Christophe Marquis, délégué à la relation clients de la FFB

Christophe Marquis, délégué à la relation clients de la FFB

Le dispositif « Casques bleus » de la FFB brise la solitude de l’entrepreneur

C’était le profil idéal pour courrir rapidement aux chevets des entrepreneurs en détresse. Le motard Christophe Marquis peut arriver vite et son portable peut sonner à tout moment du jour et la nuit. « Pour être honnête, précise-t-il, personne ne m’a appelé à 4h du matin ». Mais le message est passé. On ne le dérange jamais et il se rend disponible dès qu’il le peut.
C’est début 2013 que ce dispositif arrive sur la table des élus régionaux de la fédération française du bâtiment (FFB) qui en avaient exprimé le besoin. Une réunion de conjoncture, quelques semaines plut tôt, avait tourné en groupe de soutien à trois entrepreneurs en difficulté.

163 dossiers

Sur plus de 2000 adhérents, il a ouvert 163 dossiers à ce jour, montrant le succès du dispositif. Pourtant, il n’apporte pas de cash ou de chantiers. «On propose un ensemble de solutions simples,mais efficaces, qui permettent de sortir du cercle vicieux», explique-t-il.
Car c’est d’abord l’isolement de l’entrepreneur qu’il faut casser. «C’est l’élément clé. Dès qu’il décroche son téléphone pour raconter ses problèmes, le dirigeant a fait une grande partie du chemin». Son téléphone portable est public, on peut l’appeler à tout moment. « D’abord pour les dirigeants en détresse, explique-t-il. C’est important de savoir qu’il ne sont pas seuls ». Quelques situations auraient pu tourner au drame personnel.
« C’est vrai, certain sont tellement submergés par l’angoisse et la responsabilité qu’il pensent au pire ».

« Le téléphone ne sonne plus ! »

Mais sa plus grande fierté c’est de ne compter que 25 liquidations d’entreprises parmi les 160 dossiers ouverts. Quelles sont les situations typiques ? « Des entreprises dirigées par la deuxième génération, des belles structures avec des réserves… où le téléphone ne sonne plus ! ». Le conseil est alors de dimension commercial. « Faut bouger, aller chercher le client, changer son modèle… je mets l’entreprise en relation avec des experts dans le domaine, cela peut les stimuler ».
Il n’est pas là pour changer le marché. « Je mets rapidement de côté les sujets classiques de la concurrence des autoentrepreneurs, du travail illégal ou low cost… Je ne suis pas là pour refaire le marché, mais bien faire en sorte que le dirigeant s’en sorte dans ce contexte ».
Si l’entreprise doit négocier avec ses créanciers, il a bien sûr un accueil privilégié auprès de Pro BTP, l’Urssaf, la Caisse des congés ou le RSI… Bien utile pour gagner un peu de temps.

Conseil de gestion et psychologue

« Mais nous donnons aussi beaucoup de conseil de gestion. Comment obtenir le CICE, chercher une créance… on passe alors de la détresse à l’audit ». Il lui arrive parfois, à contrecœur, de dire à un entrepreneur d’arrêter les frais, au risque de tout perdre. Entouré de professionnels, il peut répondre à de nombreuses problématiques : «Nous avons à nos cotés un psychologue, souvent pour remettre les choses à leur juste place, un spécialiste du développement commercial pour ajuster son offre au marché, mais aussi de nombreux contacts chez les experts comptables, les avocats…». Alors s’il faut ajouter un numéro à son carnet d’adresse, n’hésitez pas !