Dans la cité de Gayant, l’école d’ingénieurs s’est lancée dans une vaste réhabilitation. Objectifs ? Une décarbonation des consommations et une plus grande attractivité.

Rejoindre un standing international, être plus attractif et moderne pour les étudiants, verdir les espaces, décarboner les consommations, les enjeux sont nombreux et importants pour le campus de l’Institut Mines Télécom Lille Douai. Depuis près de deux ans, la direction menée par Alain Schmitt, dessine un ambitieux projet pour faire passer ses différents sites à l’ère du 21ème siècle. Le centre de recherche implanté boulevard Lahure et les bâtiments d’enseignement et d’administration aux célèbres noms de scientifiques : Gay-Lussac, Newton, Laplace, situés rue Charles-Bourseul, amorcent leur transformation.

Et les ambitions sont d’autant plus importantes qu’« on part de loin », annonce Grégory Brassart récemment nommé secrétaire général de l’école. Depuis plusieurs mois, cet ingénieur diplômé de l’établissement douaisien embarque ces sites vieillissants dans un voyage moderne. A commencer par l’aménagement des espaces intérieurs. Exit les amphithéâtres immenses, les salles figées… Bonjour les espaces connectés et modulables, cassant les barrières entre les différents utilisateurs des bâtiments : étudiants, enseignants, administratifs, publics extérieurs. Bientôt, même la cafétaria pourra aussi accueillir des séminaires d’entreprises, etc. L’accès aux personnes à mobilité réduite a, lui aussi, été repensé avec une passerelle aérienne intégrée entre les bâtiments, plus moderne et surtout plus inclusive.

LE PLAN DE RELANCE COMME CATALYSEUR

Sur le plan énergétique, c’est sans nul doute l’expédition la plus importante qui se prépare. «On va passer d’une consommation de 100 000 litres par an de fioul à de la géothermie sur le site Bourseul», se ravit Grégory Brassart (Lire encadré ci-après). Et sur le site Lahure, les 2 000 m2 de surface plancher seront alimentés par une chaudière biomasse.

Pour accompagner cette transformation, les bâtiments, atteignant plus d’un demi-siècle, changeront de look en même temps que la réhabilitation thermique. « Nous avions déjà commencé des travaux d’aménagement et d’isolation par l’intérieur. Nous les compléterons par de l’isolation thermique extérieure, en privilégiant les matériaux biosourcés », poursuit-il.

Résultats visés ? Des consommations annuelles énergétiques divisées par trois pour le premier site et 2,5 pour le deuxième, et pour l’ensemble du campus, des émissions de gaz à effet de serre divisées par 5. Côté enseignement, ce seront autant de projets à ciel ouvert pour les futurs ingénieurs spécialisés sur les thématiques énergie qui, au grès des étapes d’avancement, travailleront sur des cas d’école.

UN CAMPUS ZÉRO CARBONE

Pour réaliser ces travaux de grandes ampleurs, «le plan de Relance de l’Etat a été un véritable catalyseur de notre projet», décrit Grégory Brassart. Une enveloppe de 7 108 k€ a été récemment accordée à l’IMT Lille Douai (4 945 k€ pour le site de Bourseul et 2 163 k€ pour celui de Lahure).

Les objectifs énergétiques fixés pour le campus ont largement penché dans la balance. Avec un hic : l’ensemble des travaux doit être démarré en 2021 et livré fin 2022. Un timing, lui aussi, ambitieux au regard de la crise sanitaire actuelle qui donne des sueurs froides aux acteurs des chantiers du BTP. L’équipe de direction reste tout de même confiante sur le calendrier du projet bien lancé.

Les appels d’offres travaux devraient être publiés avant l’été. Dernière brique à l’édifice du projet vert de l’école ? Le verdissement du site pour tendre véritablement vers le « campus zéro carbone ». Un projet éco-campus estimé à hauteur de 3,6 M€ supplémentaires. Pour Grégory Brassart, cela commence, sur le site d’enseignement. Quatre forages ont été réalisés sur le site de Bourseul à Douai, rue Bourseul, par : « La désimperméabilisation des sols, l’infiltration à la parcelle ou encore la réalisation d’une connexion avec la Scarpe à proximité.

L’objectif est d’enlever le bitume et de créer un véritable poumon vert qui permettrait d’harmoniser le site ». Les voitures ne seront pour autant pas bannies. « Les zones de parking subsisteront, en contrebas du site », poursuit le secrétaire général qui envisage par la suite une connexion à mobilité douce entre les deux sites. Arrivée dans l’ère moderne estimée en 2023 !

La maîtrise d’oeuvre

Conception et suivi géothermie : EGEE Développement / Audit énergétique – suivi géothermie et ventilation: CDC Ingénierie & Conseil /Transformation et isolation du bâtiment Laplace: Cabinet Bérim, du bâtiment Newton: Architectoni et du centre de recherche : ATW

En chiffres

  • 2,4M€ le budget injecté dans les travaux d’infrastructures et d’équipements
  • 4 945 k€ le budget de rénovation énergétique du site Bourseul, soutenu par le Plan de Relance
  • 2 163 k€ le budget de rénovation énergétique du site Lahure, soutenu par le Plan de Relance
  • 3,6M€ pour le projet «Eco-campus nature en ville» dans la stratégie campus zéro carbone
  • Plus de 2000 étudiants sur les sites de l’IMT Lille Douai
  • Entre 1950 et 1970 les dates de construction des bâtiments

De l’âge du fioul à celui de la géothermie

Le site de L’IMT Lille Douai implanté rue Charles-Bourseul se prépare à un grand saut écologique : passer de la chaudière fioul à l’utilisation de la géothermie. Soutenue par le Scot Douaisis, l’Ademe et la région Hauts-de-France, une étude sur le potentiel géothermie a été lancée en janvier 2020. Et les essais ont été concluants ! « Dès le premier forage de pompage des nappes souterraines à 71 m de profondeur par notre maître d’œuvre Egée Développement, le débit était de 130 m3/h ! », s’étonne encore Grégory Brassart, secrétaire général de l’école d’ingénieurs.

Le projet conforté, un autre forage de pompage et deux forages de réinjection ont été réalisés à 50 m de profondeur dans un deuxième temps. Le dimensionnement de l’installation a été réalisé pour, une fois la réhabilitation thermique du site achevée, couvrir à hauteur de 94 % les consommations énergétiques (chauffage et eau chaude sanitaire) des trois bâtiments qui composent le site. Au total, près de 11 000 m2 de surface plancher seront alimentés au moyen de pompes à chaleur. Une simple chaudière basse consommation d’appoint complètera l’ensemble pour sécuriser le système chauffage du campus.

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