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Gravelines : Décennale hors norme

Le quatrième réacteur de la plus grande centrale nucléaire française connait sa troisième visite décennale. Une opération majeure de 125 millions d’euros qui mobilise 4000 personnes pendant 100 jours.

La visite décennale entamée le 15 février au CPNE (centrale de production nucléaire d’électricité) de Gravelines mobilise des moyens hors norme. Au total, la maîtrise d’ouvrage (EDF), compte pas moins de 60 entreprises sous-traitantes intervenant sur ce chantier de vérification des installations. L’objectif est simple : pousser encore la production d’électricité et justifier une augmentation de la durée de vie de la centrale en toute sécurité.
Lors du couplage avec le réseau, la centrale devrait produire 930 MW, contre 900 actuellement. Réalisé sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire, ce bilan de santé doit accorder au site une autorisation d’exploitation pour dix années supplémentaires. « Un résultat en termes de sûreté ou de production n’est jamais acquis, nous travaillons en permanence à l’amélioration de nos performances », explique Antoine Assice, directeur du CPNE.
Ce troisième « check up » du réacteur n°4 (sur les six que compte la centrale) inclut des vérifications habituelles, comme le contrôle de la cuve et l’épreuve hydraulique, terme technique pour la vérification de l’étanchéité des générateurs de vapeur. Et des opérations exceptionnelles, incluant le remplacement de rotor, ce composant de la turbine qui, mis en mouvement, entraîne l’alternateur.
Les travaux mobilisent 2000 intervenants extérieurs, à 80% locaux, venant en renfort des 1900 salariés du CPNE. Le budget s’élève à 125 millions d’euros (contre 40 millions en moyenne pour une décennale classique). 30 millions en maintenance préventive et 95 millions en investissement matériel. 50 millions vont au remplacement des rotors. Ces « dynamos » n’avaient encore jamais été changées. Leur taille impressionne ! 160 tonnes et 10 mètres de long.
Une centaine de personnes, essentiellement des salariés d’Alstom, le constructeur, ont œuvré en trois huit pour démonter et remonter l’équipement. Autre chantier important, celui du remplacement des trois pôles du transformateur principal, pour 10 millions d’euros. En parallèle, des équipes mixes EDF Areva procèdent à l’inspection minutieuse de la cuve du réacteur. Et ce grâce à la MIS, machine d’inspection en service. Comme un robot de piscine, cet équipement d’Areva, unique en France, observe la surface de la cuve et vérifie des milliers de soudures. Fin des opérations prévues le 15 juin. En 2016, viendra le tour du réacteur n°5 et l’année suivante, celui du n°6.

Le rotor  de 160 tonnes  et 10 mètres de long installé par Alstom
Le rotor de 160 tonnes
et 10 mètres de long installé par Alstom

 

La cuve du réacteur avec la MIS, machine  d’inspection de service d’Areva, unique en France
La cuve du réacteur avec la MIS, machine
d’inspection de service d’Areva, unique en France