Que cela soit pour des ouvrages d’art ou encore des charpentes métalliques, BC Métal Nord relève à chaque projet le défi de créer des formes des plus complexes.

Par Mathilde Colin

 

 Nous ne sommes pas des charpentiers classiques 

 

C’est ainsi que Pascal Deweerdt, dirigeant de BC Métal Nord à Téteghem près de Dunkerque, qualifie son entreprise. Filiale du groupe Baudin Chateauneuf depuis 2002, elle est spécialisée dans la construction métallique et plus précisément pour la charpente, l’ouvrage d’art et l’équipement portuaire et fluvial (EPF).

Mais ce sont plus particulièrement les ouvrages architecturaux les plus complexes qu’elle affectionne. « Nous aimons travailler le métal en lui offrant une forme et un volume atypiques ce qui nous demande une technicité particulière », ajoute le dirigeant de 45 ans.

 

DE LA PASSERELLE À LA SALLE DE SPORTS

Côté ouvrage d’art, BC Métal Nord a su asseoir sa notoriété régionale en répondant à des marchés complexes. Après la rénovation du tablier métallique de la passerelle Napoléon à Lille en 2014, elle a produit dernièrement des éléments pour la nouvelle passerelle qui enjambe le canal de la Deûle à Auby. Avec ses quatre mètres de large, elle se compose d’une structure en acier laqué blanc et d’un garde-corps en inox.

De son atelier de chaudronnerie couvert de 2 000 m², elle a livré quatre tronçons d’une longueur totale de 75 m et 135 tonnes posés sur câbles suspendus par un pylône de 35 m.

Cet ouvrage sera définitivement posé en mars prochain. 

 

PRÉASSEMBLAGE À BLANC

Cet automne, BC Métal Nord s’est attaquée à un autre chantier complexe qui vient d’être livré à Marcq-en-Baroeul. La ville voulait transformer un bâtiment en un lieu culturel : le carré Saint-Joseph où une grande verrière en forme de pyramide couvre un jardin central.

Pour ce projet imaginé par les architectes lillois du Bureau FaceB, le maître d’ouvrage avait une exigence : aucunes fixations ne devaient être apparentes. BC Métal Nord a alors réalisé des poteaux en profils reconstitués soudés (PRS) portant une à une les diagonales de la verrière. Leur hauteur s’affine en fonction de leur portée. Elles sont alors suspendues par une poutre périphérique qui fait aussi office de chéneau. Depuis l’intérieur, le visiteur a l’impression que les poteaux sont en lévitation. « Sur ce chantier, nous avons eu le souci du détail au millimètre près, confie Pascal Deweerdt. Au préalable, l’équipe a dû pré assembler à blanc les éléments en atelier, seul moyen de se conforter à l’exigence architecturale ».

D’autres réalisations composent évidemment sa liste de références. A Calais, il a fallu créer une charpente complexe en suspension pour la nouvelle salle de sport de 3 942 m² Shon. Là encore, un défi de taille se présentait aux soudeurs. La forme de la charpente incurvée vers l’intérieur de la salle sur 64 mètres de portée est formée par une «résille en catènes de grande portée reliées par des croix de contreventement». Particularité, ce ne sont pas des poteaux périphériques mais bien les gradins en béton qui font office de supports à la charpente métallique. 

 

UN SAVOIR FAIRE EN PERTE DE VITESSE

Médiathèque à Courcelles-les-Lens, parking en construction métallique à Don, habillage de la patinoire de Dunkerque en alu thermolaquée ou encore extension de l’usine de Renault Douai, ces projets d’envergure ont fait gonfler le chiffre d’affaires de BC Métal Nord cette année. Elle réalise pour le mois de septembre 2019, 16 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et lorsqu’il s’agit de répondre à des marchés encore plus important, elle fait appel au siège de Baudin Chateauneuf.

Mais Pascal Deweerdt, ancien conducteur de travaux pour BC Nord, doit faire face à une triste réalité : le savoir faire des métiers de charpentier métallique et de chaudronnier est en perte de vitesse. « Notre métier attire moins les jeunes. C’est vrai qu’au premier abord notre univers semble appartenir à l’ancien monde. Cela peut être un frein au recrutement. Mais en regardant plus loin, le métal, notre matière première, apporte grâce aux nouvelles technologies, moult possibilités de portée de forme et d’architecture. Nous aimons surtout préciser que nous ne sommes pas qu’un prix au kilo, derrière tout cela, il y a de véritables artisans ».

Tout en gardant une taille humaine, BC Métal Nord continue son développement et souhaite étendre son pôle maintenance avec de la petite métallerie. Et surtout garder cet esprit de proximité avec les clients. Pour répondre au mieux à sa clientèle Nordiste, elle s’est agrandie de 300 m² de bureaux supplémentaires et réalise des travaux d’importance sur son site pour redorer l’image et la fonctionnalité de son atelier.

Fin des travaux prévus en mars 2020.

 

 

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