Initié il y a 3 ans par la sous-préfecture de Valenciennes avec la FFB du Hainaut, le dispositif « entrepreneur citoyen » tient toutes ses promesses au lycée professionnel Mansart de Marly. Objectif : attirer les jeunes vers le BTP afin de lutter contre le décrochage scolaire.

Par Marie Boullenger

S i le territoire du Hainaut regorge d’entreprises du BTP, la plupart d’entre elles font face à un manque crucial de main-d’oeuvre. Afin de répondre à cette problématique, la sous-préfecture de Valenciennes a mis en place en 2017, un programme intitulé « Entrepreneur citoyen » en partenariat avec la FFB Hainaut qui compte 570 entreprises adhérentes. Celui-vise à remettre en selle les élèves qui pourraient décrocher pour cause de problèmes familiaux ou perte de motivation en leur ouvrant les portes du BTP, un secteur pas toujours attractif aux yeux des jeunes.

« Chaque élève est parrainé par un chef d’entreprise du BTP dont la mission est de le conseiller, l’accompagner dans son parcours et lui redonner confiance » explique Kathy Duvivier, proviseur.

En signant ce contrat d’apprentissage, je me croyais comme dans un rêve»,
Jérémy Lepage (18 ans), apprenti en plomberie pour l’entreprise France Gaz Dépannage à Bettencourt.

Près d’une vingtaine d’entreprises du BTP du Hainaut, principalement des PME, participent à ce dispositif qui s’adresse aux élèves en CAP ou en bac pro au lycée Mansart de Marly.

« L’oeil extérieur d’un chef d’entreprise peut donner un certain déclic aux jeunes. Le fait de se lever tous les matins, de travailler et d’atteindre des objectifs donne une certaine image de l’entreprise » note Leïla El Mouslim, marraine enseignante.

Au total, 32 jeunes ont déjà bénéficié de ce programme dont le bilan s’avère très positif. En effet, dès la première année, 70 % des élèves ont obtenu leurs diplômes. « Les 30% restants ont tout de même continué à venir en classe » note la proviseure.

« Tout le monde est gagnant »

Dans ce plan d’actions, le système de parrainage sous la tutelle d’un professeur a prouvé toute son efficacité. « Les parrains ne sont pas affectés directement aux jeunes. Nous leur laissons le choix en fonction du feeling avec le chef d’entreprise ». C’est le cas par exemple de Madison Deplette. Alors que l’élève avait abandonné l’école, la rencontre avec Marie San Martino, co-dirigeante de l’entreprise San Martino à Onnaing, a tout changé.

« Je n’allais plus à l’école mais j’ai réussi à me remettre dedans grâce à ce programme. Cela m’a beaucoup aidé, je suis partie en atelier, j’ai fait du mieux que je pouvais et j’ai retrouvé confiance en moi. J’ai conscience d’avoir de la chance de faire partie de ce dispositif » témoigne Madison. En première année de Bac Pro, la jeune fille a donc rejoint l’entreprise San Martino et s’est spécialisée dans l’aménagement, la finition du bâtiment et le revêtement. Un renfort supplémentaire pour l’entreprise spécialisée dans la construction et la rénovation de maisons, qui n’en demandait pas mieux.

Le décrochage scolaire, véritable fléau

J’ai retrouvé confiance en moi grâce à ce programme», Madison Deplette (18 ans), en formation d’aménagement et de finition du bâtiment pour l’entreprise San Martino à Onnaing.
Ce programme unique en région a été crée pour lutter contre le décrochage scolaire, un fléau à l’échelle régionale. « Dans les lycées professionnels des Hauts-de-France, on estime à 40 % les élèves décrocheurs. C’est un combat qu’il faut mener ensemble, seul on ne peut y arriver. C’est une belle réussite mais la route est encore longue » insiste Kathy Duvivier, proviseure du lycée Mansart de Marly.

Retour d’expérience

« C’est très compliqué aujourd’hui de recruter dans le secteur du BTP. Notre entreprise manquait de main d’œuvre et ce dispositif a permis de relancer complètement Madison. Tout le monde est gagnant » confie la co-dirigeante. Même son de cloche pour Jérémy Lepage. Régulièrement absent des salles de classe pour cause notamment de problèmes familiaux, le jeune apprenti allait perdre le fil de sa scolarité jusqu’à ce qu’une entreprise lui tende la main.

« Je cherchais un stage dans la plomberie, j’ai trouvé et cela m’a complètement reboosté. J’ai très rapidement fait mes preuves et j’ai décroché un contrat d’apprentissage en une semaine » raconte l’intéressé. Jérémy travaille au sein de l’entreprise France Gaz Dépannage à Bettencourt et compte bien y rester. « Ce contrat a changé ma vie. Au début, je me croyais comme dans un rêve ». Comme lui, de nombreux jeunes en décrochage scolaire ont repris goût à l’école grâce à ce programme qui pourrait, un jour, essaimer dans les Hauts-de-France.

Retrouvez tous les articles sur l’apprentissage dans notre onglet Campus

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