Benoît Loison, Président de la FFB Nord-Pas-de-Calais

Sur le front, Benoît Loison, président de la FFB 5962, est en première ligne pour accompagner ses adhérents en pleine crise et reprise. Il en appelle au partage des surcoûts et au déconfinement des marchés pour éviter des victimes économiques et leurs conséquences sociales en fin d’année.

Comment se passe la reprise en région ?

Les chantiers ont repris, les gros oeuvre en premier car ce sont eux qui ont généralement la gestion des espaces communs qu’il a fallu notamment adapter à la distanciation sociale. Le second oeuvre commence à reprendre en évitant la co-activité, d’où la difficulté d’avoir une production à 100%. L’activité sera présente ces prochains mois. Mon inquiétude porte sur le dernier trimestre et le premier de l’année prochaine. On s’est tous concentrés, notamment la maîtrise d’oeuvre, à l’organisation de la reprise. Les nouveaux chantiers qui devaient démarrer ont donc du retard, y compris ceux en conception. On a pu maintenir les emplois grâce au chômage partiel mais il ne faudrait pas une chute brutale d’activité et donc une adaptation massive des outils de production… Ce serait socialement catastrophique, alors que les chantiers reprenaient et que nous avions formé.

D’autant plus que la reprise a un coût…

Oui, il y a cette problématique de la prise en charge du Covid-19. Adaptation, désinfection des bases vies, acquisition d’équipement, immobilisation et perte de productivité : cumulé cela représente entre 10 et 20% de surcoût selon les cas. Les deux derniers sont les plus mortels puisqu’on ne peut plus amortir les frais généraux. Comment absorber les surcoûts alors qu’une entreprise de bâtiment réalise en moyenne une marge inférieure à 2% ?

Comment se passe la répartition des surcoûts ?

C’est la grande difficulté. Autant les surcoûts sont admis lorsque l’on va chez le coiffeur, autant nous avons du mal à les faire valoir dans le bâtiment. Dans ce contexte, difficile de chiffrer les marchés. Il faut donc que les maîtres d‘ouvrage puissent dégager un budget particulier et que nous soyons pragmatiques et solidaires. Ce qui se négocie aujourd’hui au cas par cas. La FFB 5962 est en train d’élaborer des pactes à destination des grands donneurs d’ordre et des institutions pour établir un plan de relance, de confiance et de solidarité. Notre commission logement social 5962, présidée par Olivier Danna, a été la cheville ouvrière de la première charte française des bonnes pratiques pour la reprise des chantiers avec les bailleurs sociaux, signée sous l’égide de la FFB Hauts-de-France.

Quelles sont les conditions d’une bonne reprise ?

Il faut déjà purger ces questions de surcoûts. Et que les maîtres d’oeuvre et d’ouvrage, ne fassent pas de surprotection en voulant laver plus blanc que blanc. Il faut s’en tenir au guide de l’OPPBTP. Il reste encore des freins comme le transport, la chambre individuelle lors des grands déplacements… d’après le Président Loison.

Cela passera aussi par la réduction des délais de paiement…

Les trésoreries, nerfs de la guerre, souffrent. Il y a eu des ouvertures pour augmenter les avances des chantiers en cours. Oui, le Préfet et le Président de Région soutiennent la relance mais il faut que toute la troupe suive. Il nous faut une administration de guerre pour accélérer les paiements. Surtout, on ne doit pas tergiverser : il faut déconfiner les marchés ! Avec cette période instable électoralement, le pire serait que les collectivités ne soient pas au rendez-vous.

Comment la FFB5962 aide ses adhérents ?

Le 17 mars au soir, nous étions organisés pour la poursuite de l’activité. Nous avons été sursollicités pour accompagner la fermeture des chantiers, puis assez rapidement, pour accompagner la réouverture des entreprises. Comme il y avait un besoin pour l’acquisition de matériel de protection, on a très vite mis en place une centrale d’achat. Au total, nous avons fourni 1,2 million de masques chirurgicaux et 30 000 bidons de 200ml de gel hydroalcoolique, service qui va se poursuivre. Nous testons actuellement des masques en tissu lavable pour équiper les entreprises de bâtiment localement.

Nous relançons les “Casques bleus”, mis en place en 2008, pour accompagner avec discrétion et bienveillance les chefs d’entreprise qui rencontrent des difficultés économiques et/ou psychologiques. Un dispositif que la FFB souhaite déployer sur toute la France. Enfin, nous envisageons une campagne de communication pour favoriser une prise de conscience, instaurer la confiance et relancer les marchés, notamment des particuliers.

Propos recueillis par J.D.

En période de confinement, Benoît Loison évoquait la reprise des chantiers dans cet article.

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