On essaie de construire le bâtiment du futur, dans un bâtiment du passé avec les normes d’aujourd’hui », Laurent Courouble, porteur du projet Loco.

Soutenu d’un côté par un Etat visionnaire qui débourse un million d’euros pour aider une construction avant-gardiste, bloqué de l’autre par un Etat gendarme qui dégaine ses normes de sécurité, le projet de tiers-lieu en plein centre du quartier prend du retard.

 

Les premiers plans pour Fives Cail datent d’il y a trois ans. Une construction aux performances environnementales inégalées dans la région, prévue pour accueillir un café citoyen, un biocoop et un espace de co-working dédié à l’économie sociale et solidaire. Situé sous une halle de l’ancienne usine, le bâtiment de 2600 m2 de plancher, conforme au label E+C- (énergie positive, carbone négatif), affiche une empreinte carbone ultra-réduite du fait de sa structure en bois. Un démonstrateur idéal pour l’Etat qui via le Programme d’investissement d’avenir a versé en 2017 un million d’euros au projet Loco. On prévoit à l’époque des travaux pour 2018.

Loco, un beau projet mais des normes à respecter

C’était oublier les pompiers… qui tiquent sur ce « cube en bois » inflammable au milieu d’une structure métallique fragile alimenté par des panneaux photovoltaïques sous tension. Alertée, la Soreli, aménageur du site, commande alors une étude pour l’ensemble de ses halles. Elle durera deux ans (il n’existe que trois bureaux d’études spécialisés en France). Le verdict tombe en juin dernier. Et confirme le scepticisme des soldats du feu. La structure de l’usine est solidaire : si un poteau s’écroule, les autres suivent le mouvement. En cas de sinistre, les halles peuvent s’effondrer tel un château de carte en quinze minutes. Coup dur pour les concepteurs du Tiers-Lieu « La Loco ». A cheval sur leur volonté de construire en bois et moins riche que la Soreli pour ré-aménager le projet aux normes incendie. « On essaie de construire le bâtiment du futur, dans un bâtiment du passé avec les normes d’aujourd’hui » soupire Laurent Courouble.  Qui a fini par lâcher sur l’ossature bois, en raison des risques de couvaison du feu. Il retravaille actuellement ses plans avec le maître d’œuvre pour atteindre les mêmes performances environnementales (E3 C2) avec une structure béton. Combatif, ce militant environnemental espère un dépôt du permis de construire en janvier 2020 pour un début des travaux en juillet. Il n’en aura pas fini pour autant avec les négociations. Après les pompiers, la police lui a signifié qu’il faudrait coffrer les poteaux ajourés pour éviter que des gens ne grimpent dessus. Quant à l’AUC, l’urbaniste en chef du site, il recommande de peindre en gris le parement de bois pour coller à la vision global du projet Fives-Cail. Difficile de croire que du temps de sa splendeur, l’usine Fives Cail produisait des locos à la chaîne !

Maître d’ouvrage : ETIC Maître d’œuvre : Atelier 204 + HEYA Ingénierie
Coût : 5 millions d’euros (dont 3,6 pour la construction)

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