Fort chahutés ces derniers mois par des mesures contraignantes, les bailleurs de la région semblent avoir acquis une forme de résilience. Passées les premières heures de flottement en début de semaine à cause de l’épidémie de coronavirus, ils se sont réorganisés pour assurer leur service en temps de confinement.

Des difficultés, bien sûr, mais pas de panique. Les bailleurs de la région se sont mis « en ordre de crise » si l’on en croit notre tour d’horizon réalisé ce vendredi à la mi-journée. Première priorité déclarée partout : la santé des agents et des locataires face au coronavirus. Le télé-travail est généralisé sauf pour les « personnels de proximité », comme les appelle Lille-Métropole Habitat. Les gardiens qui habitent souvent au sein des résidences restent en poste : ils sortent et rentrent les conteneurs de déchets et nettoient autant que faire se peut les parties communes. « Il s’agit plutôt d’assurer l’hygiène que la propreté », convient Christophe Bécuwe, directeur de Partenord Habitat à Lille (52 000 logements).

Arnaud Delannay, DG de Notre Logis.
Arnaud Delannay, DG de Notre Logis.

Les employés d’immeubles effectuent aussi de petites interventions sur l’éclairage ou les portes d’entrée, « en décalant leurs horaires pour limiter les contacts », précise Arnaud Delannay, directeur de Notre Logis à Halluin (5 800 logements). « Nos salariés poursuivent leurs missions de surveillance et de bienveillance », résume Muriel Gabis, directrice de la communication de Pas-de-Calais Habitat à Arras (40 000 logements). Plusieurs bailleurs ont pris l’initiative d’appeler leurs locataires âgés pour s’enquérir de leurs besoins. Maisons et Cités et Partenord Habitat continuent de tenir leurs réunions d’attribution de logements, en mode virtuel ; mais les états de lieux ou signatures de bail sont évidemment supendus et les entrées dans de nouveaux logements sont rendues impossibles par l’indisponibilité des sociétés de déménagement. Seules les situations critiques (familles sans domicile, victimes de violences conjugales) seront prises en compte.

Soutien aux prestataires

S’agissant des grosses réparations sur les chauffages et les ascenseurs, déléguées à des entreprises extérieures, la situation se tend un peu. « Pas de défaillance » parmi les prestataires de Maisons et Cités à Douai (64 000 logements). Mais « quelques soucis pour la maintenance des chaudières » chez Notre Logis, du fait d’absence de personnels dans les sociétés concernées. « Nous aidons nos prestataires à garder la tête hors de l’eau, indique le directeur de l’organisme halluinois. Nous les avons incités à nous envoyer rapidement leurs factures et nous leur garantissons un paiement à dix jours ». Les délais de réponse aux appels d’offre lancés avant l’épidémie seront prolongés, poursuit Arnaud Delannay. « Mais nous pouvons analyser des offres avec nos moyens numériques et pourquoi pas, délivrer des ordres de service. Nous vérifierons si les offres restent valables quand nous sortirons de crise ». Même attitude volontaire à Partenord : « Ce matin même, nous avons attribué le marché du mobilier de notre futur siège lillois, rapporte Christophe Bécuwe. Une bonne nouvelle pour l’entreprise désignée ».

Cascade de retards en vue

Dominique Soyer, DG de Maisons et Cités
Dominique Soyer, DG de Maisons et Cités

En revanche, partout, les programmes de construction neuve et de réhabilitation sont à l’arrêt. « Les entreprises de BTP cessent leur activité du fait d’un début de pénurie de matériaux ou de l’impossibilité de protéger leurs compagnons », explique Dominique Soyer, directeur de Maisons et Cités. Chez Partenord, on voit aussi des chantiers interrompus parce que les maîtres d’oeuvre optent pour le confinement. Partenord avait programmé 800 logements neufs pour cette année et Notre logis plus de 500 : des objectifs qui devront être « étalés dans le temps », pressentent leurs dirigeants. Il est un peu tôt pour évaluer l’impact financier de la crise sur les organismes HLM. Mais des pertes de recettes s’annoncent d’ores et déjà. Notre Logis a suspendu le loyer de la dizaine de commerçants qui occupent ses rez-de-chaussée. Partenord, pour sa part, est propriétaire d’un millier de cellules et établit un distinguo entre les commerces contraints à l’inactivité et les magasins alimentaires restés ouverts…

Il y a aussi ces rumeurs qui ont pu laisser croire à des locataires qu’ils seraient dispensés de loyer. Muriel Gabis, à Pas-de-Calais Habitat, a déjà noté « une légère augmentation des impayés ». Une tendance qui tient peut-être aussi à des difficultés pécuniaires réelles des habitants, qui seront examinées avec toute l’attention voulue, promettent les bailleurs. « Dès maintenant, nous travaillons sur des scénarios de redémarrage et de rattrapage des retards que nous aurons accumulés », expose le directeur de Maisons et Cités. « Nous sommes d’abord soucieux des hommes et des femmes que nous logeons, conclut Didier Manier, président de Lille-Métropole Habitat. Nous pensons à eux, qui vivent le confinement dans des conditions parfois difficiles. Nous voulons maintenir sur la durée le service que nous leur rendons ».

Par Bertrand Verfaillie

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