La FFB Nord-Pas-de-Calais, Maisons et Cités, Vilogia, Partenord, LMH et EGF-BTP HDF ont paraphé, à Marcq-en-Baroeul, un engagement commun. Pour, main dans la main, favoriser la relance économique de la filière Bâtiment.

« Ce moment est historique ». A plus d’un titre, Benoît Loison, président de la FFB Nord-Pas-de-Calais, a rappelé l’importance de la signature qui s’est déroulée ce jeudi 5 juin. C’est peu dire que la pandémie de coronavirus a plongé la chaîne du Bâtiment dans une crise inédite.

Si chantiers et entreprises n’ont pas échappé au confinement, en coulisses, les acteurs régionaux s’activaient déjà à organiser la reprise. Notamment au sein de la commission logement social de la FFB5962, présidée par Olivier Danna, où un dialogue noué de longue date a permis d’aboutir à ce premier Pacte de relance, de confiance et de solidarité.

Tous ne comptent plus les heures de visioconférences pour se mettre d’accord sur des ambitions pour favoriser la reprise du secteur. « Nous sommes tous là pour participer à l’acte de construire, nous en partageons les difficultés, témoigne Olivier Danna. Il ne manque d’ailleurs pas de souligner l’engagement et la volonté d’ »essayer de faire » ».

Retenue limitée et délais de paiement boosté

Les objectifs du pacte sont multiples. « Pour que cette crise brutale ne soit pas fatale, plusieurs points sont primordiaux pour relancer l’activité en préservant l’emploi local, tout en développant l’insertion durable tout en facilitant l’accès aux marchés publics à tous », explique Benoit Loison.

Dans le détail, on retiendra que les signataires s’engagent à limiter la retenue de garantie à 3% maximum, supprimer la retenue de bonne fin de travaux, assurer les délais de paiement à 30 jours ou encore assurer une avance de 5% sans contre garanties.

Sujets souvent abordés au sein de la commission logement social, il s’agira également de proposer un véritable parcours qualifiant tout en maintenant un taux d’insertion « raisonnable », dans la limite de 5%. Signée en 2016, la charte de lutte contre les offres anormalement basses est greffée au dit Pacte tandis que les participants s’engagent à ne pas réviser les prix négativement et à ne pas recourir à des sous-traitants de rang N+2 et plus.

Retrouvailles

La présence de chacun ce jeudi, marquait aussi des retrouvailles après de longues semaines éloignés. Même si tous ont observé le respect d’une distance d’un mètre, chacun a pu retrouver le plaisir d’échanger de vives voix en toute convivialité. Un instant fondateur et fédérateur. Car sans confiance ni solidarité, point de relance.

«Le secteur de la construction doit faire front commun » 

Pourquoi ce pacte est important ?

Ce pacte est essentiel et historique. Je rappelle qu’avant la crise sanitaire, le bâtiment subissait déjà : des difficultés de recrutement en forte augmentation, toutes tailles de structures et tous métiers confondus, conjuguées à une forte hausse des coûts des matériaux et à une faible progression des prix bâtiment ne permettant pas de compenser la progression plus rapide des coûts, donc des trésoreries et des marges qui peinent à se reconstituer. Les marges et trésorerie des entreprises continuaient à se fragiliser.

A l’arrivée de la crise sanitaire, l’activité s’est, de fait, violemment stoppée : les chantiers ont été arrêtés, les entreprises ont dû fermer, les équipes mises en activité partielle. Certes des mesures sont venues en appui du secteur: chômage partiel, fonds de solidarité, le Prêt Garanti par l’Etat et ordonnances d’Etat sur les pénalités de retards et les avances. Ceci est venu amortir, temporairement, l’arrêt de l’activité.

Mais la reprise nécessaire est lente, coûteuse et à risques tant les charges fixes, les surcoûts liés aux mesures sanitaires pèsent sur des trésoreries déjà en extrême tension et des marges faibles (de l’ordre de 2% en moyenne) sur 2019.

Ce pacte est donc essentiel : Insertion durable, retenue de garantie et de bonne fin de travaux, délais de paiement, pénalités de retard, avances, offres anormalement basses, révision des prix, sous-traitance…, autant d’engagements pour relancer l’activité régionale du bâtiment, préserver l’emploi local, développer l’insertion durable dans les métiers du bâtiment, renforcer l’attractivité de nos métiers et faciliter l’accès aux marchés publics pour tous, notamment pour les TPE/PME. C’est historique d’avoir engagé et concrétisé un dialogue constructif et concret avec les bailleurs sociaux. C’est historique de nouer un échange avec les facilitateurs: PLIE et missions locales pour favoriser l’insertion durable dans les métiers de la filière.

D’autres signataires vont-ils vous rejoindre ?

Nous le souhaitons et sommes confiants, plusieurs autres bailleurs nous ont déjà confirmés leur intérêt à signer, notamment Habitat Hauts de France le 25 septembre. A savoir que les quatre premiers signataires pèsent plus de 220 000 logements.

Y aura-t-il un bilan de ces actions ?

Bien sûr ! Ce pacte a vocation à perdurer. Pour démontrer son efficacité, il devra être régulièrement évalué.

Vous avez été l’artisan de ce pacte. Comment avez-vous procédé?

J’ai appliqué 3 règles : concertation, pédagogie et co-construction. C’est l’ADN de la commission logement social de la FFB 5962 : créer les conditions d’un dialogue franc, transparent et constructif entre les bailleurs sociaux et les entreprises. Le travail avait été entamé, il y a un an déjà. D’ailleurs les contributions de l’ensemble des métiers concernaient la grille d’insertion. Avec les facilitateurs, les échanges se poursuivent. Il faut maintenant que les entreprises se saisissent de ce pacte. Mais aussi, qu’ils l’appliquent dans leurs relations avec leurs clients, sous-traitants et donneurs d’ordres.

Comment avez-vous réussi à rassembler les signataires autour d’un texte commun ?

La crise sanitaire et les conséquences économiques à craindre ont fait prendre conscience aux membres de la Commission Logement Social de l’impérieuse nécessité de faire front ensemble pour une relance, en confiance et en solidarité. Le secteur de la construction dans son ensemble doit faire front commun.

Quels sujets ont été les plus discutés ?

C’est d’abord l’octroi d’une avance à la signature du marché. Il a été rappelé l’importance de l’avance afin de faciliter l’exécution des marchés. De fait, un consensus a été établi pour l’octroi d’une avance à 5% du montant de la commande. Sur demande des entreprises, il est possible d’atteindre une avance de 10% pour certains établissements publics et ce, sans contre-garantie.

Ensuite, un accord a été trouvé sur les pénalités de retard en cours d’exécution du marché. Cette retenue pénalise les entreprises et impacte leurs trésoreries. Alors même qu’elles n’ont pas dépassé le délai global d’exécution du marché. Il a donc été retenu la nécessité de favoriser le dialogue. Ce n’est qu’à défaut de solution concrète que l’entreprise pourra se voir appliquer des pénalités. Enfin, je me félicite que la grille d’insertion s’applique à tous les types de marché. C’est une vraie avancée en matière de lutte contre les offres anormalement basses.

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