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Paroles de mandataire FFB : Lina Durlin, mandataire aux Prud’hommes

A 47 ans, Lina Durlin dirige avec son mari Christophe l’entreprise Durlin Couverture à Marly. Mandataire prud’hommes pour les collèges employeurs au sein du Conseil des Prud’hommes de Valenciennes, elle participe du groupe des Femmes dirigeantes et est membre du conseil d’administration de la FFB Hainaut.

Comment vous êtes vous engagée en tant que mandataire aux prud’hommes?
Je fais partie du groupe des femmes de la FFB depuis plusieurs années déjà et j’avais entendu parler de la demande du MEDEF concernant leur besoin de conseillers prud’hommaux pour la branche bâtiment. Je n’avais pas en détail connaissance de ce rôle ni même du nombre d’heures à y consacrer mais j’ai toujours aimé le droit. A l’époque, j’avais même démarré une licence en droit du travail. En début d’année, j’ai donc décidé de m’engager pour 4 ans dans cette fonction importante en plus de mon travail dans l’entreprise familiale.

En quoi consiste cette mission et quels sont les problèmes relevés?
Je défends l’intérêt des entreprises dans la section industrie et BTP. Le monde du travail est très complexe et en perpétuel mouvement. Aujourd’hui, quelque soit la taille de l’entreprise, on doit s’informer sur la fiscalité, le social, le juridique ou la technique. Lors d’audiences, tous les deux mois, je suis amenée à trancher un litige entre un employeur et un salarié, en fonction du droit du travail applicable. Et non en fonction de sa propre conviction dont il faut se détacher.

Qu’est ce que cela vous apporte?
J’ai pu développer des compétences dans le domaine juridique et en droit du travail. J’ai également acquis une certaine aptitude à débattre face à des personnes aux opinions différentes sur le monde du travail.

Quelles qualités doit avoir un mandataire ?
Il faut savoir écouter les gens et surtout avoir une bonne culture de l’entreprise. Le fait d’être entrepreneur peut avoir un double sens. On connait la culture de l’entreprise car on est dedans quotidiennement. En revanche, il faut aussi savoir rester détachée, ne surtout pas tomber dans l’affect. Enfin, tous les dossiers sont différents ce qui est très instructif.

Est-ce une fonction prenante?
Cela me prend 2 à 3 jours par mois. Il faut se rendre disponible car on peut être amenée à remplacer un autre conseiller de temps à autre. On peut y dépenser beaucoup d’énergie surtout au début. A cela s’ajoutent régulièrement des formations obligatoires organisées par le Medef ou par l’École nationale de la magistrature.

Un conseil pour les futurs conseillers?
Justement il nous en manque!
Accepter un mandat aux prudhommes c’est accepter d’être au coeur de l’action pour défendre les intérêts majeurs de l’entreprise. C’est aussi parfaire des connaissances dans le domaine juridique ce qui peut être bénéfique quand on dirige une entreprise.

Vous êtes également membre du groupe des femmes dirigeantes de la FFB. Qu’est-ce que cela vous apporte?
Nous organisons des réunions de travail avec des femmes du secteur du Bâtiment : cheffes d’entreprises, cogérantes, responsables administratives et financières, RH ou tout simplement assistantes. Nous nous retrouvons une fois par mois pour déjeuner et nous organisons des réunions sur les thèmes d’actualité, les dernières décisions d’Emmanuel Macron, les contrats de travail…Nous partageons nos expériences et cela est devenu un vrai moment d’enrichissement personnel.