Alors que les chefs d’entreprise du BTP ont décidé, bon gré mal gré, d’arrêter les chantiers, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a ce matin déploré leur manque de civisme en les appelant à poursuivre le travail. Des propos “scandaleux” pour Jacques Chanut, président de la Fédération Française du Bâtiment.

 

C’est la crise dans la crise. Voilà plus de deux jours que les chefs d’entreprise du Bâtiment et des Travaux publics ne savent plus quoi faire. Si le Président de la République annonce une situation de guerre d’un côté, le ministère du travail enjoint de l’autre de poursuivre les chantiers. Mais alors que la population est sommée de rester de chez elle pour éviter la propagation du coronavirus, la continuité des chantiers est réclamée, tout en sécurité évidemment. Hélas, impossible de se tenir à distance des compagnons sur une nacelle. Il est également compliqué d’éviter le co-voiturage pour se rendre sur les chantiers et ne parlons pas de la pénurie de masques et gel hydroalcoolique. Dès lors, comment maintenir l’activité ? L’ensemble des organisations professionnelles plaide depuis le début de la semaine pour l’arrêt temporaire des chantiers. 

“Aucune de nos entreprises, aucun de nos artisans, ne se sont mis dans une position de tire-au-flanc face à la situation actuelle ! C’est la mort dans l’âme que nombre d’entre eux ont dû cesser leur activité et mettre leurs salariés à l’arrêt : ils n’ignorent pas les conséquences désastreuses de cette décision pour leur structure mais ils font ce sacrifice en conscience et responsabilité. Envisager que certains d’entre eux aient pu le faire pour profiter des éventuelles largesses de l’Etat en matière de chômage partiel est insultant. (…) Nous n’avons pas de leçon à recevoir : nous mesurons parfaitement le sens de l’épreuve. Le mépris affiché à notre égard depuis hier par les pouvoirs publics, dans le contexte que nous traversons, est d’une déloyauté sans nom. Il est aussi sans précédent.”, tacle Jacques Chanut dans une lettre adressée ce 19 mars à Muriel Penicaud. 

 

Stop au “chantage”

Le représentant national ne manque pas non plus de rappeler que l’ensemble de la machine est grippée : “Aujourd’hui : la fourniture de matériaux s’interrompt dans de nombreux endroits, les forces de l’ordre enjoignent à nos salariés de quitter les lieux, les clients refusent l’accès aux chantiers et – c’est le plus important au final – nos salariés sont légitimement inquiets pour leur santé. Impossible dans cette situation d’assurer un fonctionnement normal de nos activités. Nombre de nos entreprises ont d’ailleurs été réquisitionnées pour fournir leurs éléments de protection (masques et lunettes) aux hôpitaux de la région et elles l’ont fait avec évidence.” 

Enfin, il monte au créneau pour dénoncer le “chantage” au chômage partiel : “ Les entreprises de Bâtiment ne désertent pas le front : elles n’ont pas d’autres choix que de fermer ! Personne ne pourrait comprendre que les milliers de salariés de Bâtiment n’aient pas le droit au chômage partiel par principe. Le chantage exercé par les DIRRECTE auprès de nos fédérations locales depuis plusieurs jours est inqualifiable. De qui se moque-t-on ?! “

Constructif, le Président de la FFB tend toutefois la main au Gouvernement : “Efforçons-nous de trouver ensemble une ligne claire et cohérente. Et vite”. 

 

En région, “au front, mobilisés, sans armes”

“L’employeur est jugé responsable de la santé de ses collaborateurs mais sans moyens, sans armes tels que les masques, le gel hydroalcoolique, et même souvent sans sanitaires puisque certaines bases vies sont fermées et que nous n’avons pas les moyens sanitaires de les rouvrir : quels moyens pour leurs désinfections par exemple ?”, déplore Benoît Loison, président de la FFB 59/62. Surtout, comme l’ensemble des chefs d’entreprise, il souhaite une réponse claire à ces deux questions : 

“Les chantiers du bâtiment doivent-il, peuvent-ils se poursuivre ? Les entreprises de bâtiment sont-elles éligibles à l’activité partielle, au chômage partiel ?” A terme, il craint surtout de devoir faire face à “une catastrophe économique et une hécatombe sociale dans le bâtiment qui s’ajouteront à la crise sanitaire”.

 

LA FFB 5962 sur le front, aux côtés des artisans et entrepreneurs

La FFB 5962 est entièrement mobilisée pour défendre, accompagner, soutenir ses artisans et entrepreneurs du bâtiment via une hotline juridique et différents flash info. Les questions principales concernent le chômage partiel, les arrêts de chantier, la poursuite d’activité avec toutes les questions juridiques qui en découlent : transfert de responsabilité, de gardiennage du chantier, de pénalités et sociales qui se posent.

 

 

             

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