La famille Legarand vient de souffler les 30 ans de son entreprise de maçonnerie-gros-oeuvre. Un anniversaire qui couronne une vie de labeur, avec comme fondations, savoir-faire et valeurs.

Par M.Colin et J.Dumez

 

1989: Alors que leur troisième vient de naître, le couple Legarand, formé par Marie-Françoise et Bernard, lance Legabat. Trente ans plus tard, l’entreprise de maçonnerie-gros-oeuvre a prospéré : une quarantaine de salariés réalisent aujourd’hui 4 millions d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de 30% depuis deux ans. Voilà pour les chiffres. Mais là n’est pas l’essentiel. C’est surtout le fruit d’un ADN fort que les Legarand ont su transmettre au fil des années. Car la transmission est bien le maître-mot de leur philosophie.

 

En premier lieu vers Simon. Le dernier de la fratrie de trois enfants, le “troisième”, qui préside aux destinées de la société familiale depuis 2016.  Lui qui ne se prédestinait pourtant pas au Bâtiment, a finalement enfilé le casque de chantier après des études de chimie. Manœuvre l’été, puis formation de métreur-conducteur de travaux à l’Institut Supérieur des Techniciens du Bâtiment éprouvée deux ans durant sur les chantiers Legabat, il a ensuite parfait ses connaissances au sein de l’Ecole supérieure des jeunes dirigeants du BTP (ESJDB). « Cette formation a permis de démystifier de manière très pédagogique la gestion d’entreprise. Lorsque mon père a souhaité passer la main, je me suis senti paré pour l’aventure », raconte Simon. Une fierté pour Bernard. « Qu’un de nos enfants reprenne le flambeau, c’est très valorisant pour nous qui avons créé et fait vivre notre entreprise ».

 

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Valeurs et savoir-faire chez Legabat

Simon perpétue donc les valeurs instaurées par ses parents depuis trois décennies : intégration des salariés, formés ou à former, transmission des savoirs, respect. « Nous avons toujours eu la fibre environnementale et humaine. C’est dans l’ADN de Legabat de donner sa chance à tout le monde, sans préjugés. Nous aimons notre métier et nous souhaitons transmettre notre passion », revendique fièrement le jeune gérant. Un état d’esprit forgé lors des années de compagnonnage de Bernard. A 17 ans, il entre chez les Compagnons du Devoir et effectue son tour de France. Il deviendra, de 1976 à 1982, Prévôt des Compagnons de Villeneuve d’Ascq. « Donner aux autres, être moins égoïste et plus humble nous guident ».

L’année dernière, dans le cadre du programme HOPE de Constructys, Legabat a par exemple accueilli Shafiq, un jeune réfugié qui a connu la jungle de Calais, pour lui apprendre le métier de coffreur-bancheur. « Nous avons formé plus de 120 apprentis. Certains ont même créé leur propre entreprise ! Nous sommes persuadés que nous pouvons susciter des vocations », se félicite Bernard qui n’hésite pas non plus à s’impliquer pour la profession. Membre actif de la FFB5962, il y exerce divers mandats, notamment à la Chambre des Métiers. Legabat est aussi un partenaire majeur de l’équipe Habiter 2030 qui a remportée le Solar Decathlon 2019 avec sa maison positive (cf n°5297).

Parce qu’innover dans la construction, c’est aussi le dada des Legarand (voir encadré). Formation lean management, commandes sur smartphones et tablettes sur les chantiers s’immiscent petit à petit dans l’entreprise sous l’impulsion de Simon. En revanche, une chose ne changera sans doute pas. Le petit café que Bernard vient partager tous les matins dans l’entreprise, encore pour quelques années !

 

L’écoquartier des Lauriers, future vitrine de systèmes constructifs

Chez Legabat, on aime expérimenter. Après une opération-test de construction de trois maisons à Wasquehal pour former l’équipe à différents types de maçonnerie (monomur brique, pierre ponce), l’entreprise porte, depuis 2017, un projet d’aménagement inédit : l’écoquartier des Lauriers. Objectif : construire, dans une logique participative, sept îlots de maisonnées intergénérationnelles de 3 à 4 logements.

Celles-ci prendront place sur un terrain boisé de 950 m² jouxtant l’entreprise familiale. Au centre, pour créer du lien social entre locataires, une maison commune de 250 m² pourrait accueillir un repair café et une salle de réception. L’aménagement d’un jardin partagé, d’une serre climatique, des animaux en pâture et des ruches sont aussi prévus. Ce beau programme résulte de plusieurs réunions de concertation menées avec les habitants alentours. Il sera aussi l’occasion d’innover en matière de système constructif avec par exemple l’usage d’isolants en paille, de lin ou de la terre crue, d’avoir des habitations passives avec des panneaux photovoltaïques, des toitures végétalisées, …

Évidemment, ce futur chantier fera la part belle à l’apprentissage puisque les Compagnons du Devoir de Villeneuve d’Ascq sont associés. Le bailleur Notre Logis s’est également greffé à la réflexion tandis que la FFB5962 apportera son expertise sur une démarche BIM (Building Information modeling). Le permis de construire de ce chantier devrait être déposé au printemps prochain pour un démarrage des travaux espéré au 2ème semestre 2020. Un investissement qui s’établit à 4 millions d’euros.

 

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