres
10,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018, projection à 11 millions en 2019 (75% à l’export)
100 salariés
sur le site de Lomme,
30 sur le site de Decize (Bourgogne)
3 500 références uniques
329 000 m2
de production annuelle sur les deux sites de production (Lomme et Decize)

 

 

 

Show-room ouvert à Shangaï en 2013, Winckelmans rayonne à l’international
Show-room ouvert à Shangaï en 2013, Winckelmans rayonne à l’international

 

 

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